Feu de forêt - DDRM de l'Hérault (34)

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GÉNÉRALITÉS
Qu’est-ce qu’un feu de forêt ?......................................................................p.114
Comment se manifeste-t-il ?.......................................................................p.115
Les conséquences sur les personnes et les biens.....................................p.118
Le contexte en zone méditerranéenne........................................................p.118
LE RISQUE FEU DE FORÊT
DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
Les feux de forêt...........................................................................................p.119
L’historique des principaux feux de forêt.....................................................p.120
Les actions préventives................................................................................p.122
L’organisation des secours..........................................................................p.129
Les consignes individuelles de sécurité......................................................p.131
Pour en savoir plus............................................................................... p.132
Annexe cartographique des communes à risque.................................. p.133
LE RISQUE
FEU DE FORÊT
Avec plus de quinze millions d’hectares
de zones boisées, la France est régu-lièrement soumise à des incendies de
forêt, plus particulièrement en région
méditerranéenne et dans les Landes. Face
à ce constat, l’État mène une politique de
prévention active qui s’articule autour :
• de la surveillance, l’alerte
et la lutte contre les incendies ;
• de la gestion de la forêt mais aussi
de l’espace entre la forêt et les
habitations (interface habitat-forêt) ;
• de la connaissance des incendies
et de leurs causes
• et de l’information du public
et des usagers de la forêt.
Le risque majeur d’incendie de forêt résulte
du croisement entre l’aléa feu de forêt et
l’enjeu humain. Si les personnes et les
biens représentent l’enjeu humain, l’aléa
feu de forêt peut être assimilé à la puissance
potentielle (ou intensité) de l’incendie qui
atteint cet enjeu.
Il est à noter que lorsque l’enjeu est
forestier, ce risque d’incendie de forêt,
différent du risque majeur d’incendie de
forêt mais soumis au même aléa, est traité
par ailleurs dans le cadre de la défense des
forêts contre l’incendie (DFCI).
On définit l’incendie de forêt comme un
incendie qui atteint bois, forêts, landes,
garrigues, maquis et reboisements dont la
surface, d’un seul tenant, est supérieure à
1 hectare.
GÉNÉRALITÉS
Qu’est-ce qu’un feu de forêt ?
Comment se manifeste-t-il ?
LES MODES DE PROPAGATION
Lorsqu’un feu éclate, il n’est pas
nécessairement dangereux, car son
impact va dépendre de son intensité et de
sa surface d’extension. La propagation de
l’incendie va être le plus souvent déterminée
par des facteurs naturels (vent, sécheresse,
végétation), mais des facteurs anthropiques
peuvent également intervenir.
Le feu utilise les herbes sèches pour se
propager aux arbustes et buissons, puis
aux branches basses des arbres qui elles-mêmes, propagent le feu aux arbres.
Le feu ne pourra se maintenir en cime que
s’il est alimenté par la combustion des
strates herbacées et arbustives.
• Les feux de sol brûlent la matière
organique contenue dans la litière,
l’humus ou les tourbières. Alimentés
par incandescence avec combustion,
leur vitesse de propagation est faible.
Bien que peu virulents, ils peuvent être
très destructeurs en s’attaquant aux
systèmes racinaires souterrains des
végétaux. Ils peuvent également couver
en profondeur ce qui rend plus difficile
leur extinction complète.
• Les feux de surface brûlent les strates
basses de la végétation, c’est-à-dire la
partie supérieure de la litière, la strate
herbacée et les ligneux bas. Ils se
propagent en général par rayonnement
et affectent la garrigue, le maquis,
les landes ou les peuplements forestiers
clairsemés. Leur propagation peut être
rapide lorsqu’ils se développent librement
et que les conditions de vent ou de relief
et de sécheresse y sont favorables.
• Les feux de cimes (ou feu total) brûlent
jusqu’à la partie supérieure des arbres
(ligneux hauts) et forment une couronne
de feu. Ils libèrent en général de grandes
quantités d’énergie et leur vitesse
de propagation peut être très élevée.
Ils sont d’autant plus intenses
et difficiles à contrôler que le vent
est fort et la végétation sèche.
© Laurent Mignaux / Terra
Les feux de sol Les feux de surface Les feux de cimes
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 115
Trois éléments se combinent pour qu’un
incendie puisse se développer.
• Un combustible (végétation arbustive ou
zone boisée). Le risque est également lié
à l’état de la forêt (sécheresse, entretien)
et à la nature des essences végétales
(les pins figurant parmi les essences
forestières les plus sensibles).
• Un comburant : l’oxygène de l’air.
Le vent active la combustion, accélère
la propagation en desséchant les
végétaux à l’avant des flammes.
Une faible teneur en humidité de
l’air constitue un facteur aggravant
dans l’éclosion et la propagation
de l’incendie.
• Une source de chaleur : flamme,
étincelle, objet incandescent…
FACTEURS PRÉDISPOSANTS OU AGGRAVANTS
 
• Naturels
Des vents forts (Tramontane, Mistral…) à
grand pouvoir desséchant et de propagation,
la sécheresse estivale (risque restant
cependant non négligeable à d’autres
périodes notamment en hiver et début
de printemps), une végétation fortement
inflammable et combustible favorisant des
sautes de feu.
• Topographiques
Un relief prononcé associé à des massifs
forestiers souvent non isolés les uns des
autres facilitent la propagation du feu.
• D’origine humaine
Une urbanisation dynamique au détriment
des espaces naturels, agricoles et
forestiers, des zones habitées de plus en
plus nombreuses au contact direct de
l’espace naturel, le débroussaillement
réglementaire insuffisamment mis en
œuvre malgré une politique volontariste
de l’État sur le sujet, l’enfrichement de
parcelles anciennement cultivées consécutif
à la déprise agricole créant des continuités
végétales entre les massifs, l’évolution des
pratiques culturales - passage de vignes
en céréales. Ces facteurs accroissent
la surface de contact entre les espaces
naturels combustibles et les habitations,
et augmentent simultanément les risques
d’incendie. Les zones agricoles autrefois peu
ou pas combustibles participent aujourd’hui
pour partie à la propagation d’incendies sur
de grandes surfaces y compris au sein des
zones agricoles. Les feux de végétation hors
zone forestière prennent de plus en plus
d’ampleur.
• L’augmentation de la population en
période estivale avec une intensification du
transit est aussi un facteur aggravant.
Ainsi en 2019, on enregistre dans le
département de l’Hérault 203 feux de
forêt (1217 hectares parcourus dont
237 hectares sur l’incendie de Loupian le
8 septembre 2019) et 1 086 feux de l’espace
rural et péri-urbain (ou feux de végétation)
(source Prométhée).
DANS
L’HÉRAULT,
EN 2019,
ON ENREGISTRE
203 FEUX DE
FORÊT ET 1086
FEUX EN ZONE
PÉRI-URBAINE
116 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
Le site du ministère de la Transition
écologique :
www.ecologique-solidaire.gouv.fr/
adaptation-france-au-changement-climatique#e2
Pour en savoir
L’IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LES INCENDIES DE FORÊT
Hausse des températures, périodes de
canicule plus fréquentes, sécheresses plus
sévères sont attendues d’ici la fin du XXIe
siècle.
Les rapports d’expertise publiés après les
épisodes tempétueux de 1999 et 2009, ceux
produits après l’épisode de sécheresse
de 2003, le rapport interministériel sur
l’extension des risques d’incendie publié
en 2010... illustrent bien les impacts de ces
perturbations dans l’avenir, notamment
concernant les incendies de forêt.
Ces phénomènes vont provoquer une
aggravation du danger météorologique
d’incendie de forêt ou de la sensibilité au
feu de la végétation, et une extension des
zones sensibles aux incendies.
Le PNACC, conformément à la loi
sur la programmation du Grenelle de
l’environnement, a pour objectif de
présenter des mesures concrètes,
opérationnelles pour préparer, la France
à faire face et à tirer parti de nouvelles
conditions climatiques.
Le premier PNACC établi sur la période
2011 à 2015 a donné lieu à un bilan en vue
de renforcer la stratégie de la France dans
la nouvelle version de ce plan (PNACC 2). Il
convient également d’actualiser la politique
française d’adaptation en cohérence avec
l’Accord de Paris. En lançant les travaux de
son deuxième PNACC, la France vise une
adaptation effective dès le milieu du XXIe
 
siècle à un climat régional en métropole
et dans les outre-mer cohérent avec une
hausse de température de +1,5 à 2 °C au
niveau mondial par rapport au XIXe
 siècle.
LE CHANGEMENT
CLIMATIQUE VA
PROVOQUER
UNE AGGRAVATION
DU RISQUE
FEUX DE FORÊT
ET UNE EXTENSION
DES ZONES
SENSIBLES
AUX INCENDIES
Zone brûlée à Loupian (2019) © DDTM 34
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 117
Les incendies de forêt sont très coûteux en
termes d’impacts humain, économique,
matériel et environnemental. Ils peuvent faire
des victimes parmi les sapeurs-pompiers (en
2016 sur le feu de Roquessels) et les civils.
La disparition de la couverture végétale
aggrave les phénomènes d’érosion et le
ruissellement des eaux superficielles. Le
passage répété des feux contribue également
à la destruction des sols forestiers et de
la biodiversité forestière et à la disparition
durable de puits de carbone.
La destruction des paysages suite au
passage des flammes a une grande
répercussion au sein de la population
locale. Les incendies répétitifs détruisent de
façon quasiment irréversible le patrimoine
forestier (incendies répétitifs sur le causse
d’Aumelas, sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel et de Guzargues…
conduisant à un stade de garrigue basse à
chêne kermès avec phénomène d’évolution
régressive de la dynamique de végétation –
sols squelettiques).
Dans les départements méditerranéens
littoraux de Corse, Provence-Alpes-Côte
d’Azur et Occitanie les plus gravement
exposés, la prévention des incendies de
forêt constitue un enjeu majeur pour
l’aménagement du territoire.
En France, 5 966 communes sont exposées
à un risque de feux de forêts, soit une
commune sur six. Les trois quarts d’entre
elles sont situées dans la moitié Sud de la
France.
L’année 2003, en France, restera dans
les mémoires comme l’une des plus
dramatiques sur le plan des incendies de
forêt. Le bilan humain est très lourd : 10
morts, dont 4 pompiers, plusieurs centaines
de pompiers blessés, de nombreuses
constructions et installations détruites.
Plus de 73 000 ha de formations forestières
et sub-forestières ont été parcourues par le
feu en France métropolitaine, dont près de
62 000 ha pour la seule zone méditerra-néenne. Ce bilan national est voisin de celui
des années les plus difficiles (1976, 1989 et
1990). Pour la zone méditerranéenne c’est le
plus important enregistré depuis 1973, date
depuis laquelle les statistiques feux de forêt
sont enregistrées dans la base de données
« Prométhée ». Depuis 2004, on dénombre
en moyenne chaque année en zone
méditerranéenne une surface parcourue de
7 656 ha et 1 750 incendies.
Même si la surface moyenne parcourue a
tendance à diminuer depuis le début des
années 1990, la probabilité de grands feux
voire de très grands feux catastrophiques
augmente notamment en raison de
l’augmentation des surfaces combustibles,
d’un accroissement important de la
biomasse combustible et d’une sécheresse
plus prononcée. Malgré l’efficacité des
dispositifs de prévention et de lutte mis en
œuvre, notamment la rapidité d’intervention
sur feu naissant, les bilans en termes
de surface se réalisent seulement sur
quelques journées.
Les consé-quences sur
les personnes
et les biens
DONNÉES SUR LES INCENDIES DE FORÊT SUR LA PÉRIODE 2000-2018
DANS LES DÉPARTEMENTS MÉDITTERRANÉENS DE LA RÉGION OCCITANIE
(issues de la base de données Prométhée)
Département Nombre d’incendies
de forêt
Nombre moyen
d’incendies de forêt
par an
Surface totale
parcourue (en ha)
Surface annuelle
moyenne parcourue
(en ha)
Aude 2 426 128 10 999 579
Gard 1 185 62 3 997 210
Hérault 3 172 167 15 284 804
Lozère 1 186 62 5 925 312
Pyrénées-Orientales 1 727 91 10 956 577
Total Région ex-LR 9 696 510 47 163 2 482
Le contexte en zone
méditerranéenne
118 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
LE RISQUE FEU DE FORÊT
DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
Les feux de forêt
L’Hérault est un département présentant un
taux de boisement élevé (47,7 % de la superficie
du département). La surface forestière a
doublé depuis 1974 (22,2 % de boisement),
elle représente sur le département environ
297 000 ha (source BD Forêt V2 de l’IGN, 2017).
Les espaces naturels combustibles (forêts
et landes) exposés aux incendies de forêt
représentent une surface de 350 086 ha, soit
56,2 % de la superficie du département.
Le code forestier classe les massifs forestiers
particulièrement exposés aux incendies.
Toutes les communes du département sont
concernées par ce risque.
Le Plan Départemental de Protection des Forêts
contre les Incendies (PDPFCI) de l’Hérault,
document établi en 2013 pour une durée de
10 ans (2013-2022) et approuvé par le préfet,
fixe la politique départementale de la DFCI et
notamment les actions à mettre en œuvre par
l’ensemble des partenaires impliqués dans la
prévention des incendies (Préfecture, DDTM,
SDIS, Conseil départemental, office national
des forêts (ONF), ADCCFF…)).
Dans l’Hérault, 95 % des départs d’incendies
sont d’origine anthropique et 5 % ont une
cause naturelle (la foudre). C’est en cela que le
risque incendie de forêt se différencie des autres
risques « naturels ». Les causes involontaires
(entre 40 et 60 % des causes connues selon les
années) sont à l’origine de nombreux départs
d’incendie. Ces départs sont souvent dus aux
imprudences liées à l’emploi du feu (brûlage,
barbecue, mégots de cigarettes), aux travaux,
aux installations…
Il est important de noter que 40 à 45 % des
incendies sont d’origine volontaire (conflits,
malveillance, pyromanie...), incendies sur
lesquels la politique de prévention est
inopérante.
Un travail important sur la recherche des
causes et des circonstances des incendies
de forêt et de végétation a été initié dans
le département de l’Hérault depuis 2009.
Ce travail permet de disposer depuis 2010
d’un taux de connaissance de 90 % des causes
des incendies de forêt. Il permet d’apporter
des informations intéressantes à la justice
sur les incendies d’origine malveillante et
de permettre ainsi à un plus grand nombre
d’enquêtes d’aboutir.
*Outre les surfaces forestières, les surfaces
exposées aux incendies de forêt comprennent
les surfaces en landes.
EVOLUTION DES SURFACES FORESTIÈRE ET DE LANDES DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
SUR LA PÉRIODE 1878 – 2017 (données IFN puis IGN)
Surface du département (en ha) 622 500
Année / Période Surface forêt Taux couvert forêt Surface exposée aux
incendies de forêt (IF)
Taux couvert
surf exp. IF
Enquête 1878 85 967 13 %
Enquête Daubrée 1904-1908 84 714 13 %
Cadastre 1938 100 527 16 %
Cadastre 1948 117 307 18 %
1974 (1er passage IFN) 138 484 22 % 316 388 50 %
1983 (2nd passage IFN) 162 284 26 % 329 203 52 %
1996 (3e
 passage IFN) 203 202 32 % 321 493 51 %
Période 2009-2013 (IGN) 264 000 42 % 330 000 53 %
2017 (IGN) 296 945 47 % 350 086 56 %
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 119
0
1 000
1974197519761977197819791980198119821983198419851986198719881989199019911992199319941995199619971998199920002001200220032004200520062007200820092010201120122013201420152016201720182019
2 000
3 000
4 000
0
400
Nombre de feux
Superficie brulée (hectares)
Évolution des surfaces brûlées et du nombre de feux de 1974 à 2019
350
300
250
200
150
100
50
5 000
6 000
7 000
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1 000
19731975197719791981198319851987198919911993199519971999200120032005200720092011201320152017
2 000
3 000
4 000
0
400
Nombre de feux
Superficie brulée (hectares)
Évolution des surfaces brulées et du nombre de feux de 1973 à 2018
350
300
250
200
150
100
50
5 000
6 000
7 000
8 000
9 000
10 000
Des incendies de forêt se déclarent
chaque année.
De 1973 à 2019, les superficies brûlées
s’élèvent à plus de 44 669 ha au total
pour 6 903 départs de feu.
PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DANS L’HÉRAULT ENTRE 1973 ET 2000
Date Superficies brulées Commune
3 août 1973 1 000 ha Cournonsec
7 août 1973 1 000 ha Montbazin
14 août 1973 720 ha Minerve
12 septembre 1973 1 200 ha Aumelas
28 juillet 1984 700 ha Montpeyroux
27 juillet 1989 1 835 ha Saint-Bauzille de Montmel
DONNÉES MOYENNES SUR LES INCENDIES DE FORÊT
SUR LA PÉRIODE 2000-2018 ET ANNÉE 2019 (source : Prométhée)
Période de
référence
Nombre annuel moyen
d’incendie de forêt
Surface annuelle moyenne
parcourue (en ha)
2000-2018 167 804
2019 203 1 217
PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DANS L’HÉRAULT DEPUIS 2000
Date Superficies brulées Commune
8 septembre 2001 192 ha Oupia
24 juillet 2002 147 ha Villeveyrac
3 juillet 2003 149 ha Aumelas
8 juillet 2003 177 ha Causses et Veyran
9 juillet 2003 145 ha Florensac
1er août 2006 430 ha Vendémian
5 août 2006 159 ha Nissan les Ensérune
2 octobre 2009 1 190 ha Vendémian
30 août 2010 407 ha
2 544 ha
Villeveyrac
Fontanès
22 juillet 2012 185 ha Nissan les Ensérune
10 août 2016 196 ha Roquessels
9 août 2017 197 ha Saint-Pons de Mauchiens
6 septembre 2017 157 ha Combaillaux
15 juillet 2019 168 ha Galargues
14 août 2019 171 ha Quarante
6 septembre 2019 140 ha Saint-Jean de la Blaquière
8 septembre 2019 237 ha Loupian
À titre comparatif : 1 ha correspond à la surface de deux terrains de football.
L’historique des principaux feux de forêts
120 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
CARACTÉRISTIQUES DE DEUX FEUX MAJEURS
 
Le 30 août 2010, le département de l’Hérault,
a connu des incendies de forêts exceptionnels
de par leur développement :
• 2 544 ha parcourus par l’incendie
de Fontanès ;
• 407 ha parcourus par l’incendie
de Villeveyrac ;
• de nombreuses constructions
touchées ou menacées ;
• 2 500 personnes évacuées.
L’incendie de Fontanès a touché 8 communes
et plus particulièrement les communes de
Saint-Bauzille-de-Montmel et de Guzargues
dont les populations ont été en partie
évacuées. Il s’agit du plus grand feu de forêt
enregistré dans le département de l’Hérault
depuis la création en 1973 de la base de
données Prométhée, certainement le plus
important depuis plus de 50 ans.
Le bilan 2010 des incendies de forêt
de l’Hérault peut être donc qualifié
d’exceptionnel, il représente 50 % du bilan
en terme de surface brûlée en région
méditerranéenne française pour cette année.
En comparaison, le 27 juillet 1989, le grand
incendie de Guzargues avait parcouru
1 835 ha sur quasiment les mêmes territoires.
Le risque de très grand feu existe bel et bien
dans le département de l’Hérault.
Le 10 août 2016, dans l’Hérault, plusieurs
incendies dont 2 majeurs, attisés par
des vents violents, ont parcouru 196 ha à
Roquessels-Gabian et 29 ha à Saint-Pons-de-Mauchiens.
L’incendie de Roquessels a mobilisé
234 véhicules et 563 sapeurs-pompiers.
On déplore 1 décès et 3 sapeurs-pompiers
grièvement brûlés lors de cette intervention.
QUELS SONT LES ENJEUX EXPOSÉS ?
 
Le risque est fort à très fort dans les zones na-turelles boisées accueillant des bâtiments et
des habitations sous forme d’urbanisation dif-fuse (mitage), ainsi que dans les zones urbaines
situées à proximité des massifs forestiers.
L’interface habitat-forêt est la zone de contact
entre l’espace naturel exposé aux incendies
de forêt et la zone urbanisée. La densité
des constructions influence fortement la
surface d’interface exposée au risque majeur
d’incendie de forêt, l’habitat groupé étant
moins vulnérable au feu.
En matière d’intervention, l’habitat diffus ou
isolé sera un gros consommateur de moyens
de protection au détriment de la lutte contre
l’incendie de forêt lui-même. La protection
des personnes et des biens (les enjeux
humains) est en effet l’objectif premier des
services d’incendie et de secours.
Plusieurs bassins de risque ont été réperto-riés et déterminés.
• Le principal bassin de risque se situe au
nord de Montpellier et correspond à un
couloir de feu déjà identifié et fortement
urbanisé.
Actuellement, chaque commune de ce
bassin de risque n° 1 dispose d’un plan de
prévention des risques d’incendies de forêt
(PPRIF), approuvé par arrêté préfectoral
le 21 mars 2005. Il s’agit des communes
d’Assas, Clapiers, Montferrier-sur-Lez,
Prades-le-Lez, Saint-Mathieu-de-Tréviers,
Saint-Vincent-de-Barbeyrargues et le
Triadou.
Deux autres bassins de risque ont ensuite été
identifiés et les communes concernées ont
fait l’objet d’un PPRIF approuvé en 2008 :
• le bassin de risque n° 2 regroupe les
communes de Combaillaux, Grabels,
Les Matelles, Saint-Clément-de-Rivière
et de Saint-Gély-du-Fesc ;
• le bassin de risque n° 3 regroupe les
communes de Juvignac, Montpellier,
Murviel-lès-Montpellier, Pignan
et Saint-Georges-d’Orques.
LE FEU
DU 30 AOÛT 2010
QUI A TOUCHÉ
8 COMMUNES ET
PARCOURU 2500
HECTARES EST
LE FEU DE FORÊT
LE PLUS IMPORTANT
QU’AIT CONNU
L’HÉRAULT CES 50
DERNIÈRES ANNÉES
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 121
Le site des services de l’État
dans le département de l’Hérault :
www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/
Prevention-des-forets-contre-les-incendies/Signature-de-la-convention-relative-a-la-creation-de-la-cellule-technique-departementale-de-recherche-des-causes-des-incendies-de-forets-CTRC34
Pour en savoir
LA CONNAISSANCE DES PHÉNOMÈNES
 
Afin d’améliorer les connaissances sur
les incendies, plusieurs dispositions sont
mises en œuvre, notamment :
• la cartographie systématique de tous
les points d’éclosion et des contours
des incendies de forêt ;
• la cellule technique départementale de
recherche des causes des incendies de
forêt de l’Hérault (CTRCA 34) créée en
2009 qui a un double objectif : améliorer
le niveau de connaissance des causes
des incendies de forêt, dans un but de
prévention des feux, et rechercher des
preuves matérielles sur les causes des
départs de feux en vue d’éventuelles
poursuites judiciaires
des auteurs ;
• la réalisation de retours d’expérience
sur les grands incendies pour mieux
connaître leur développement et leur
impact sur les biens ;
• l’amélioration des connaissances
des aléas dans le cadre du PDPFCI.
La carte d’aléas départementale est en cours
d’actualisation : elle fera l’objet d’un porter
à connaissance, associé à des mesures
de prévention traduisant les principes
nationaux de maîtrise de l’urbanisation en
zone d’aléa feu de forêt (note du ministère
de l’écologie et du ministère du logement du
29 juillet 2015).
Afin d’améliorer la connaissance des
phénomènes la base de données Prométhée,
spécifique aux incendies de forêts dans
la zone méditerranéenne française, est
alimentée régulièrement et de façon
exhaustive concernant le département
de l’Hérault. Dans chaque département,
elle est alimentée par les services qui
concourent à la prévention et la lutte
(SDIS, DDTM, ONF, gendarmerie, police).
L’objectif est de disposer d’un outil statis-tique fiable permettant des comparaisons
spatiales, temporelles et une meilleure
connaissance des causes. La préfecture de
la zone Sud – délégation à la protection de la
forêt méditerranéenne (DPFM) en assure le
pilotage en liaison étroite avec le ministère
l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture et
de l’Alimentation.
L’objectif de la stratégie de l’État est de
diminuer les départs de feu et de limiter
les surfaces brûlées, stratégie identifiée
et décrite dans le PDPFCI. Toutefois, le
PDPFCI est principalement centré sur la
protection des forêts contre les incendies.
La prévention du risque pour les biens
et les personnes relève notamment
des politiques d’aménagement et
d’urbanisme, mises en œuvre à travers
plusieurs dispositifs tels que les décisions
et documents d’urbanisme, les plans de
prévention des risques d’incendie de forêt
(PPRIF).
Les actions préventives
Ouvrier sylvicole lors de son travail de débroussaillage
© Arnaud Bouissou / Terra
LA BASE PROMÉTHÉE
PERMET LE
RECENSEMENT
DE TOUS LES
INCENDIES DE
FORÊTS DE LA ZONE
MÉDITERRANÉENNE
122 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
LES TRAVAUX DE PRÉVENTION
 
Parmi les mesures prises ou à prendre pour réduire l’aléa feu de forêt ou la vulnérabilité
des enjeux on peut citer les suivantes.
Les mesures collectives
Le Plan départemental de protection
des forêts contre les incendies (PDPFCI) :
Le code forestier (article L.133-2) prévoit
l’établissement d’un PDPFCI dans les
départements particulière-ment exposés au
risque d’incendie de forêt.
Son objectif est de réduire le nombre de
départs de feux et les superficies brûlées
et de prévenir leurs conséquences sur les
personnes, les biens, les activités et les milieux
naturels. Ce plan, arrêté par le préfet pour une
durée maximale de 10 ans, inclut un affichage
du risque (carte des aléas, analyse statistique
des incendies, zones prioritaires pour les Plans
de prévention des risques incendies de forêts).
Il est complété par un découpage du territoire
par massifs forestiers avec une analyse
stratégique par massif, notamment des
équipements de défense des forêts contre les
incendies – DFCI – (pistes, points d’eau, tour
de guet). Il intègre également des mesures
de prévention telles que le brûlage dirigé ou le
débroussaillement le long des voies ouvertes à
la circulation publique.
Le plan départemental actuel a été approuvé
en juin 2013 et court jusqu’en 2022 suite à sa
prorogation de 3 ans par arrêté du 25 mars
2019. Le renouvellement du PDPFCI est prévu
en 2022.
L’aménagement des zones forestières :
La DDTM est chargée de mettre en œuvre les
actions de prévention contre les incendies de
forêt. Elle le fait en concertation permanente avec
l’ensemble des partenaires concernés : collec-tivités (Conseil départemental, Communautés
de communes, Métropole de Montpellier),
État, établissements publics forestiers (ONF et
centre national de la propriété forestière) et le
service départemental d’incendie et de secours
(SDIS), ainsi qu’avec les représentants des
comités communaux « feux de forêt » et de la
chambre d’agriculture.
Cette réflexion collective permet de mettre
en place dans le département une politique
cohérente et concertée de prévention des
incendies de forêt. Ces différents partenaires
se retrouvent dans différents groupes de travail
thématiques, des réunions de programmation
des crédits DFCI et des sous-commissions de
sécurité feu de forêt.
Équipements DFCI dans l’Hérault :
Les aménagements ont vocation à améliorer
la protection des massifs forestiers contre
les incendies. On dénombre en 2020 environ
2  200  km de voiries DFCI (pistes et voies
publiques) 2 500 ha débroussaillés de part et
d’autre de ces voiries, 350 citernes réparties
dans les massifs forestiers. La maîtrise
d’ouvrage de ces aménagements est assurée
par le Conseil départemental et l’ONF.
LA SURVEILLANCE ET LA PRÉVISION DES PHÉNOMÈNES
 
En période estivale où le risque d’incendie
est maximal, les massifs forestiers les plus
sensibles de la partie basse du département
sont constamment surveillés  : Conseil
départemental, DDTM, ONF, SDIS, office
français de la biodiversité (OFB), CCFF
(comités communaux feux de forêt). La
surveillance est assurée par un réseau de
tours de guet (équipées progressivement de
caméras de levé de doute et de patrouilles
de surveillance, d’alerte et de première
intervention armées pour attaquer les départs
de feux (forestiers sapeurs du CD, agents
de protection de la forêt méditerranéenne
(APFM) de l’ONF et pompiers du SDIS).
Le Conseil départemental est fortement
impliqué en matière de surveillance.
Pendant la même période, Météo-France
établit deux fois par jour pour chacune
des 8 zones météo du département une
prévision du danger météorologique qui
intègre à la fois les prévisions météo et l’état
de sécheresse de la végétation et des sols.
Ces prévisions sont diffusées aux services de
prévention et de lutte contre les incendies de
forêt. Les dispositifs de surveillance et de lutte
sont adaptés au jour le jour en fonction de cette
prévision.
800 bénévoles sont aussi présents au travers
des 37 CCFF dont certains sont constitués
en réserves communales de sécurité civile
(RCSC). Ils assurent, sous l’autorité des
maires, diverses missions relevant de
la prévention et de la sensibilisation aux
dangers des incendies de forêt, notamment
la surveillance des massifs par des missions
de patrouilles, de guidage des pompiers et
d’assistance logistique à la gestion de crise
sur le territoire communal.
Citerne d’eau contre les incendies © Laurent Mignaux / Terra
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 123
LES TRAVAUX DE PRÉVENTION (SUITE)
Les mesures individuelles
Elles sont précisées par les deux arrêtés
préfectoraux ci-dessous et s’appliquent
dans les zones exposées aux incendies de
forêt et à moins de 200 mètres de celles-ci
(soit sur plus de 56 % de la superficie du
département) : • débroussaillement légal autour des
habitations ;
• emploi du feu dans les massifs forestiers.
Un arrêté préfectoral devrait réglementer
prochainement les travaux susceptibles de
générer des départs de feu l’été en fonction
du niveau de vigilance incendie de forêt.
Les obligations légales de
débroussaillement (OLD) :
L’arrêté préfectoral du 11 mars 2013
fixe et précise les règles concernant le
débroussaillement obligatoire qui incombe
au propriétaire ou ayant droit et s’applique
notamment : • aux abords de constructions, chantiers,
travaux ou installations sur une largeur
de 50 mètres (selon un principe du droit
des assurances, tout propriétaire est tenu
d’assurer la protection de ses biens), et
de 5 mètres de part et d’autre des voies
privées y donnant accès ;
• sur les terrains, bâtis ou non, situés en zone
urbaine délimitée par un PLU approuvé ;
• dans les ZAC, les secteurs de lotissement
ou d’association foncière urbaine ;
• dans les campings et les caravanings ; • dans les terrains situés dans les zones
soumises aux prescriptions d’un Plan
de Protection des Risques Naturels
incendies de forêt.
La distance de débroussaillement peut
être portée par le maire à 100 mètres
autour des constructions dans les zones
les plus exposées. Plusieurs communes
(Vacquières, Saint-Bauzille-de-Montmel,
Saint-Gély-du-Fesc…) ont pris des
arrêtés municipaux sur les parties de leur
territoire communal à risque très élevé
pour améliorer la protection passive des
constructions en cas d’incendie de forêt.
Il convient de se renseigner auprès de sa
mairie pour connaître ses obligations.
L’emploi du feu (arrêté préfectoral
du 25 avril 2002) :
Il est interdit d’apporter du feu, de fumer
et de jeter des mégots de cigarette dans
les espaces sensibles et sur les voies qui
les traversent sous peine de sanctions.
Les contrevenants encourent les sanctions
prévues au Code forestier (135 € d’amende
forfaitaire dans la majorité des cas). Les
auteurs d’incendie sont passibles de peines
d’emprisonnement et d’amendes prévues
par le Code forestier et le Code pénal. Il
en va de même en cas de non-respect des
dispositions contenues dans l’arrêté relatif
au débroussaillement.
Zone brûlée à Loupian (2019) © DDTM 34
124 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
Le site des services de l’État
dans le département de l’Hérault :
www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/
Prevention-des-forets-contre-les-incendies/Plan-departemental-de-protection-des-forets-contre-les-incendies-2013-2019
Pour en savoir +
Au niveau réglementaire, un arrêté préfec-toral fixe, pour l’Hérault, une période rouge
(interdiction absolue de brûler) du 16 juin au
30 septembre ainsi que toute l’année lorsque
le vent en rafales est supérieur à 40 km/h,
et deux périodes soumises à déclaration
(15 avril au 15 juin et 1er octobre au 15 octobre).
En cas de conditions météorologiques
exceptionnelles, des interdictions de brûler
peuvent être édictées au-delà de la période
rouge du 15 juin au 30 septembre.
La période verte couvre le reste de l’année,
où seuls sont tolérés les usages du feu admis
par dérogation au principe d’interdiction
générale précisée par l’article 84 du
règlement sanitaire départemental (RSD).
Les travaux susceptibles de générer
des départs de feux :
Afin de limiter les départs de feux accidentels
dus à des travaux, une réflexion est en
cours pour réglementer l’été en fonction
du niveau de vigilance incendie de forêt
l’usage de tout appareil ou matériel pouvant
être à l’origine d’un départ de feu par
échauffement, flamme nue ou production
d’étincelles. Seront notamment concernés
les travaux mécaniques agricoles, les
travaux mécaniques de terrassement, les
travaux mécaniques forestiers et les travaux
d’entretien des espaces verts, espaces
naturels et bords de voirie, les travaux en
extérieur nécessitant l’usage de matériels
de découpe, de soudure et d’abrasion.
L’accès aux massifs :
Contrairement aux départements côtiers
méditerranéens de PACA, l’accès aux
massifs forestiers n’est pas réglementé
dans l’Hérault à l’exception des massifs
forestiers situés au nord de la commune
de Montpellier (bois de Montmaur et parc
zoologique du Lunaret). Il est toutefois
recommandé de ne pas s’aventurer en forêt
à partir du niveau de risque météorologique
sévère à très sévère. Depuis 2020, une
communication sur le sujet est réalisée
sur le site internet des services de l’État
avec la mise en ligne du niveau de danger
météorologique et des recommandations
associées notamment en terme de
fréquentation des massifs forestiers. En
parallèle, une réflexion sera engagée
dès la fin de la saison estivale 2020 pour
réglementer à compter de l’été 2021 l’accès
aux massifs forestiers les plus à risque
du département en fonction du niveau de
vigilance incendie de forêt.
Brûlage Hérault (2019) © DDTM 34
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 125
LA PRISE EN COMPTE DU RISQUE DANS L’AMÉNAGEMENT
 
Afin de limiter les éventuels dommages, il est nécessaire de maîtriser l’aménagement du territoire, en évitant d’augmenter les risques dans les zones sensibles et en diminuant la
vulnérabilité des zones déjà urbanisées : proscrire les constructions isolées et les zones d’urbanisation diffuse en forêt (mitage) ; aménager des accès aux moyens de lutte et d’évacuation
des personnes : chemin d’accès débroussaillé d’une largeur suffisante, zones de croisement, aire(s) de retournement, poteaux ou citernes incendie.
L’urbanisation peut être réglementée par trois documents.
Le schéma de cohérence territoriale
(SCOT)
L’article L101-2 du code de l’urbanisme
impose aux SCOT de prendre en compte
la prévention des risques dans leur
élaboration.
C’est à l’échelle élargie du massif forestier
et du bassin de vie (échelle intercommunale)
qu’il est pertinent d’avoir une analyse
globale pour conjuguer le projet de territoire
et la prévention du risque feu de forêt.
Le SCOT doit ainsi identifier et définir les
zones à risque incendie de forêt et proscrire
les aménagements futurs dans les zones
les plus exposées.
Le plan de prévention des risques
incendie de forêt
Le PPRIF, établi par l’État en concertation
avec les collectivités locales, a pour objet
la maîtrise de l’urbanisation dans les
zones exposées à l’aléa. Il définit des zones
d’interdiction et des zones de prescription
(constructibles sous conditions). Il peut
imposer d’agir sur le bâti existant pour
réduire la vulnérabilité des biens.
Le PPRIF délimite les zones concernées
par l’aléa et y prescrit des mesures de
prévention visant à ne pas augmenter les
enjeux dans les zones les plus exposées
et à réduire la vulnérabilité des personnes,
des biens et des activités déjà implantés
en zone de risque. C’est le document de
référence pour la prise en compte de ce
risque naturel dans l’aménagement du
territoire. Le PPRIF approuvé vaut servitude
d’utilité publique et doit être annexé au PLU.
Le PPRIF comprend un rapport de présen-tation qui précise l’analyse des risques,
le zonage réglementaire (croisement des
aléas et enjeux) et le règlement appli-cable à chacune des zones (autorisation ou
interdiction d’aménagement, prescriptions
particulières pour certaines constructions,
point d’eau, voiries, mesures constructives…).
17 communes du département, correspon-dant aux bassins de risques les plus expo-sés (voir précédemment) et subissant une
forte pression d’urbanisation en périphé-rie de l’agglomération de Montpellier, sont
concernées par un PPRIF approuvé depuis
2005 et 2008.
Les documents d’urbanisme communaux
Le code de l’urbanisme impose la prise en
compte des risques dans les documents
d’urbanisme. Ainsi, les PLU doivent
réglementer les zones exposées afin
de refuser les projets d’aménagement
nouveaux et les constructions vulnérables
dans les zones les plus exposées, ou les
accepter sous certaines conditions.
Pour les communes non couvertes par un
PPRIF, un porter à connaissance (PAC)
est réalisé par les services de l’État, qui
apporte des éléments de connaissance sur
l’exposition de la commune à l’aléa et les
principes de prévention à mettre en œuvre.
On rappelle que la carte d’aléas
départementale, en cours d’actualisation,
fera l’objet d’un porter à connaissance,
associé à des mesures de prévention
traduisant les principes nationaux de
maîtrise de l’urbanisation en zone d’aléa
feu de forêt (note du ministère de l’écologie
et du ministère du logement du 29 juillet
2015).
17 COMMUNES
DE L’HÉRAULT
SONT COUVERTES
PAR UN PPRIF
Piste DFCI à Saint-Gély-du-Fesc © DDTM34
126 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
L’INFORMATION ET L’ÉDUCATION SUR LES RISQUES
 
L’objectif recherché est la sensibilisation de
la population sur les causes accidentelles
de départs de feux : travaux, imprudences,
jeux d’enfants, véhicules… Elle est réalisée
via des campagnes d’information : « Sachez
vous protéger des feux de forêt », vidéos sous
forme tutorielle, dépliants, sensibilisation
des scolaires, communiqués de presse,
intervention auprès des médias, formation
des élus et des policiers municipaux,
réunions publiques, mise en place d’une
vigilance incendie de forêt…
Pour exemple, des communiqués de
presse sont diffusés tout au long de l’année
et notamment en début de période estivale :
• pour informer la population, des risques
d’incendies de végétation et de forêt
auxquels elle est soumise ;
• pour lui rappeler la conduite à tenir
afin d’éviter toute mise en danger
des personnes et des biens ;
• pour la renseigner sur la réglementation
en vigueur relative à la prévention
des incendies de forêt ;
• pour la réalisation des OLD.
L’information préventive
En complément du DDRM, pour les
communes concernées par l’application du
décret 90-918 du 11 octobre 1990 relatif à
l’exercice du droit à l’information sur les
risques majeurs, le préfet transmet au maire
les éléments d’information concernant les
risques de sa commune, précisant la nature
des risques, les événements historiques,
ainsi que les mesures d’État mises en place.
Dans le cadre de la mise en œuvre du
PDPFCI, certaines actions d’information
et de sensibilisation du grand public sont
menées dans les zones sensibles et pendant
les périodes sèches. Elles s’appuient sur les
patrouilles estivales dont l’une des missions
est précisément l’information, et qui sont en
contact direct avec le public.
Les supports d’information, régulièrement
renouvelés, sont variés :
• plaquettes d’information ;
• signalétique sur le terrain ;
• mise en ligne sur internet.
Le maire élabore le DICRIM. Celui-ci
synthétise les informations transmises
par le préfet, complétées des mesures de
prévention et de protection dont le maire a
connaissance.
Le maire définit les modalités d’affichage
du risque feu de forêt et des consignes
individuelles de sécurité. Il organise des
actions de communication au moins tous
les deux ans en cas de PPR naturel prescrit
ou approuvé.
Le préfet et le maire portent ainsi conjointe-ment la mission d’information préventive du
citoyen, des scolaires et des professionnels.
Les bénévoles des 37 CCFF participent à des
actions de sensibilisation et d’information
du public par la distribution de plaquettes
d’informations auprès des touristes,
promeneurs et des interventions auprès
des scolaires. Le conseil départemental
intervient également avec ses forestiers-sapeurs auprès des collégiens.
L’information des acquéreurs
ou locataires (IAL)
L’information lors des transactions immo-bilières fait l’objet d’une double obligation à
la charge des vendeurs ou bailleurs :
• établissement d’un état des risques
naturels et technologiques pour les biens
situés dans un périmètre de PPRIF ;
• déclaration d’une éventuelle
indemnisation après sinistre.
L’éducation et la formation sur les risques
Elle concerne :
• La sensibilisation et la formation
des professionnels du bâtiment,
de l’immobilier, des notaires, géomètres,
des maires, des policiers municipaux.
Cette action fait partie des mesures
programmées dans le PDPFCI de
l’Hérault. Elle comprend l’information
et la formation en direction de publics
spécifiques, tels que les maires par l’inter-médiaire de différents moyens tels que :
- la participation à des manifestations
générales (interventions à des
congrès…) ;
- l’organisation d’une formation
spécifique avec l’appui du centre
de formation des maires et des élus
locaux (CFMEL) ;
- la formation du personnel territorial
par l’intermédiaire du centre national de
la fonction publique territoriale (CNFPT).
Par ailleurs une information générale sur
les journées de danger météorologique
d’incendie, est assurée par l’intermé-diaire de Météo-France à l’attention des
services en charge de la protection des
forêts contre les incendies.
• Les actions en liaison avec l’éducation
nationale : l’éducation à la prévention des
risques majeurs est une obligation dans
le cadre de l’éducation à l’environnement
pour un développement durable
et de l’éducation à la sécurité civile.
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 127
COUPURE
DE COMBUSTIBLE
LE RETOUR D’EXPÉRIENCE
Les feux importants font l’objet de rapports
de retour d’expérience dont les services de
l’État et les élus locaux tirent les leçons.
Le risque de feu évolue au fur à mesure
de l’entretien des espaces naturels et
forestiers, de la déprise agricole, et de
l’urbanisation.
Pour exemple :
• le rapport relatif à la protection contre
les incendies de forêt après les feux
de l’été 2003 ;
• le dossier de presse élaboré par la DDTM
de l’Hérault (DDTM 34) suite aux grands
incendies du 30 août 2010
qui ont touché 11 communes de l’Hérault.
Après un diagnostic de cet événement,
un plan d’actions a été signé entre
l’État et les 11 communes concernées
programmant des mesures immédiates
et curatives ainsi que des actions
préventives et réglementaires ;
• la réalisation de retours d’expériences
sur les conséquences des incendies de
forêt
de Combaillaux et de Saint-Gély-du-Fesc
des 6 et 10 septembre 2017 et de
l’incendie de Loupian du 8 septembre
2019 qui ont endommagé et détruit
plusieurs constructions.
LES TRAVAUX DE PROTECTION
Pour maîtriser les facteurs naturels
favorisant la propagation des incendies,
la mise en place d’une politique globale
d’aménagement et d’entretien de l’espace
rural et forestier s’avère la solution la
mieux adaptée.
L’aménagement de la forêt consiste, entre
autres, en mesures de prévention du risque de
propagation du feu. Elles se traduisent par :
• la réduction de la biomasse combustible,
notamment par l’agriculture ;
• la création de coupures de combustible,
qui permettent de cloisonner les massifs.
Ces dispositions permettent également de
limiter la propagation des feux de forêt vers
les zones urbanisées.
Une coupure de combustible est une
discontinuité dans le couvert forestier,
permettant de diminuer la vulnérabilité
de la forêt envers le feu et de faciliter
l’intervention des moyens de lutte. Ces
zones, généralement cultivées, sont
dépourvues au maximum d’essences
inflammables. Elles sont encore appelées
coupure, zone tampon, zone coupe-feu.
Brûlage Hérault (2019) © DDTM 34
128 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
L’organisation des secours
Au niveau départemental
Les moyens de protection sont prévus dans
le cadre du PDPFCI de l’Hérault, et mis en
œuvre annuellement dans le cadre de «
l’ordre d’opération départemental feux de
forêt » approuvé par arrêté préfectoral.
Au niveau départemental, dès qu’un incendie
concerne plusieurs communes, c’est le préfet
qui est le directeur des opérations de secours.
En cas de nécessité, il peut faire appel à des
moyens zonaux ou nationaux.
Les secours ont pour mission la protection de
la forêt, des zones habitées ou aménagées et
des personnes menacées par un incendie de
forêt. Pour s’attaquer au feu, les sapeurs-pompiers disposent de moyens terrestres
(véhicules d’intervention) qui peuvent être
complétés par des moyens aériens (avions
ou hélicoptères bombardiers d’eau), en cas
de grands incendies.
L’équipement des massifs qui consiste
notamment à assurer aux sapeurs-pompiers
et aux véhicules forestiers de première
intervention des pistes d’accès et à implanter
des citernes dans les zones forestières, permet
d’améliorer la rapidité d’intervention.En effet, la
rapidité d’intervention des secours conditionne
fortement l’étendue potentielle d’un incendie.
Aujourd’hui, la lutte contre les feux de
forêts repose sur la mobilisation préventive
des moyens d’intervention et sur une
évaluation quotidienne et précise du risque.
L’efficacité du dispositif de lutte dépend,
en grande partie de la détection précoce
des incendies et de l’engagement rapide
des moyens d’intervention sur les feux. La
mobilisation préventive des moyens est donc
d’une extrême importance pour réduire
le plus possible les délais d’action. En
période estivale, la surveillance des massifs
comprend une surveillance terrestre et une
surveillance aérienne, coordonnée par le
préfet de zone.
La stratégie de maîtrise des feux naissants :
Développée depuis 1987 dans le midi médi-terranéen, elle repose sur des mesures de
prévention opérationnelle :
• attaque rapide et massive de tout feu
naissant ;
• quadrillage préventif du terrain,
en fonction du niveau de risque
météorologique, par des moyens
forestiers et pompiers de surveillance,
d’alerte et de première intervention ainsi
que par le pré-positionnement sur des
lieux stratégiques du territoire de groupes
de véhicules de lutte contre les incendies
de forêt ;
• cellule aérienne départementale.
Le département de l’Hérault est le seul
département de la zone de défense Sud
à mettre en œuvre depuis plus de
10 ans une cellule aérienne composée
de 3 avions bombardiers d’eau type
Air tractor d’une capacité de 3 000 l
permettant une attaque rapide des feux
naissants, guet Aérien Armé par les
bombardiers d’eau de la sécurité civile,
permettant d’intervenir sur tout départ de
feu dans les 10 premières minutes.
Cette stratégie montre son efficacité,
puisqu’elle a permis, de traiter très rapide-ment la quasi-totalité des départs d’incendie
(70 à 80 % des incendies font moins de 1 ha,
5 % des incendies sont à l’origine de 80 à
90% des surfaces brûlées).
Fire Boss en plein vol lors d’un lâcher d’eau © Laurent Mignaux / Terra
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 129
Le site des services de l’État
dans le département de l’Hérault :
www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Securite-et-protection-de-la-population/Protection-civile/
Prevention-des-risques/Plan-communal-de-sauvegarde/Plan-communal-de-sauvegarde
Le site du ministère de l’Intérieur :
www.interieur.gouv.fr/Media/Securite-civile/Files/PPMS
Pour en savoir +
Le site du ministère de l’Intérieur :
www.interieur.gouv.fr/Media/Securite-civile/Files/je-me-protege-en-famille
Pour en savoir +
Au niveau communal
Le maire est directeur des opérations dès
lors qu’un incendie se déroule sur le territoire
de sa commune.
C’est le maire, détenteur des pouvoirs de
police, qui a la charge d’assurer la sécurité de
la population dans les conditions fixées par le
code général des collectivités territoriales.
À cette fin, il prend les dispositions lui
permettant de gérer la crise. Pour cela le
maire élabore sur sa commune un PCS qui
est obligatoire si un PPRIF est approuvé ou
si la commune est comprise dans le champ
d’un PPI.
Il est important que les communes à risques,
identifiées dans le DDRM comme celles
concernées par un PPR ou un PPI, disposent
d’un PCS, voire d’un PCS élaboré à l’échelle
intercommunale. Ce document intègre tous
les risques, et notamment le risque feu de
forêt. Pour être réellement opérationnel, il
doit être régulièrement testé.
Pour les établissements recevant du public,
le gestionnaire doit veiller à la sécurité des
personnes en attendant l’arrivée des secours.
Il a été demandé aux directeurs d’école et aux
chefs d’établissements scolaires d’élaborer un
PPMS afin d’assurer la sûreté des enfants et
du personnel.
Au niveau individuel
Lorsque la commune est couverte par un
plan de prévention des risques incendie de
forêt (PPRIF) le règlement comprend des
prescriptions (mesures de mitigation) ou
des recommandations visant à réduire la
vulnérabilité des habitations situées en zone
bleue et rouge.
Nota : Les règles de construction, données
à titre indicatif dans les PPRIF, peuvent être
utilisées pour les habitations situées en zone
sensible, lors de travaux de réfection d’un
bâti existant, afin de réduire la vulnérabilité
de la construction au risque de feux de forêt.
En l’absence de PPRIF, il est possible de faire
effectuer des travaux ou d’entreprendre des
aménagements (mesures d’autoprotection
telles que des occultants d’ouvertures
résistants au feu, des moyens de prévention
individuels comme des pompes…) afin de
réduire la vulnérabilité des personnes et des
biens. L’objectif est de mettre les personnes
à l’abri, de retarder les effets du feu, et de
limiter les dommages.
L’élaboration d’un Plan familial de mise en
sûreté (PFMS) :
La préparation à la gestion de crise est une
responsabilité partagée. Elle incombe aux
pouvoirs publics mais également à chaque
citoyen. Le guide « Je me protège en famille »
aide le particulier à organiser son autonomie
durant cette phase critique, en élaborant son
« Plan familial de mise en sûreté ».
130 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
Les consignes
individuelles
de sécurité
APRÈS :
CONFORTER SA SÉCURITÉ
• Éteindre les foyers résiduels.
• Surveiller les éventuelles reprises
de feu.
AVANT :
PRÉVOIR
• Repérer les chemins d’évacuation,
les abris.
• Prévoir des moyens de lutte
(eau, matériels...).
• Débroussailler autour de la maison
(50 mètres ou plus).
• Ne pas accoler à la maison
des réserves de combustibles.
• S’il existe une piscine, la rendre
accessible et prévoir une motopompe
thermique stockée dans un endroit
protégé.
PENDANT :
AGIR
Si vous êtes témoin d’un départ de feu
• Informer les services d’intervention
(sapeurs-pompiers : 18 ou 112 portable)
le plus vite et le plus précisément
possible.
• Si possible attaquer le feu.
• Rechercher un abri en fuyant.
• Respirer à travers un linge humide.
• Ne pas circuler en voiture.
Dans un bâtiment
• Ouvrir le portail du terrain.
• Fermer les bouteilles de gaz.
• Fermer et arroser volets, portes
et fenêtres.
• Occulter les aérations
avec des linges humides.
• Mettre les tuyaux d’arrosage à l’abri.
QUE DOIT FAIRE LA POPULATION ?
RESPECTER
LES CONSIGNES
ÉCOUTER
LA RADIO
(STATIONS
LOCALES)
SE METTRE
À L’ABRI
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 131
Le site du ministère de la Transition
écologique
www.ecologique-solidaire.gouv.fr/
prevention-des-feux-foret
www.georisques.gouv.fr/risques/feux-de-foret
Le site du ministère de l’Agriculture
et de l’Alimentation
www.agriculture.gouv.fr/prevenir-et-lutter-contre-les-incendies-de-foret
Le site des services de l’État dans
le département de l’Hérault
www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/
Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/Prevention-des-forets-contre-les-incendies
www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/
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LE RISQUE
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132 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs
Communes soumises au risque feu de forêt
Risque fort
Risque moyen
Risque faible ou nul
DDTM34
Direction Départementale des
Territoires et de la Mer
Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 133
© Laurent Mignaux / Terra
Résumé Elastic

GÉNÉRALITÉS

Un feu de forêt est un incendie qui touche des zones boisées, telles que forêts, landes et maquis, avec une surface supérieure à un hectare. La France, avec plus de quinze millions d’hectares de zones boisées, est particulièrement vulnérable aux incendies, surtout en région méditerranéenne. L'État a mis en place une politique de prévention qui inclut la surveillance, la gestion des forêts, la connaissance des causes d'incendie et l'information du public. Le risque d'incendie de forêt est déterminé par l'interaction entre l'aléa feu et l'enjeu humain, qui comprend les personnes et les biens.

LE RISQUE FEU DE FORÊT DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT

La propagation d'un feu dépend de son intensité et de divers facteurs naturels et anthropiques. Les modes de propagation incluent les feux de sol, qui brûlent la matière organique en profondeur, les feux de surface, qui affectent la végétation basse, et les feux de cimes, qui atteignent le sommet des arbres et se propagent rapidement. Chacun de ces types de feu présente des caractéristiques distinctes en termes de vitesse de propagation et d'impact sur l'écosystème.

Le document aborde les conditions nécessaires au développement des incendies, qui reposent sur la présence d'un combustible, d'un comburant et d'une source de chaleur. Il souligne les facteurs naturels, topographiques et d'origine humaine qui prédisposent ou aggravent le risque d'incendie, tels que les vents desséchants, la sécheresse, l'urbanisation croissante et l'enfrichement des terres agricoles. En 2019, le département de l'Hérault a enregistré 203 feux de forêt et 1 086 feux en zone péri-urbaine, illustrant l'ampleur du problème.

Impact du Changement Climatique

Le document met également en lumière l'impact du changement climatique sur les incendies de forêt, avec une prévision d'augmentation des températures, de canicules et de sécheresses d'ici la fin du XXIe siècle. Les rapports d'expertise indiquent que ces phénomènes vont intensifier le danger d'incendie et élargir les zones sensibles, rendant la situation encore plus préoccupante pour l'avenir.

Le PNACC, en accord avec la loi sur la programmation du Grenelle de l’environnement, vise à préparer la France aux nouvelles conditions climatiques en présentant des mesures concrètes. Le premier PNACC (2011-2015) a été évalué pour renforcer la stratégie nationale, et le PNACC 2 a pour objectif d'assurer une adaptation efficace au climat d'ici le milieu du XXIe siècle, en tenant compte d'une hausse de température mondiale de +1,5 à 2 °C.

Les incendies de forêt, exacerbés par le changement climatique, représentent un risque accru, notamment dans les départements méditerranéens. En France, près de 6 000 communes sont menacées, avec des conséquences humaines, économiques et environnementales significatives. L'année 2003 a été particulièrement marquante avec 10 morts et plus de 73 000 hectares brûlés. Bien que la surface moyenne brûlée ait diminué depuis les années 1990, la probabilité de grands feux catastrophiques augmente en raison de la biomasse combustible accrue et des conditions de sécheresse.

Le document présente des données sur les incendies de forêt dans les départements méditerranéens de la région Occitanie entre 2000 et 2018, en mettant l'accent sur l'Hérault. Ce département, avec un taux de boisement de 47,7 %, a vu sa surface forestière doubler depuis 1974, atteignant environ 297 000 ha. Les espaces naturels combustibles représentent 56,2 % de la superficie du département. La majorité des incendies (95 %) sont d'origine anthropique, avec des causes variées allant de l'imprudence à la malveillance.

Évolution des surfaces forestières

Le document retrace également l'évolution des surfaces forestières et de landes dans l'Hérault de 1878 à 2017. La surface totale du département est de 622 500 ha, et le taux de couverture forestière a augmenté au fil des ans, passant de 13 % en 1878 à 42 % entre 2009 et 2013. Les surfaces exposées aux incendies de forêt ont également été suivies, montrant une tendance stable malgré l'augmentation des surfaces boisées.

Entre 1973 et 2019, l'Hérault a enregistré plus de 44 669 hectares brûlés à la suite de 6 903 départs de feu, avec des événements marquants tels que des incendies en 1973 et 1989 ayant ravagé jusqu'à 1 835 hectares. Les données montrent une tendance à la hausse des incendies, avec une moyenne annuelle de 167 incendies et 804 hectares brûlés entre 2000 et 2018, et une augmentation notable en 2019 avec 203 incendies et 1 217 hectares.

Événements récents

Depuis 2000, plusieurs incendies significatifs ont eu lieu, notamment en 2010 où 2 544 hectares ont été touchés. Les événements récents incluent des incendies en 2016, 2017 et 2019, avec des superficies brûlées variant de 140 à 237 hectares. Ces statistiques soulignent l'importance de la gestion des risques liés aux incendies de forêt dans la région.

L'incendie de Fontanès a ravagé 2 544 hectares, touchant 8 communes, dont Saint-Bauzille-de-Montmel et Guzargues, entraînant l'évacuation de 2 500 personnes. Cet événement est le plus important enregistré dans l'Hérault depuis 50 ans, représentant 50 % de la surface brûlée en région méditerranéenne française en 2010. En comparaison, un incendie majeur en 1989 avait parcouru 1 835 hectares. D'autres incendies, comme ceux de Roquessels-Gabian et Saint-Pons-de-Mauchiens, ont également eu lieu en 2016, causant des pertes humaines et mobilisant d'importants moyens de secours.

Enjeux et Risques

Le risque d'incendie est élevé dans les zones boisées proches des habitations, particulièrement dans les zones d'urbanisation diffuse. L'interface habitat-forêt, où se rencontrent espaces naturels et zones urbanisées, est particulièrement vulnérable. Des plans de prévention des risques d'incendies de forêt (PPRIF) ont été établis pour plusieurs bassins de risque autour de Montpellier, afin de protéger les personnes et les biens. Les communes concernées ont mis en place des mesures pour mieux gérer et prévenir les incendies, en tenant compte de la densité des constructions et des enjeux humains.

Le document présente les initiatives mises en place pour la prévention des incendies de forêt dans le département de l'Hérault, notamment la création de la cellule technique départementale de recherche des causes des incendies (CTRCA 34) en 2009, qui vise à améliorer la connaissance des causes des feux et à faciliter d'éventuelles poursuites judiciaires. Il souligne également l'importance de la base de données Prométhée, qui recense les incendies de forêts en zone méditerranéenne, et le rôle de la préfecture et des différents services dans la collecte d'informations pour mieux comprendre et prévenir ces événements.

Les travaux de prévention

Le Plan départemental de protection des forêts contre les incendies (PDPFCI) est un élément central de la stratégie de l'État pour réduire les départs de feu et les surfaces brûlées. Ce plan, qui doit être mis à jour tous les dix ans, inclut des mesures de prévention comme le débroussaillement et le brûlage dirigé, ainsi qu'une analyse des massifs forestiers pour optimiser les équipements de défense contre les incendies. Des actions collectives sont également mises en œuvre pour sensibiliser et protéger les personnes, les biens et les milieux naturels face aux risques d'incendie.

Le plan départemental de prévention des incendies de forêt (PDPFCI) a été approuvé en juin 2013 et est prolongé jusqu'en 2022. La Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) coordonne les actions de prévention en collaboration avec divers partenaires, tels que le Conseil départemental, l'ONF et le SDIS. En 2020, environ 2 200 km de voiries DFCI et 350 citernes ont été mises en place pour protéger les massifs forestiers. La surveillance des massifs, particulièrement en été, est assurée par un réseau de tours de guet et des patrouilles, avec des prévisions météorologiques fournies par Météo-France.

Travaux de Prévention

Des mesures individuelles de prévention, telles que le débroussaillement autour des habitations, sont imposées dans les zones à risque, représentant plus de 56 % du département. Un arrêté préfectoral régule également les travaux pouvant provoquer des départs de feu. Les obligations légales de débroussaillement, définies par un arrêté de 2013, incombent aux propriétaires et s'appliquent aux abords des constructions et installations.

Le document traite des obligations de débroussaillement et de prévention des incendies de forêt dans le département de l'Hérault. Il stipule que les propriétaires doivent assurer une distance de débroussaillement de 50 mètres autour de leurs biens, pouvant être portée à 100 mètres dans les zones à risque élevé. Des arrêtés municipaux ont été pris pour renforcer la protection des constructions, et il est conseillé de se renseigner auprès de la mairie pour connaître les obligations spécifiques. L'emploi du feu est strictement réglementé, avec des amendes et des peines de prison pour les contrevenants.

Réglementation sur l'accès aux massifs

Le document mentionne également la réglementation concernant l'accès aux massifs forestiers, qui n'est pas strictement encadrée dans l'Hérault, sauf pour certaines zones. Il est recommandé d'éviter les forêts en cas de risque météorologique sévère. Des efforts de communication sont en cours pour informer le public sur le niveau de danger et les recommandations associées, avec une réflexion pour réglementer l'accès aux massifs les plus à risque à partir de l'été 2021.

LA PRISE EN COMPTE DU RISQUE DANS L’AMÉNAGEMENT

Pour limiter les dommages liés aux incendies de forêt, il est essentiel de maîtriser l’aménagement du territoire en évitant d'augmenter les risques dans les zones sensibles et en réduisant la vulnérabilité des zones urbanisées. Cela inclut la proscription des constructions isolées en forêt et l'aménagement d'accès pour les moyens de lutte contre les incendies. Trois documents réglementaires encadrent cette urbanisation : le schéma de cohérence territoriale (SCOT), le plan de prévention des risques incendie de forêt (PPRIF) et les documents d’urbanisme communaux. Le SCOT doit identifier les zones à risque et interdire les aménagements dans les zones les plus exposées, tandis que le PPRIF définit des zones d'interdiction et de prescription pour maîtriser l'urbanisation dans les zones à risque.

L’INFORMATION ET L’ÉDUCATION SUR LES RISQUES

La sensibilisation de la population aux causes des départs de feux est primordiale et se fait à travers diverses campagnes d'information, vidéos, dépliants, et interventions dans les écoles. Des efforts sont également déployés pour former les élus et les policiers municipaux, organiser des réunions publiques et mettre en place une vigilance incendie de forêt. Ces initiatives visent à informer le public sur les comportements à risque et à promouvoir des mesures de prévention efficaces.

Le document traite des actions de communication et d'information mises en place pour sensibiliser la population aux risques d'incendies de végétation et de forêt, notamment à travers des communiqués de presse, des plaquettes d'information, et des patrouilles estivales. Le préfet transmet des informations aux maires concernant les risques spécifiques à chaque commune, qui élaborent ensuite le DICRIM pour synthétiser ces données et définir les modalités d'affichage des risques. Les bénévoles des CCFF et le conseil départemental participent également à ces actions de sensibilisation.

Information des acquéreurs et formation

Le document souligne l'importance de l'information lors des transactions immobilières, imposant aux vendeurs et bailleurs de fournir un état des risques naturels et technologiques. De plus, il aborde la nécessité de former et sensibiliser divers professionnels, tels que les maires et les agents de la fonction publique, sur les risques d'incendie. L'éducation à la prévention des risques majeurs est intégrée dans le cadre de l'éducation à l'environnement et à la sécurité civile, avec des actions coordonnées avec l'éducation nationale.

LE RETOUR D’EXPÉRIENCE

Les rapports de retour d'expérience sur les feux importants permettent aux services de l'État et aux élus locaux d'apprendre des événements passés, tels que les incendies de forêt de l'été 2003 et ceux de l'Hérault en 2010. Ces rapports incluent des diagnostics et des plans d'actions signés entre l'État et les communes touchées, visant à mettre en place des mesures curatives et préventives. Des retours d'expérience ont également été réalisés suite aux incendies de Combaillaux, Saint-Gély-du-Fesc et Loupian, qui ont causé des dommages significatifs.

LES TRAVAUX DE PROTECTION

Pour limiter la propagation des incendies, une politique d'aménagement et d'entretien des espaces ruraux et forestiers est essentielle. Cela inclut la réduction de la biomasse combustible et la création de coupures de combustible pour cloisonner les massifs forestiers. Au niveau départemental, le préfet dirige les opérations de secours en cas d'incendie touchant plusieurs communes, mobilisant des moyens terrestres et aériens pour protéger les forêts et les zones habitées. L'efficacité de la lutte contre les feux de forêt repose sur la détection précoce des incendies et une intervention rapide, avec une surveillance renforcée durant l'été.

La stratégie de maîtrise des feux naissants, mise en place depuis 1987 dans le midi méditerranéen, repose sur des mesures de prévention opérationnelle telles que l'attaque rapide des feux, le quadrillage préventif du terrain et l'utilisation d'une cellule aérienne dans le département de l'Hérault. Cette cellule, composée de trois avions bombardiers d'eau, permet une intervention rapide sur les départs de feu, montrant une efficacité notable en traitant 70 à 80 % des incendies avant qu'ils ne s'étendent.

Au niveau communal, le maire est responsable de la sécurité de la population en cas d'incendie et doit élaborer un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) si la commune est à risque. Les établissements recevant du public doivent également mettre en place des mesures de sécurité. À l'échelle individuelle, des prescriptions dans le cadre des Plans de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) visent à réduire la vulnérabilité des habitations. En l'absence de PPRIF, des travaux d'autoprotection peuvent être entrepris pour protéger les personnes et les biens.

Le document aborde la responsabilité partagée en matière de sécurité face aux risques de feux de forêt, soulignant l'importance d'un engagement à la fois des pouvoirs publics et des citoyens. Il présente le guide « Je me protège en famille », qui aide les particuliers à élaborer un « Plan familial de mise en sûreté » pour organiser leur autonomie durant cette période critique. Les consignes de sécurité sont divisées en trois phases : avant, pendant et après un incendie, incluant des actions préventives comme le débroussaillage et la préparation d'abris, ainsi que des mesures à prendre en cas de départ de feu.

Consignes de sécurité

Les consignes de sécurité incluent des actions à réaliser avant un incendie, comme repérer les chemins d'évacuation et préparer des moyens de lutte, ainsi que des actions à entreprendre pendant un incendie, telles que l'alerte des services d'intervention et la recherche d'abri. Le document insiste également sur l'importance de respecter les consignes, d'écouter les stations de radio locales et de se mettre à l'abri. Des ressources supplémentaires et des contacts pour les services d'urgence sont fournis pour aider la population à mieux se préparer et réagir face aux risques d'incendie.

Ce document présente des informations sur l'Association départementale des CCFF et des RCSC de l’Hérault, ainsi que des coordonnées pour contacter la mairie et la préfecture de l'Hérault. Il mentionne également un dossier départemental sur les risques majeurs, en particulier le risque de feu de forêt, en classifiant les communes selon leur niveau de risque (fort, moyen, faible ou nul).

Images

Le document inclut une image de Laurent Mignaux / Terra, qui est probablement liée à la thématique des risques majeurs.

Consignes Elastic

Risque : Feu de forêt

Consignes de sécurité :

Avant :

  • Repérer les chemins d’évacuation et les abris.
  • Prévoir des moyens de lutte (eau, matériels).
  • Débroussailler autour de la maison (50 mètres ou plus).
  • Ne pas stocker de combustibles près de la maison.
  • Rendre la piscine accessible et prévoir une motopompe.

Pendant :

  • Informer les sapeurs-pompiers (18 ou 112) en cas de départ de feu.
  • Si possible, attaquer le feu.
  • Rechercher un abri en fuyant.
  • Respirer à travers un linge humide.
  • Ne pas circuler en voiture.

Après :

  • Éteindre les foyers résiduels.
  • Surveiller les reprises de feu.

À respecter :

  • Écouter la radio locale.
  • Se mettre à l’abri.

Médias 12

PHOTO p.113 Forêt brûlée avec arbres carbonisés et ciel nuageux.
PHOTO p.115 Une forêt avec des arbres brûlés et de la fumée au sol.
PHOTO p.117 Une route traversant un paysage brûlé avec des arbres calcinés.
PHOTO p.122 Une personne utilise une débroussailleuse dans un espace extérieur.
PHOTO p.123 Une citerne verte dans un environnement boisé.
PHOTO p.124 Une maison en bordure d'un chemin avec des arbres autour.
PHOTO p.125 Un feu de forêt avec une personne en tenue de protection.
PHOTO p.126 Chemin en terre entouré d'arbres dans un paysage naturel.
PHOTO p.128 Feu de forêt avec des arbres et des pompiers à l'arrière-plan.
PHOTO p.129 Un avion jaune larguant de l'eau au-dessus d'arbres.
CARTE p.133 Carte des zones de feu de forêt dans le département de l'Hérault.
PHOTO p.134 Une route bordée par une paroi rocheuse et des arbres.
Aperçu Type Page Description (Vision) Description (OCR)
PHOTO 113 Forêt brûlée avec arbres carbonisés et ciel nuageux.
PHOTO 115 Une forêt avec des arbres brûlés et de la fumée au sol. = S Te » re » ' NS * u es . 7 *, om ù 4. >” ad a
PHOTO 117 Une route traversant un paysage brûlé avec des arbres calcinés. + 1e mat 2
PHOTO 122 Une personne utilise une débroussailleuse dans un espace extérieur.
PHOTO 123 Une citerne verte dans un environnement boisé.
PHOTO 124 Une maison en bordure d'un chemin avec des arbres autour. Le Me re d A (4 ae
PHOTO 125 Un feu de forêt avec une personne en tenue de protection.
PHOTO 126 Chemin en terre entouré d'arbres dans un paysage naturel.
PHOTO 128 Feu de forêt avec des arbres et des pompiers à l'arrière-plan.
PHOTO 129 Un avion jaune larguant de l'eau au-dessus d'arbres.
CARTE 133 Carte des zones de feu de forêt dans le département de l'Hérault. = æ _ q ) À w # # { j j SAINT-MARTIN-DE-LONDRES À SALVETA [...]
PHOTO 134 Une route bordée par une paroi rocheuse et des arbres. SE , - =

Génération IA

Description du risque

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Gestes de prévention

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