Mouvement de terrain - DDRM de l'Hérault (34)
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LES RISQUES LITTORAUX GÉNÉRALITÉS Que sont les risques majeurs littoraux ?....................................................p.93 Comment se manifestent-ils ?....................................................................p.93 Les conséquences sur les personnes et les biens.....................................p.95 Le contexte en Occitanie..............................................................................p.97 LES RISQUES LITTORAUX DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT L’historique des principales tempêtes et des enjeux exposés...................p.99 Les actions préventives................................................................................p.101 Les consignes individuelles de sécurité......................................................p.106 Pour en savoir plus............................................................................... p.108 Annexe cartographique des communes à risque.................................. p.109 La France métropolitaine connaît réguliè-rement des phénomènes météorologiques extrêmes à l’origine de nombreuses inondations ou submersions marines. En février 2010 les départements de Vendée et de Charente-Maritime, sur le littoral atlantique, ont été particulièrement touchés lors du passage de la tempête Xynthia, suivie deux mois plus tard, par de très fortes inondations dans le dépar-tement du Var. Ces événements ont créé une prise de conscience de la dangerosité des submersions rapides et entraîné un renforcement de la politique gouverne-mentale en la matière. Ainsi, l’État et les collectivités locales se sont fortement mobilisés pour réduire le risque de submersion marine. LA FRANCE MÉTROPOLITAINE CONNAÎT RÉGULIÈREMENT DES PHÉNOMÈNES MÉTÉOROLOGIQUES EXTRÊMES À L’ORIGINE DE NOMBREUSES INONDATIONS OU SUBMERSIONS MARINES GÉNÉRALITÉS Sens de déplacement du front Air froid Nimbostratus Altostratus Cirrostratus Cirrus Stratocumulus Air chaud Sens de déplacement du front Air froid Air chaud Cumulus Cumulonimbus Altocumulus Sens de déplacement du front Air froid Nimbostratus Altostratus Cirrostratus Cirrus Stratocumulus Air chaud Sens de déplacement du front Air froid Air chaud Cumulus Cumulonimbus Altocumulus Comment se manifestent-ils ? Que sont les risques majeurs littoraux ? Le littoral, interface entre terre, mer et air, est une zone très mobile et évolutive directement soumise aux phénomènes marins, et donc particulièrement sensible aux risques majeurs littoraux que sont la submersion marine et l’érosion. Ces risques sont étroitement liés. Lors des tempêtes marines, la surélévation du plan d’eau et l’énergie plus grande des houles accélèrent l’érosion. D’autre part, le recul du littoral et la disparition des cordons dunaires rendent les enjeux (humains, économiques et environnementaux) plus vulnérables face à la submersion marine. • La submersion marine est une inondation temporaire de la zone côtière par la mer, lors de conditions météorologiques extrêmes pouvant cumuler dépression atmosphérique, longue et forte houle et vents violents de secteur sud-est, associées à des phénomènes marégraphiques sévères provoquant une surélévation du niveau marin. Cette situation peut être aggravée lorsque ces événements se conjuguent à l’occasion d’une tempête. • L’érosion du littoral : Le long du littoral, le sable se déplace sous l’action du courant des vagues et des vents, c’est ce qui est appelé la dérive littorale. Un secteur est en érosion lorsqu’il perd plus de sable qu’il n’en reçoit. Le déplacement de sable est permanent mais lors des tempêtes marines, il peut prendre des proportions très importantes et entraîner des érosions irréversibles. • Le phénomène de tempête marine : Une tempête marine correspond à l’évolu-tion d’une perturbation atmosphérique et de la dépression associée, issue de la confrontation de deux masses d’air aux caractéristiques bien distinctes (température, humidité…). Cette confrontation engendre un gradient de pression très élevé, à l’origine de vents violents et le plus souvent de précipitations intenses. Le littoral est également soumis au risque de tsunami. Ce risque est traité dans le feuillet risque sismique du présent document. Un front chaud sépare une masse d’air chaud poussant une masse d’air froid. Un front froid sépare une masse d’air froid poussant une masse d’air chaud. LA TEMPÊTE MARINE Elle se manifeste par : • Les vents : conséquences directes des écarts de pression, ils sont d’autant plus violents que la différence de pression entre l’anticyclone et la dépression est importante et rapide. On parle de tempête pour des vents moyens supérieurs à 89 km/h (force 10 sur l’échelle de Beaufort qui en comporte 12). L’énergie d’un vent est proportionnelle au carré de sa vitesse. • Les pluies : les pluies accompagnant les perturbations peuvent provoquer des dégâts importants (inondations, glisse-ments de terrain, coulées de boue...) amplifiant ceux causés par le vent. • Les vagues : la hauteur des vagues dépend du fetch et de la vitesse du vent. Le fetch est la distance parcourue par le souffle du vent, en mer ou sur un plan d’eau, sans rencontrer d’obstacle depuis l’endroit où il est créé (plus le fetch est important, plus la hauteur des vagues sera grande). Un vent soufflant fort et les remontées de fond à 130 km/h peuvent engendrer des vagues déferlantes. • Une élévation du niveau marin due à une dépression : une baisse de pression de 10 hPa engendre une surélévation du niveau marin de 10 cm. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 93 LA SUBMERSION MARINE • La submersion liée à l’altimétrie du terrain : les terrains de front de mer qui présentent une altimétrie trop basse sont soumis à la submersion dès que le niveau de la mer augmente. Ces surcotes marines se propagent aussi à l’intérieur des étangs connectés avec la mer par des graus et peuvent donc inonder des terrains loin du bord de mer. De plus, les aménagements en première ligne peuvent être soumis au déferlement, lieu où se brisent les vagues, qui produit des passages d’eau à des altitudes bien supérieures au niveau moyen. Le long de la côte, la montée du niveau marin empêche aussi l’écoulement des cours d’eau qui se jettent dans la mer. • La submersion par rupture du cordon dunaire : l’érosion progressive des cordons dunaires par le vent ou par l’agression de la houle peut provoquer l’apparition de brèches qui menacent les terrains situés à l’arrière de la bande littorale dont l’altimétrie est en dessous du niveau atteint par la mer. Par ailleurs, l’action de la houle est susceptible de présenter un danger pour les personnes et les biens. Elle peut agir directement sur les structures, ou indirectement par érosion du littoral sableux protégeant naturellement celles-ci. L’ÉROSION DU TRAIT DE CÔTE Les causes de l’érosion sont nombreuses et dues à un ensemble d’agents variables dans l’espace et dans le temps, et notamment : • l’élévation du niveau de la mer ; • la diminution des apports sédimentaires des rivières (principalement due aux barrages et aux extractions de matériaux dans leur lit) ; • l’urbanisation des dunes qui prive le rivage d’un stock de sable important ; • les aménagements structurants tels que les ports ou les ouvrages de protection qui perturbent le transit sédimentaire ; • la fréquentation humaine à terre ou en mer entraînant respectivement, la fragilisation des cordons dunaires ou la destruction de prairies sous-marines participant à la régulation de la houle (tels les herbiers de posidonies, présents uniquement en Méditerranée, notamment sur les côtes agathoises, jouent un rôle primordial dans la stabilisation des fonds marins et dans l’amortissement des houles). L’érosion peut avoir des conséquences directes causant la disparition de surfaces terrestres et éventuellement des usages qui s’y trouvent. Cette disparition peut être progressive par l’érosion des plages ou brutale lors des tempêtes. Les consé-quences peuvent également être indirectes, générant l’augmentation du risque de submersion par l’érosion des cordons dunaires et l’apparition de brèches. Les falaises sont elles aussi soumises à l’érosion due à l’action des vagues qui sape leur base, et comme toute falaise à l’action de l’eau, du gel et du vent qui peuvent entraîner des éboulements et des chutes de blocs. L’effet de l’érosion marine peut être amplifié par la concomitance d’une crue de cours d’eau liée à de fortes précipitations sur les bassins versants. Il est à noter que les solutions pour pallier au phénomène d’érosion ont évolué. Jusqu’aux années 80-90, la réponse à l’érosion était locale, essentiellement constituée d’enrochements destinés à stabiliser ponctuellement le phénomène, mais entraînant parfois une aggravation sur les secteurs voisins. Aujourd’hui, les solutions sont recherchées à une échelle cohérente, prenant en compte la globalité du phénomène. La recomposition spatiale de l’urbanisation, le recul des infrastructures et la restauration d’un équilibre et d’un fonctionnement naturels sont favorisés pour une gestion responsable et durable du trait de côte. LES RISQUES MAJEURS LITTORAUX SONT LA SUBMERSION MARINE ET L’ÉROSION DU TRAIT DE CÔTE. 94 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Les sites du ministère de la Transition écologique : - sur l’observatoire national sur l’effet du changement climatique : www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-sur-effets-du-rechauffement-climatique-onerc - sur les impacts du changement climatique sur le littoral : www.ecologie.gouv.fr/impacts-du-changement-climatique-littoral-et-milieu-marin Le site de Météo-France : www.meteofrance.com/changement-climatique La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte : www.ecologie.gouv.fr/adaptation-des-territoires-aux-evolutions-du-littoral Pour en savoir Constatation des dégâts de l’érosion sur le cordon dunaire © Arnaud Bouissou / Terra Les conséquences sur les personnes et les biens Le littoral, qui s’étend sur 5500 km de côtes métropolitaines, occupe une place centrale au sein des activités humaines, le bord de mer offrant des conditions privilégiées pour l’établissement de la population et le développement de nombreuses activités. Cette urbanisation multiplie les enjeux sur un territoire où les aléas littoraux sont importants, augmentant de fait les risques pour les biens et les personnes. L’altimétrie des terrains proches de la mer est généralement très basse et certaines zones comme les lidos constituent, lors de phénomènes importants, des îlots isolés coupés de tout accès très vulnérables. De même l’interruption des voies de communication peut avoir de graves conséquences lorsqu’elle empêche l’intervention des secours. En terme de conséquences économiques, la submersion de tout ou partie des stations littorales sous des hauteurs variables d’eau de mer peut générer de nombreux dégâts sur les infrastructures et les bâtiments : inondation des terrains par de l’eau salée, destruction de bâtiments (notamment en front de mer), ensablement (bâtiments, rues). L’érosion du littoral entraîne généralement peu de risque pour les personnes, mais la perte de terrain continental induit un risque conséquent pour les habitations, installations et infrastructures édifiées en front de mer. Enfin il est à noter que les zones industrielles, notamment les sites classés Seveso, sont souvent surreprésentés sur le littoral par rapport au reste du territoire, ajoutant à l’inondation l’éventualité d’un risque de pollution ou d’un accident technologique. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 95 Lido de Frontignan © Crédit à préciser LA PRISE EN COMPTE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET DE SES IMPACTS SUR LE LITTORAL Les conséquences sur les personnes et les biens seront amenées à s’aggraver sous l’effet du changement climatique. Depuis 1988, le groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat mondial, ses impacts et les moyens de les atténuer et de s’y adapter. Le GIEC a publié son 5e rapport en 2014. Il montre que le changement climatique est déjà engagé et précise notamment : • En 2015, la température moyenne planétaire de la décade 2006-2015 a progressé de 0,87 °C par rapport à la moyenne de l’ère pré-industrielle 1850-1900 du XXe siècle. En fonction du scénario, en été, elle pourrait augmenter de 1,3 à 5,3 °C à la fin du XXIe siècle. • Le taux d’élévation du niveau marin s’est accéléré durant les dernières décennies pour atteindre 2,7 mm de 1993 à 2004 puis 3,5 mm de 2004 à 2015. • En France, le nombre de journées estivales (avec une température dépassant 25 °C) a augmenté de manière significative sur la période 1950-2010. Le nombre de journées chaudes (température maximale supérieure à 25 °C) est en augmentation sur toute la métropole avec des nuances régionales. LES CONSÉQUENCES SUR LES PERSONNES ET LES BIENS SERONT AMENÉES À S’AGGRAVER SOUS L’EFFET DU CHANGEMENT CLIMATIQUE Lido de Frontignan © Sète Agglopôle Méditerranée Cette hausse, évaluée sur la période 1961-2010, est souvent comprise entre quatre et six jours par décennie avec un maximum de huit jours par décennie sur les régions méridionales . • Par ailleurs, il est constaté une augmentation de l’acidité des eaux superficielles des océans liée à l’absorbtion du CO2 atmosphérique par les océans d’où une perturbation des équilibres écologiques. Le GIEC évalue également comment le changement climatique se traduira à moyen et long terme. Il prévoit en particulier des phénomènes climatiques aggravés avec une modification de la fréquence, l’intensité, la répartition géographique et la durée des événements météorologiques extrêmes (tempêtes, inondations, sécheresses). Le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) 2018-2022 permet de décliner en région de nouvelles propositions d’actions portant sur les changements climatiques et le développement durable, allant dans le sens de la meilleure connaissance, la prévention, la prise en compte et la gestion des phénomènes d’érosion du trait de côte et de submersion marine. Pour mieux anticiper les évolutions du littoral et faciliter l’adaptation des territoires à ces changements, une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a été mise en place en 2012. Elle a vocation à ren-forcer la résilience des espaces littoraux en s’appuyant sur le rôle des milieux naturels côtiers, véritables atouts pour atténuer l’effet de phénomènes naturels (submersion marine, érosion, inondation, etc.). 96 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs La stratégie régionale de gestion intégrée du trait de côte : www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/la-strategie-regionale-de-gestion-integree-du-a24162.html Le site du réseau tempête Languedoc-Roussillon : littoral.languedocroussillon.fr/Suivi-des-tempetes-et-de-leurs-impacts.html Pour en savoir 50 % DES 230 KM DE CÔTE SONT AFFECTÉS PAR L’ÉROSION Le contexte en Occitanie Les espaces littoraux de Méditerranée, et en particulier les « zones basses» du Golfe du Lion, sont vulnérables à l’aléa submersion marine. Ces espaces sont par ailleurs caractérisés par une très forte attractivité, et sont donc soumis à une importante pression en termes d’aménagement, d’urbanisation et de fréquentation en toute période. Long de 230 km, le littoral de l'Occitanie est caractérisé par deux entités d’inégale longueur et morphologiquement différentes : une longue côte sableuse entre-coupée de quelques promontoires rocheux et une courte côte rocheuse à l’extrémité des Pyrénées Orientales. Il présente comme particularité un remarquable système lagunaire, à l’interface entre les milieux marins et les milieux terrestres. En raison de leur forte attractivité, les 55 communes du littoral de l'Occitanie (30 communes littorales et 25 communes riveraines d’étangs salés) sont soumises à une très importante pression d’urbanisation et de fréquentation, constituant un lieu privilégié de dévelop-pement économique (tourisme, agriculture, pêche et conchyliculture). Sur 5% du territoire, le littoral concentre plus de 50% de la population de la région. En Occitanie, les risques littoraux (érosion et submersion marine) concernent une part importante du territoire, et notamment les lidos et les zones littorales les plus basses, ou celles dont le cordon dunaire est le plus altéré. Ainsi 50% des 230 km de côte sont affectés par l’érosion et on peut estimer à 200 km le linéaire de côtes sableuses très basses, souvent constituées de lidos et de lagunes. L’urbanisation et les aménagements pro-ches du rivage et sur les cordons dunaires ont d’importantes conséquences sur la dynamique sédimentaire du littoral. L’urbanisation génère la fragilisation voire la disparition du cordon dunaire, la modification du transit sédimentaire à l’origine de la diminution du stock utile de sédiments, l’augmentation de la sensi-bilité à l’érosion de tout le linéaire côtier entraînant une forte demande de protection des zones urbanisées. Par le passé, une connaissance imparfaite de la dynamique des phénomènes d’érosion a conduit à une gestion souvent trop locale des désordres inhérents au fonctionnement naturel sur le littoral, utilisant des techniques « dures » de protection sans prise en compte de l’équilibre naturel du milieu, parmi lesquelles : • les ouvrages transversaux : l’édification d’ouvrages de protection du trait de côte bloquant la dérive littorale et accélérant de ce fait l’érosion à l’aval du transit sédimentaire ; • les ouvrages longitudinaux : la protection des habitations par enrochements, murets en béton accélérant ou provo-quant une érosion rapide de la plage. La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a donc fait l’objet d’une déclinaison locale à l’échelle régionale avec pour objectif de porter à la connaissance des collectivités, de manière pédagogique et étayée par des données, le constat fait sur les phénomènes d’évolution du trait de côte. Ainsi, elle constitue un guide pour l’un des trois objectifs du plan Littoral 21, pour faire de l’Occitanie une vitrine française de la résilience écologique en prenant en compte l’érosion du trait de côte et en adap-tant les usages au changement climatique. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 97 LA PRISE EN COMPTE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET DE SES IMPACTS SUR LE LITTORAL LE SUIVI DES TEMPÊTES EN OCCITANIE Sur la façade méditerranéenne française, l’évolution constatée est de l’ordre de 2,5 à 3 mm par an depuis 20 ans. La prévision de poursuite, voire d’aggravation de cette évolution pourrait atteindre 10 mm par an. La côte basse de la Camargue jusqu’à la côte Vermeille est citée dans les études internationales comme une des zones qui risque le plus d’être affectée par la montée des eaux marines. À ce jour, afin d’anticiper les conséquences de la remontée du niveau de la mer, et conformément à la circulaire du 27 juillet 2011 relative à la prise en compte du risque de submersion marine dans les plans de prévention des risques naturels littoraux, la valeur « pessimiste » de 60 cm à l’horizon 2100, sera utilisée pour le littoral méditerra-néen français pour réglementer la construc-tibilité des zones d’urbanisation future. Il est précisé, dans les préconisations du ministère de la Transition écologique, que cet aléa 2100 permettra, via les prescriptions sur les nouvelles habitations, de prendre dès maintenant les mesures nécessaires pour limiter la vulnérabilité future des territoires au risque de submersion marine face à l’augmentation prévisible du niveau marin sur le littoral français. Exemple du littoral anthropisé de l’Étang de Thau dans l’Hérault © DREAL Occitanie Dans un contexte d’érosion importante du littoral régional et d’une prise en compte accrue des submersions marines, l’information historique sur les événements de tempêtes est une donnée de référence cruciale pour la caractérisation des risques côtiers et la prévision de leurs impacts. Le réseau tempête a pour objectif d’homo-généiser et mutualiser les observations faites sur le littoral d'Occitanie pendant ou suite à une tempête. Il est composé de neufs partenaires institu-tionnels que sont : l’État (DREAL et chaque DDTM), la région, l’EID Méditerranée, le BRGM, le Conseil départemental de l’Hérault, les agglomérations de Perpignan, Béziers, du bassin de Thau et Hérault Méditerranée. 98 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs La fiche de la tempête de 1997 établie par le réseau tempête : fichetempete.brgm.fr/pages/tempete. jsf?tid=19971216 Pour en savoir LES RISQUES LITTORAUX DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT L’historique des principales tempêtes et les enjeux exposés Constatation des dégâts de l’érosion sur le cordon dunaire © Arnaud Bouissou / Terra Le littoral occupe 10 % du territoire héraultais, il s’étend sur un linéaire de 90 km en façade maritime et 167 km en bordure d’étangs. La plaine littorale compte 30 communes dont 28 % de la superficie est inondable. En Occitanie, les principales tempêtes ayant été observées et ayant fait l’objet d’une déclaration de catastrophe naturelle (à partir de 1982 seulement) sont les suivantes : • le 29 mars 1952 ; • du 10 au 11 janvier 1970 ; • du 16 au 18 janvier 1978 ; • du 6 au 8 novembre 1982 (tempête d’occurrence cinquantennale) ; • du 8 au 9 novembre 1984 ; • du 16 au 18 décembre 1997 (tempête d’occurrence cinquantennale) ; • les 12 et 13 novembre 1999 ; • les 3 et 4 décembre 2003 ; • du 26 au 27 décembre 2008 ; • du 28 au novembre au 1er décembre 2014 ; • du 28 février au 2 mars 2018. Les tempêtes de 1982 et 1997 sont les plus marquantes et ont occasionné la prise d’arrêtés de catastrophes naturelles pour toutes les communes littorales du Golfe du Lion. Lors de la tempête de 1997, les vitesses des vents mesurées sont comprises entre 100 km/h et 150 km/h. Elles ont atteint les 180 km/h à Cap Leucate et 158 km/h à la Grande Motte. Les plus fortes surcotes observées lors de cet épisode (d’une période de retour inférieure à la tempête centennale) sont de l’ordre de 1,50 m (Port d’Argelès) à 1,70 m (Port-Vendres) dans les Pyrénées-Orientales et de 1,06 m dans l’Hérault (à Sète, altitude en IGN 69 atteinte par le niveau moyen du plan d’eau, en dehors de l’effet des vagues). Les tempêtes de plus faible amplitude comme le coup de mer du 21 novembre 2007, que l’on peut qualifier d’événement marin annuel, a eu des conséquences notables sur le littoral comme à Portiragnes où les ganivelles ont été détruites et le sable emporté. Il est donc nécessaire de tenir compte de ces événements relativement fréquents mais potentiellement destruc-teurs, lorsque l’on s’intéresse à la protection et à la gestion des littoraux sableux d’autant plus sur les secteurs où le déficit sédimentaire est critique. Les ganivelles sont des barrières formées de lattes de bois verticales, généralement en châtaignier, permettant de piéger le sable en vue de la constitution de « dunes embryonnaires » formées de bourrelets de sable végétalisés participant à la stabi-lisation du trait de côte. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 99 © Arnaud Bouissou / Terra Ces enjeux concernant les biens et les personnes varient selon leur localisation. Trois situations se présentent : • Les espaces non ou peu urbanisés À l’exception des campings et parcs de loisirs, les communes concernées pouvant accueillir environ 410 000 touristes en saison estivale, les espaces non ou peu urbanisés présentent par nature une faible vulnérabilité humaine et économique dans la mesure où peu de biens et de personnes y sont exposés. Cependant, ils constituent un enjeu fort en matière de gestion du risque car ce sont des zones susceptibles de permettre l’extension de la submersion marine et de ralentir les écoulements dynamiques. Il convient donc de ne pas les ouvrir à l’urbanisation. Il est également primordial de ne pas exposer de nouveaux enjeux humains et économiques sur une zone littorale déjà très aménagée et urbanisée. • Les lidos Les lidos constituent des zones fragiles par leur faible largeur. La présence d’infrastructures les rend vulnérables et il convient de ne pas augmenter les risques humains et économiques sur ces secteurs. • Les espaces urbanisés Les espaces urbanisés comprennent les centres urbains, les voies de commu-nications, les activités, les équipements sensibles ou stratégiques pour la gestion de la crise. L’évaluation des enjeux doit donc intégrer ceux touchant à la sécurité des personnes et aux fonctions vitales de la ville. Le développement des espaces urbanisés doit être limité aux enjeux du développement urbain en veillant à ne pas aggraver le risque et à préserver les zones d’expansion de la submersion marine. LES ENJEUX ÉCOLOGIQUES La majorité de la côte languedocienne est classée en site « Natura 2000 ». Cette protection concerne les étangs et lidos du littoral (étang de Mauguio, étangs palava-siens et de l’Estagnol, étang de Thau...) ainsi que les sites du domaine maritime (côte languedocienne, côtes sableuses de l’infralittoral languedocien…). Ces sites sont très sensibles aux risques de submersion marine lors des tempêtes et aux phénomènes d’érosion, particulièrement lorsqu’ils ne disposent plus d’un équilibre et d’un fonctionnement naturels. LES ENJEUX DE SÉCURITÉ PUBLIQUE 100 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Levé bathymétrique de l’avant côte au droit de la plage des Orpellières © Arnaud Bouissou / Terra Les actions préventives La prévention passe en premier lieu par l’amélioration des connaissances des phénomènes et des risques. Une bonne connaissance des aléas et des enjeux locaux permet de déterminer, à une échelle cohérente, des actions adaptées et efficaces afin de limiter les risques : • la réduction de la vulnérabilité des enjeux humains, économiques et environnementaux en maîtrisant ou en adaptant l’urbanisation et l’aménagement des zones à risque ; • l’information préventive et la sensibilisation des populations ; • la surveillance, l’alerte et la gestion de crise ; • la gestion de l’érosion et de la submersion en vue de la réduction de l’aléa dans les zones exposées. Ces préconisations (développées dans le feuillet sur le risque d’inondation de ce document) ont été renforcées concernant le risque de submersion marine par la mise en place, suite à la tempête Xynthia, des plans de submersion rapides. Ces plans qui visaient des projets d’endiguements inscrits dans des PAPI ont été supprimés depuis le 1er janvier 2018 suite à la mise en œuvre de la compétence GEMAPI. En effet, la mise en œuvre de cette compétence s’est accompagnée d’une nouvelle réglementation adaptée aux endiguements (présentée dans le feuillet sur le risque de rupture de digue de ce document) qui permet d’assurer le respect des critères techniques qui présidaient à l’attribution du label plan de submersion rapide. Ces plans de submersion rapide s’articulent autour de quatre axes prioritaires qui recou-vrent plus de soixante actions qui sont : • la maîtrise de l’urbanisation et l’adaptation du bâti ; • l’amélioration des systèmes de surveillance, de prévision, de vigilance et d’alerte ; • la fiabilité des ouvrages et des systèmes de protection ; • le renforcement de la culture du risque. Comme précisé précédemment, l’amélio-ration des connaissances des phénomènes et des risques est la première action à engager, notamment en vue d’améliorer l’anticipation des submersions marines. Cette anticipation des aléas pourra ensuite évoluer au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles données topographiques, marégraphiques, de la réalisation de modèles océanographiques côtiers et de l’exploitation des retours d’expérience. L’AMÉLIORATION DES CONNAISSANCES DES PHÉNOMÈNES ET DES RISQUES EST LA PREMIÈRE ACTION À ENGAGER EN VUE D’AMÉLIORER L’ANTICIPATION DES SUBMERSIONS MARINES Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 101 Le site du ministère de la Transition écologique : - sur les dynamiques et l’évolution du littoral www.geolittoral.developpement-durable. gouv.fr/dynamiques-et-evolution-du-littoral-synthese-des-r462.html Le site de la DREAL Occitanie : www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/cartographie-et-connaissance-r1903.html Pour en savoir Le site des services de l’État en région Occitanie et le site du BRGM : - sur la protection et l’aménagement durable du lido de Sète à Marseillan www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/protection-et-amenagement-durable-du-lido-de-sete-r1233.html www.brgm.fr/projet/suivi-video-numerique-experimentation-techniques-protection-littoral-lido-sete-marseillan Pour en savoir Frontignan, secteur des Aresquiers, décembre 1997 ©DREAL Occitanie Pour l’érosion du trait de côte, de nom-breuses études ont été réalisées dans les secteurs identifiés comme étant prioritaires en vue d’établir un schéma de gestion du stock sédimentaire permettant de prévoir des interventions à une échelle pertinente. Des réseaux de mesures (campagnes topo-bathymétriques, enregistrements de houle) ont été mis en place et sont développés en vue d’assurer le suivi de l’érosion du littoral. Pour la submersion marine qui se mani-feste sous l’action de processus physiques extrêmes (forte dépression atmosphérique, vent violent, forte houle) associés à des phénomènes naturels plus réguliers (marée astronomique, variation de température de l’eau, flux hydrique régulier, inversion des vents jour/nuit), le couplage de ces différents paramètres est très complexe et fait toujours l’objet de développements scientifiques et de projets de recherche. Ainsi, bien que les outils scientifiques et techniques ne permettent pas encore de prédire précisément ces aléas, il paraît important de prendre en compte ces phénomènes en tirant les enseignements des événements passés au travers de retours d’expérience. À l’échelle régionale, un AZI par submersion marine a été élaboré en 2010. Il délimite les zones dont la géomorphologie est, ou a été, contrôlée par la submersion marine. Il constitue donc une première approche de la «limite haute» his-torique de l’emprise de la submersion marine. Dès 2012, la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a été mise en place pour mieux anticiper les évolutions du littoral et faciliter l’adaptation des territoires à ces changements. Elle a vocation à renforcer la résilience des espaces littoraux en s’appuyant sur le rôle des milieux naturels côtiers, véritables atouts pour atténuer l’effet de phénomènes naturels. Cela nécessite de repenser l’aménagement du littoral. La meilleure protection face aux risques littoraux consiste à laisser un espace de liberté à la mer. Celui-ci servira à la dissipation de l’énergie des vagues et à la constitution du cordon dunaire qui protégera de la submersion et formera un réservoir de sable face à l’érosion. Il est donc important de préserver les espaces encore libres de tout aménagement. Dans les secteurs déjà aménagés et lorsque cela reste techniquement possible, le recul des infrastructures ou des aménagements sera privilégié. De plus, la solution d’un recul stratégique (pour des aménagements tels que des routes ou de la cabanisation.) est souvent intéressante économiquement à long terme tout en permettant de restaurer le caractère naturel du site et de préserver son attrait touristique. L’AMÉLIORATION DES CONNAISSANCES LA MAÎTRISE DE L’URBANISATION ET L’ADAPTATION DU BÂTI 102 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs En complément de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte établie en 2012, la stratégie nationale pour la mer et le littoral a été adoptée en février 2017. Quatre orientations sont préconisées dans cette démarche, dont l’ambition de « développer des territoires littoraux et maritimes durables et résilients ». En métropole, pour chaque façade mari-time, un document de planification - le document stratégique de façade ou de bassin maritime ultramarin - doit préciser, à l’issue d’une concertation avec le public et les acteurs maritimes et littoraux, les conditions de mise en œuvre de la stratégie nationale en tenant compte des spécificités locales. Il comportera une planification spatiale sous la forme d’une carte des vocations des espaces maritimes. Actuellement, la maîtrise de l’urbanisation et de l’aménagement des zones exposées, voire l’adaptation des constructions, peut se faire par le biais des documents d’urbanisme et surtout des PPRI qui, pour les communes littorales héraultaises, ont tous intégré le risque de submersion marine. Les plans locaux d’urbanisme (PLU) et le schéma de cohérence territorial (SCOT) La prise en compte de ces risques dans les documents d’urbanisme (PLU, SCOT) se fait automatiquement lorsqu’un PPR existe (le PPR étant annexé au PLU et ce dernier étant rendu compatible avec le PPR) ou via les « porter à connaissance » de l’État qui informent les maires des risques naturels auxquels leurs communes sont soumises. À ce titre, les AZI par submersion marine donnent la connaissance d’un premier niveau de risque qui peut être pris en compte lors de l’élaboration ou de la révision des PLU. Les règles d’urbanisme en vigueur dans les PLU, s’ajoutent à la loi « littoral » et à la réglementation concernant les espaces, sites ou paysages remarquables du littoral strictement protégés, ce qui permet de renforcer le contrôle de l’urbanisation. LES PLANS DE PRÉVENTION DES RISQUES LITTORAUX PERMETTENT D’ARRÊTER L’URBANISATION DU LITTORAL DANS LES ZONES D’ALÉAS FORTS © Arnaud Bouissou / Terra Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 103 Le site des services de l’État en région Occitanie : - sur le guide régional d’élaboration des PPRL www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/guide-d-elaboration-des-ppr-submersion-marine-r1905.html Pour en savoir Ils permettent de stopper l’urbanisation des zones naturelles inondables et des zones les plus exposées, et de réduire le risque dans les zones déjà urbanisées, notamment par l’obligation d’adopter des mesures de mitigation dans les zones sensibles. Quel que soit le degré d’urbanisation d’un territoire, le zonage réglementaire est défini sur l’aléa de référence établi à 2 m NGF pour le littoral du Golfe du Lion. La prise en compte du changement climatique se traduit selon le niveau d’urba-nisation de la zone : • en zone non (ou peu) urbanisée, la constructibilité sera basée sur l’aléa 2 100 (2,40 m NGF) de manière à encourager l’implantation des nouveaux enjeux hors des zones soumises à un risque potentiel futur ; • en zone déjà urbanisée, la constructibilité reste établie sur l’aléa de référence (2 m NGF). Pour déterminer la vulnérabilité des zones à réglementer, les aléas sont croisés avec les enjeux liés à l’urbanisation. Ainsi, comme pour les PPRI, le zonage réglementaire des PPRL a pour but d’orienter le développement urbain en dehors des secteurs à risque et de réduire la vulnérabilité du bâti existant et futur. Il vise à : • interdire ou limiter très strictement les constructions en zone à risque et particulièrement sur les lidos, compte tenu de leur caractère particulièrement fragile et de leur fonction de protection du littoral ; • en zone urbaine, ne pas aggraver les enjeux dans les zones d’aléa les plus forts ; • préserver la zone de déferlement la plus exposée de toute nouvelle construction. Ainsi des prescriptions pour la protection des biens et des personnes sont à respecter: • dans les zones soumises à la submersion et dans le cas où des installations nouvelles peuvent être autorisées (zone urbanisée en aléa modéré), il est important que le premier niveau aménagé soit à une altitude supérieure au niveau maximal de l’eau en tempête centennale (2 m NGF) ; • les sous-sols doivent être interdits, il est par ailleurs important que les nouveaux bâtiments soient préparés aux impacts du changement climatique en cours ; • pour les zones de front de mer, naturelles ou déjà urbanisées, il est important d’interdire les constructions ou aménagements susceptibles de provoquer ou d’accentuer les phénomènes d’érosion et la fragilité du cordon dunaire. De plus, en raison de la très importante fréquentation touristique du département, la réglementation concernant les campings et les parcs résidentiels de loisirs (PRL) est très restrictive : • la création de campings et de PRL ou l’augmentation de la capacité d’accueil de ceux existants sont interdites en zones rouge et bleue ; • dans les campings ou PRL existants, les projets de travaux (piscines, clôtures, constructions, etc.) sont soumis à prescriptions. Pour les secteurs soumis à la fois à l’inon-dation fluviale et à la submersion marine, c’est la réglementation la plus contraignante qui s’applique. Concernant la gestion des phénomènes d’érosion, les solutions sont à rechercher à une échelle pertinente et peuvent être traitées dans les PPRL quand le phénomène est significatif en termes de risque majeur. Sur le littoral héraultais, les périmètres soumis à érosion sont déjà fortement exposés au risque de submersion marine. Les plans de prévention des risques littoraux (PPRL) Ouvrages sur le Lido de Frontignan © Sète Agglopôle Méditerranée 104 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs La mise en danger des personnes survient surtout car les délais d’alerte et d’évacua-tion sont trop courts ou inexistants lors d’événements soudains. Depuis octobre 2011, Météo-France a mis en place la vigilance «vague-sub-mersion » afin de mieux anticiper les montées extrêmes du niveau de la mer et de renforcer la protection des populations. Cette disposition génère la mobilisation de toute la chaîne de gestion et de prévention des risques autour de ces phénomènes et de leurs dangers (embarcations projetées sur le rivage, inondations, noyades…). Ce dispositif s’accompagne également de consignes de comportements adaptées. Comme pour la vigilance météorologique, l’objectif recherché est de : • mieux diffuser l’information en cas de risque (clarté de l’information en s’alignant sur les codes couleur de la vigilance météorologique, par l’emploi de pictogrammes explicites, l’édition d’un bulletin départemental faisant le point sur les phénomènes attendus ; large diffusion à tout public) ; • passer de la prévision de l’aléa «vagues et surcotes » à un système d’avertissement à l’échelle du département ; les seuils de passage des couleurs, établis selon les vulnérabilités de chaque département, seront également liés à des recommandations de comportements préventifs ; • ces informations permettent de déclencher les actions de sécurité civile en aval de la vigilance et de renforcer la réponse de sécurité civile sur le littoral. Pour les tempêtes marines, les délais de prévision sont assez longs, de 24h à 48h, voire plus, mais il n’est pas possible de prévoir la gravité des phénomènes et la localisation de leurs conséquences sur le littoral, impliquant la mise en danger des populations. Ces dispositions ont été confirmées et renforcées par la mise en œuvre de la Directive inondation, directive européenne adoptée en 2007 et traduite dans le droit français en 2010. Elle fixe l’objectif de réduire les conséquences dommageables des inondations en intervenant sur tous les volets de la prévision, de la prévention, et de la protection. Elle a permis d’identifier et de cartogra-phier précisément 3 territoires à risques importants d’inondation sur le littoral médi-terranéen pour lesquels ont été établies des stratégies locales de gestion des risques. Cette démarche a permis d’élargir le nombre d’acteurs et d’intégrer les problématiques du littoral dans des stratégies qui visaient surtout les inondations par débordement de cours d’eau avec une approche par bassin versant souvent déconnectée des problématiques littorales. LES OUVRAGES ET SYSTÈMES DE PROTECTION Dans le département de l’Hérault, les ouvrages et systèmes de protection contre la mer (épis et brise-lame) sont essen-tiellement liés à la gestion du trait de côte. La gestion durable de ces aménagements est planifiée dans la stratégie régionale de gestion intégrée du trait de côte élaborée pour la période 2018-2050. Par ailleurs, des dispositifs innovants sont testés pour tenter de limiter l’érosion du trait de côte. C’est par exemple le cas des atténuateurs de houle, boudins géotextiles immergés au large de la mer. La plage située entre Sète et Marseillan avait quasiment disparu. La pose de boudins géotextiles immergés au large de la mer a permis de ralentir le phénomène d’érosion. Toutefois, cette technique ne fonctionne pas partout et n’est adaptée qu’à certaines configurations de côte. Son efficacité pourrait s'atténuer à court ou moyen terme compte tenu des prévisions des effets du changement climatique. Sète submersion marine décembre 2003 ©DREAL Occitanie L’AMÉLIORATION DES SYSTÈMES DE SURVEILLANCE, DE PRÉVISION, DE VIGILANCE ET D’ALERTE, ET LE RENFORCEMENT DE LA CULTURE DU RISQUE Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 105 VIGILANCE MÉTÉO-FRANCE VAGUE-SUBMERSION - NIVEAU 3 Conséquences possibles Conseils de comportement • Les très fortes vagues prévues au large auront des conséquences au niveau du rivage : - Fortes vagues déferlant sur le littoral - Projections de galets et de macro-déchets. • Élévation temporaire du niveau de la mer à la pleine mer, susceptible localement de provoquer des envahissements côtiers. • Les circulations routière et ferroviaire sur les axes longeant le littoral peuvent être perturbées. • Des dégâts importants sont localement à craindre sur l'habitat léger et les installations provisoires sur le rivage et le littoral. • Des submersions importantes sont à craindre aux abords des estuaires en période de marée haute de fort coefficient (vives eaux). • Associées à de forts coefficients de marée (vives eaux), les risques de submersion côtiers seront plus importants. VIGILANCE MÉTÉO-FRANCE VAGUE-SUBMERSION - NIVEAU 4 Conséquences possibles Conseils de comportement • Associées à de fortes pluies et à des vents tempétueux, les hauteurs d'eau attendues peuvent submerger les systèmes de défense côtiers (digues des ports, ouvrages de défense contre la mer, cordon dunaire) et provoquer des débordements dans les ports, la rupture des infrastructures de transports (routes, voies ferrées ...) et des inondations de zones habitées ainsi que de zones d'activités économiques. • Les circulations routière et ferroviaire sur les axes longeant le littoral peuvent être rendues très difficiles. • L'habitat léger et les installations provisoires sur le rivage et le littoral peuvent être mis en réel danger. • Associés à de forts coefficients de marée (vives eaux), les risques de submersion côtiers et d'inondation des terres seront extrêmes. Les consignes individuelles de sécurité • Tenez-vous au courant de l'évolution de la situation en écoutant les informations diffusées dans les médias. • Évitez de circuler en bord de mer à pied ou en voiture. Si nécessaire, circulez avec précaution en limitant votre vitesse et ne vous engagez pas sur les routes exposées à la houle ou déjà inondées. Habitants du bord de mer ou le long d'un estuaire : • Fermez les portes, fenêtres et volets en front de mer. • Protégez vos biens susceptibles d'être inondés ou emportés. • Prévoyez des vivres et du matériel de secours. • Surveillez la montée des eaux et tenez-vous informé auprès des autorités. Plaisanciers : • Ne prenez pas la mer. • Ne pratiquez pas de sport nautique. • Avant l'épisode, vérifiez l'amarrage de votre navire et l'arrimage du matériel à bord. Ne laissez rien à bord qui pourrait provoquer un sur accident. Professionnels de la mer : • Évitez de prendre la mer. • Soyez prudents, si vous devez sortir. • À bord, portez vos équipements de sécurité (gilets,..). Baigneurs, plongeurs, pêcheurs ou promeneurs : • Ne vous mettez pas à l'eau, ne vous baignez pas • Ne pratiquez pas d'activités nautiques de loisir. • Soyez particulièrement vigilants, ne vous approchez pas du bord de l'eau même d'un point surélevé (plage, falaise). • Éloignez-vous des ouvrages exposés aux vagues (jetées portuaires, épis, fronts de mer). • Tenez-vous au courant de l'évolution de la situation en écoutant les informations diffusées dans les medias. • Ne circulez pas en bord de mer, à pied ou en voiture. • Ne pratiquez pas d'activités nautiques ou de baignade. Habitants du bord de mer ou le long d'un estuaire : • Fermez toutes les portes, et les fenêtres, ainsi que les volets en front de mer. • Protégez vos biens susceptibles d'être inondés ou emportés. • Prévoyez des vivres et du matériel de secours. • Surveillez la montée des eaux et tenez-vous prêts à monter à l'étage ou sur le toit. • Tenez-vous informé auprès des autorités communales ou préfectorales et préparez-vous, si nécessaire et sur leur ordre, à évacuer vos habitations. Plaisanciers et professionnels de la mer : • Ne prenez pas la mer. Ne pratiquez pas de sport nautique. • Si vous êtes en mer, n'essayez pas de revenir à la côte. • Avant l'épisode, vérifiez l'amarrage de votre navire et l'arrimage du matériel à bord. Prenez les mesures nécessaires à la protection des embarcations et ne laissez rien à bord pour éviter de provoquer un sur accident. Baigneurs, plongeurs, pêcheurs ou promeneurs du bord de mer : • Ne vous mettez pas à l'eau, ne vous baignez pas. • Soyez particulièrement vigilants, éloignez-vous du bord de l'eau (rivage, plages, ports, sentiers ou routes côtières, falaises,...) 106 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Le dispositif « POLMAR – Terre » a pour objet de définir les mesures départementales ORSEC en matière de lutte contre les pollutions marines affectant le littoral, susceptibles d’être dangereuses pour la santé humaine ou pour l’environnement. Elles constituent l’outil essentiel de planifi-cation qui permet : • d’identifier les niveaux de responsabilité des différentes autorités et acteurs experts ; • de définir le schéma d’alerte, les niveaux d’activation du dispositif et d’organisation du commandement ; • de cibler les principaux acteurs susceptibles d’être impliqués, afin de prévoir leur mobilisation et définir leur rôle dans ce contexte particulier ; • de capitaliser et regrouper, de manière à être opérationnels, les éléments nécessaires pour anticiper et gérer au mieux ce type d’événement. Le dispositif décrit est plus particulièrement adapté aux grandes pollutions par les hydrocarbures. Néanmoins il s’applique aussi à des pollutions de moindre ampleur. Ses principes opérationnels et recommandations techniques ou juridiques doivent être simplement adaptés à la nature du polluant et à l’ampleur de la pollution. La mer Méditerranée est une mer inter-continentale presque entièrement fermée, née d’une histoire géologique et tectonique singulière. La Méditerranée, de par sa situation géographique, représente un support d’activités économiques : • 150 millions d’habitants dans les régions riveraines (200 millions à l’horizon 2020) ; • 25 % du transport fret maritime international ; • 30 % du trafic pétrolier mondial ; • 31 % du tourisme international ; • 2 % de la pêche mondiale ; • plus de 200 industries de plus ou moins grande importance (pétrochimie, industries chimiques) sont situées le long de la côte méditerranéenne et des bassins versants des rivières. La mer Méditerranée représente 1 % de la surface des mers et concentre 25 % du trafic planétaire, dont 30 % du trafic pétrolier mondial. Chaque jour, c’est près de 2000 navires de toutes sortes qui sont présents en mer ou dans un port. Compte tenu de l’importance de ce trafic et de la vulnérabilité écologique de cette mer, la Méditerranée a été classée zone spéciale par la convention internationale. Le faible rythme de renouvellement de ses eaux (en moyenne 90 à 100 ans) ne lui permet pas de faire disparaître rapidement les traces d’une pollution accidentelle et peut concentrer une pollution chronique jusqu’à dépasser les seuils de résilience naturelle. Entre juillet et octobre 2018, trois événe-ments de pollution marine ont touché les côtes méditerranéennes. Si les deux premières ont été d’une ampleur modérée, la troisième résultant de la collision entre les navires Ulysse et CSL Virginia, fut d’une importance majeure, inégalée en Méditerranée depuis près de trente ans et a touché les côtes françaises depuis le Var jusqu’à la frontière espagnole. L’important trafic maritime des ports de Sète et Marseille, la situation géographique des côtes de l’Hérault à l’ouest du Golfe du Lion et la dérive littorale est-ouest exposent le département à un risque plus élevé de pollution marine. Le dispositif « POLMAR – Terre » a pour objet d’apporter une méthodologie aux acteurs concernés et un cadre commun de référence pour la bonne conduite des opérations de lutte, qu’elles soient menées sous l’autorité d’un maire ou du préfet. Si la réponse opérationnelle ne peut pas être préétablie et répondre à tous les cas de figure, son succès repose néanmoins en partie sur une cinétique décisionnelle et d’organisation la plus rapide possible. Il est important que les premières actions soient réalisées selon un schéma rôdé et connu de l’ensemble des acteurs potentiellement concernés, définies par le dispositif pour aider à la prise de décision et organiser de manière efficace la lutte. DISPOSITION SPÉCIFIQUE POLMAR – TERRE Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 107 Le site des services de l’État dans le département de l’Hérault www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/ Environnement-risques-naturels-et-technologiques/Risques-naturels-et-technologiques/Etat-d-avancement-des-Plans-de-Prevention-des-Risques/ Les-PPR-de-l-Herault Le site de la DREAL Occitanie www.occitanie.developpement-durable. gouv.fr/les-risques-littoraux-r453.html Le site de Météo-France www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/ phenomenes-meteo/les-vagues-submersions LES RISQUES LITTORAUX Pour en savoir plus Contacts Service Adresse Téléphone DDTM 34 181, place Ernest Granier, CS 60556 34064 Montpellier cedex 2 04 34 46 60 00 Mairie Coordonnées disponibles sur le site : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/ Elections-et-citoyennete/Les-elus/Les-maires Préfecture de l’Hérault 34, place Martyrs de la Résistance 34000 Montpellier 04 67 61 61 61 108 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Palavas-les-flots (34) en novembre 2019 © DDTM34 Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 109 Communes soumises au risque d’inondation par submersion marine 1-25 25-50 50-75 75-100 Emprise de la zone inondable par submersion marine Pourcentage de la surface communale en zone inondable (hors étangs) DDTM34 Direction Départementale des Territoires et de la Mer 110 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs DDTM34 Direction Départementale des Territoires et de la Mer Communes soumises au risque d’inondation par submersion marine 1-50 50-1000 1000-5000 5000-16526 Emprise de la zone inondable par submersion marine Nombre d’habitants en zone inondable Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 111 Zone brûlée © Laurent Mignaux / Terra
LES RISQUES LITTORAUX - GÉNÉRALITÉS
Les risques majeurs littoraux, tels que la submersion marine et l'érosion, sont des phénomènes naturels qui affectent les zones côtières, rendant ces dernières particulièrement vulnérables. Ces risques se manifestent lors de tempêtes marines, où la surélévation du niveau de la mer et l'intensification des houles entraînent des inondations temporaires. La combinaison de conditions météorologiques extrêmes, comme des dépressions atmosphériques et des vents violents, peut aggraver ces situations, mettant en péril les enjeux humains, économiques et environnementaux.
LES RISQUES LITTORAUX DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
Le département de l'Hérault a connu plusieurs tempêtes marines, entraînant une prise de conscience des dangers associés à ces événements. En réponse, des actions préventives ont été mises en place, ainsi que des consignes de sécurité pour la population. Le document inclut également une annexe cartographique des communes à risque, soulignant l'importance d'une mobilisation des autorités pour réduire les impacts des submersions marines.
L'érosion du littoral est un phénomène où le sable est déplacé par les courants, les vagues et le vent, entraînant une perte de sable dans certaines zones. Les tempêtes marines, causées par des perturbations atmosphériques, intensifient ce processus en générant des vents violents, des pluies torrentielles et des vagues de grande hauteur. Ces tempêtes peuvent également provoquer une élévation du niveau marin, aggravant l'érosion et augmentant le risque de submersion.
La submersion marine peut résulter de l'altimétrie basse des terrains côtiers, qui sont inondés lorsque le niveau de la mer augmente, ou de la rupture des cordons dunaires, causée par l'érosion. Les aménagements côtiers sont particulièrement vulnérables aux effets de la houle et à l'élévation du niveau marin, qui entrave l'écoulement des cours d'eau. Les causes de l'érosion sont variées, incluant l'élévation du niveau de la mer et la réduction des apports sédimentaires des rivières.
Le document aborde les enjeux liés à l'érosion côtière et à la submersion marine, soulignant les causes de l'érosion telles que l'urbanisation des dunes, les aménagements portuaires, et la fréquentation humaine. Ces facteurs perturbent le transit sédimentaire et fragilisent les écosystèmes marins, entraînant des conséquences directes comme la disparition de surfaces terrestres et des risques accrus de submersion. Les solutions pour contrer l'érosion ont évolué, passant d'approches locales à des stratégies intégrées qui favorisent la gestion durable du littoral.
Les conséquences sur les personnes et les biens
Le littoral français, s'étendant sur 5500 km, est crucial pour les activités humaines, mais son urbanisation accroît les risques liés aux aléas littoraux. Les zones côtières, souvent à faible altitude, sont particulièrement vulnérables, et des événements extrêmes peuvent isoler des régions et interrompre les voies de communication, compliquant l'accès aux secours. Les impacts économiques de la submersion peuvent être significatifs, affectant les stations littorales et entraînant des dégâts matériels considérables.
Le document aborde les impacts des inondations et de l'érosion du littoral sur les infrastructures et les bâtiments, notamment en front de mer, où la destruction et l'ensablement sont fréquents. Les zones industrielles, en particulier celles classées Seveso, sont particulièrement vulnérables, augmentant le risque de pollution et d'accidents technologiques. Le changement climatique exacerbe ces risques, avec une élévation du niveau de la mer et une augmentation des températures, entraînant des conséquences graves pour les personnes et les biens.
Le GIEC souligne que le changement climatique est déjà en cours, avec des prévisions d'aggravation des phénomènes climatiques extrêmes. Le plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) 2018-2022 vise à proposer des actions pour mieux gérer ces impacts, tandis qu'une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a été mise en place pour anticiper les évolutions du littoral et faciliter l'adaptation des territoires.
Le document aborde la résilience des espaces littoraux en Occitanie, mettant en avant le rôle crucial des milieux naturels côtiers pour atténuer les effets des phénomènes naturels tels que l'érosion et la submersion marine. Avec 50 % des 230 km de côtes affectés par l'érosion, la région fait face à une forte pression d'urbanisation et de fréquentation, notamment dans les zones basses du Golfe du Lion. Les 55 communes littorales, représentant plus de 50 % de la population régionale, sont particulièrement vulnérables, et l'urbanisation a des conséquences néfastes sur la dynamique sédimentaire et la protection des côtes.
Stratégie de Gestion Intégrée
La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a été adaptée au niveau régional pour sensibiliser les collectivités aux enjeux liés à l'évolution du littoral. Ce guide vise à faire d'Occitanie un modèle de résilience écologique face au changement climatique, en prenant en compte l'érosion et en adaptant les usages. Les méthodes de protection traditionnelles, souvent inadaptées, ont conduit à une aggravation des problèmes d'érosion, soulignant la nécessité d'une approche plus durable et respectueuse de l'équilibre naturel des milieux côtiers.
La montée du niveau de la mer, qui a progressé de 3 mm par an depuis 20 ans, pourrait atteindre 10 mm par an, affectant particulièrement la côte basse de la Camargue jusqu’à la côte Vermeille. Pour anticiper les conséquences de cette élévation, le littoral méditerranéen français adopte une valeur pessimiste de 60 cm d’ici 2100 pour réglementer l'urbanisation future, afin de réduire la vulnérabilité des territoires face aux risques de submersion marine.
Les Risques Littoraux dans le Département de l'Hérault
Le littoral héraultais, représentant 10 % du territoire, est exposé à des tempêtes historiques ayant causé des catastrophes naturelles. Parmi les tempêtes notables, celles de 1982 et 1997 ont eu des impacts significatifs, avec des vents atteignant jusqu'à 180 km/h et des surcotes allant jusqu'à 1,70 m. Ces événements soulignent l'importance de surveiller et de gérer les risques côtiers, notamment à travers le réseau tempête qui mutualise les observations sur le littoral d'Occitanie.
Le document aborde la gestion des littoraux sableux, en mettant l'accent sur les enjeux liés à la protection contre la submersion marine et l'érosion. Il décrit l'utilisation de ganivelles pour stabiliser le sable et créer des dunes embryonnaires. Trois types de zones sont identifiés : les espaces non ou peu urbanisés, qui doivent être préservés pour éviter l'urbanisation et la vulnérabilité accrue ; les lidos, qui sont fragiles et nécessitent une protection ; et les espaces urbanisés, où il est crucial de limiter le développement pour ne pas aggraver les risques.
Les enjeux écologiques sont également soulignés, notamment la protection des sites classés « Natura 2000 » qui sont sensibles aux tempêtes et à l'érosion. Le document insiste sur l'importance des actions préventives, telles que l'amélioration des connaissances sur les risques, la réduction de la vulnérabilité des zones à risque, et la sensibilisation des populations. Des plans de submersion rapide ont été mis en place après la tempête Xynthia, mais ont été supprimés en 2018 avec l'instauration de la compétence GEMAPI.
Le document présente une nouvelle réglementation concernant les endiguements, visant à garantir le respect des critères techniques pour l'attribution du label de plan de submersion rapide. Ce plan repose sur quatre axes prioritaires : la maîtrise de l'urbanisation, l'amélioration des systèmes de surveillance et d'alerte, la fiabilité des ouvrages de protection, et le renforcement de la culture du risque. L'amélioration des connaissances sur les phénomènes et les risques est essentielle pour anticiper les submersions marines, en s'appuyant sur des données topographiques et marégraphiques, ainsi que sur des retours d'expérience.
Des études sur l'érosion du littoral ont été menées pour établir un schéma de gestion du stock sédimentaire, et des réseaux de mesures ont été mis en place pour suivre cette érosion. Bien que la prévision des submersions marines reste complexe, il est crucial de prendre en compte les enseignements des événements passés. Un AZI a été élaboré pour délimiter les zones affectées par la submersion marine, et une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte a été mise en place pour renforcer la résilience des espaces littoraux, en intégrant le rôle des milieux naturels côtiers dans l'aménagement du littoral.
Le document aborde la gestion des risques littoraux, en soulignant l'importance de préserver les espaces naturels pour dissiper l'énergie des vagues et protéger contre l'érosion. Il préconise le recul des infrastructures dans les zones déjà aménagées et propose un recul stratégique pour restaurer le caractère naturel des sites tout en préservant leur attrait touristique. La stratégie nationale pour la mer et le littoral, adoptée en 2017, vise à développer des territoires littoraux durables et résilients, avec une planification spatiale tenant compte des spécificités locales.
Urbanisation et prévention des risques
La maîtrise de l'urbanisation dans les zones exposées se fait par le biais de documents d'urbanisme intégrant les risques de submersion marine. Les Plans de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) permettent de stopper l'urbanisation dans les zones à aléas forts et d'adopter des mesures de mitigation dans les zones déjà urbanisées. Le zonage réglementaire est établi en fonction de l'aléa de référence, et la prise en compte du changement climatique influence la constructibilité selon le degré d'urbanisation des zones.
Le document traite des Plans de Prévention des Risques Littoraux (PPRL) qui visent à réduire la vulnérabilité des zones urbaines face aux aléas tels que la submersion marine et l'érosion. Il souligne l'importance d'interdire ou de limiter les constructions dans les zones à risque, notamment sur les lidos, et d'assurer que les nouveaux bâtiments soient adaptés aux impacts du changement climatique. Des prescriptions spécifiques sont établies pour protéger les biens et les personnes, notamment en ce qui concerne l'altitude des constructions et l'interdiction des sous-sols.
Vigilance et gestion des risques
Le document mentionne également la mise en place par Météo-France d'une vigilance « vague-submersion » pour anticiper les montées extrêmes du niveau de la mer et protéger les populations. Ce dispositif vise à améliorer la diffusion de l'information sur les risques, à établir un système d'avertissement à l'échelle départementale et à sensibiliser le public aux comportements à adopter en cas de danger. Les mesures incluent l'utilisation de codes couleur et de pictogrammes pour une meilleure compréhension des alertes.
Le document aborde les enjeux liés à la prévision et à la gestion des risques d'inondation sur le littoral méditerranéen, en soulignant l'importance de la Directive inondation adoptée en 2007. Cette directive vise à réduire les conséquences des inondations en intégrant divers acteurs et en établissant des stratégies locales de gestion des risques. Les délais de prévision pour les tempêtes marines sont longs, mais la gravité et la localisation des impacts restent difficiles à anticiper, mettant en danger les populations côtières.
Ouvrages et systèmes de protection
Dans le département de l'Hérault, des ouvrages de protection comme les épis et brise-lames sont essentiels pour la gestion du trait de côte, avec une stratégie régionale prévue jusqu'en 2050. Des solutions innovantes, telles que les boudins géotextiles, sont testées pour limiter l'érosion, bien que leur efficacité puisse être compromise par le changement climatique. Le document met également en avant les alertes de vigilance émises par Météo-France concernant les risques de submersion, en fournissant des conseils de comportement pour la sécurité des populations face à ces événements.
Le document fournit des recommandations de sécurité pour les habitants du bord de mer, les plaisanciers, les professionnels de la mer, ainsi que les baigneurs et promeneurs, en cas de risque d'inondation ou de conditions maritimes dangereuses. Il est conseillé de fermer portes et fenêtres, de protéger les biens, de prévoir des vivres et de surveiller la montée des eaux. Les plaisanciers et professionnels doivent éviter de prendre la mer et s'assurer que leurs embarcations sont correctement amarrées. Les activités nautiques et la baignade sont fortement déconseillées.
Dispositif POLMAR – Terre
Le dispositif « POLMAR – Terre » vise à définir les mesures départementales ORSEC pour lutter contre les pollutions marines affectant le littoral. Il permet d'identifier les responsabilités des autorités, de définir le schéma d'alerte et d'organiser la mobilisation des acteurs concernés. Bien que principalement adapté aux grandes pollutions par hydrocarbures, il peut également s'appliquer à des pollutions de moindre ampleur. La mer Méditerranée, avec ses 150 millions d'habitants et son rôle clé dans le transport maritime, est particulièrement concernée par ces enjeux.
La mer Méditerranée, représentant seulement 1 % de la surface des mers, est un axe majeur du trafic maritime mondial, concentrant 25 % du trafic global et 30 % du trafic pétrolier. Avec près de 2000 navires présents quotidiennement, sa vulnérabilité écologique est accentuée par un faible renouvellement de ses eaux, ce qui rend difficile l'élimination rapide des polluants. En 2018, plusieurs événements de pollution ont eu lieu, dont une collision majeure entre deux navires, affectant les côtes françaises. Le département de l'Hérault est particulièrement exposé à ces risques en raison de sa géographie et de l'activité portuaire.
Dispositif POLMAR – Terre
Le dispositif « POLMAR – Terre » vise à fournir une méthodologie et un cadre de référence pour la gestion des opérations de lutte contre la pollution marine, sous l'autorité des maires ou préfets. Bien que la réponse opérationnelle ne puisse pas être standardisée, son efficacité dépend d'une prise de décision rapide et d'une organisation bien définie. Les premières actions doivent être menées selon un schéma connu de tous les acteurs impliqués, afin d'optimiser la lutte contre la pollution. Des ressources et contacts sont disponibles pour les acteurs concernés, notamment via les sites des services de l'État et des préfectures.
Ce document présente les communes exposées au risque d'inondation par submersion marine, en les classant selon le nombre d'habitants en zone inondable. Les catégories vont de 1 à 50 habitants jusqu'à 5000-16526 habitants, illustrant ainsi l'ampleur de la menace sur différentes populations.
Il inclut également une référence à une image intitulée "Zone brûlée" © Laurent Mignaux / Terra, qui pourrait illustrer les conséquences des inondations. Le document s'appuie sur le Dossier Départemental sur les Risques Majeurs pour fournir des informations pertinentes sur ce sujet.
Risque : Submersion marine et érosion du littoral.
Consignes de sécurité :
- Rester informé : Suivre l'évolution de la situation via les médias.
- Circulation : Éviter de circuler près de la mer, que ce soit à pied ou en voiture. En cas de nécessité, circuler prudemment.
- Protection des biens : Fermer portes, fenêtres et volets en front de mer. Protéger les biens susceptibles d'être inondés.
- Préparation : Prévoir des vivres et du matériel de secours. Surveiller la montée des eaux et se tenir prêt à évacuer si nécessaire.
- Activités nautiques : Ne pas prendre la mer ni pratiquer d'activités nautiques. Vérifier l'amarrage des navires.
- Vigilance : Éloigner les personnes des bords de l'eau et des ouvrages exposés aux vagues.
- Évacuation : Être prêt à évacuer sur ordre des autorités.
Pour les professionnels de la mer : Éviter de sortir en mer et porter des équipements de sécurité si nécessaire.
Médias 31
Génération IA
Génère une description du risque à partir des données ingérées via l'IA.
Génère les gestes de prévention adaptés au risque via l'IA.