Feu de forêt - DDRM de l'Hérault (34)
- Données Elasticsearch Disponibles
- Médias liés 12
- Dernière indexation 2026-07-03T14:29:33.854Z
Contenus
GÉNÉRALITÉS Qu’est-ce qu’un feu de forêt ?......................................................................p.114 Comment se manifeste-t-il ?.......................................................................p.115 Les conséquences sur les personnes et les biens.....................................p.118 Le contexte en zone méditerranéenne........................................................p.118 LE RISQUE FEU DE FORÊT DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT Les feux de forêt...........................................................................................p.119 L’historique des principaux feux de forêt.....................................................p.120 Les actions préventives................................................................................p.122 L’organisation des secours..........................................................................p.129 Les consignes individuelles de sécurité......................................................p.131 Pour en savoir plus............................................................................... p.132 Annexe cartographique des communes à risque.................................. p.133 LE RISQUE FEU DE FORÊT Avec plus de quinze millions d’hectares de zones boisées, la France est régu-lièrement soumise à des incendies de forêt, plus particulièrement en région méditerranéenne et dans les Landes. Face à ce constat, l’État mène une politique de prévention active qui s’articule autour : • de la surveillance, l’alerte et la lutte contre les incendies ; • de la gestion de la forêt mais aussi de l’espace entre la forêt et les habitations (interface habitat-forêt) ; • de la connaissance des incendies et de leurs causes • et de l’information du public et des usagers de la forêt. Le risque majeur d’incendie de forêt résulte du croisement entre l’aléa feu de forêt et l’enjeu humain. Si les personnes et les biens représentent l’enjeu humain, l’aléa feu de forêt peut être assimilé à la puissance potentielle (ou intensité) de l’incendie qui atteint cet enjeu. Il est à noter que lorsque l’enjeu est forestier, ce risque d’incendie de forêt, différent du risque majeur d’incendie de forêt mais soumis au même aléa, est traité par ailleurs dans le cadre de la défense des forêts contre l’incendie (DFCI). On définit l’incendie de forêt comme un incendie qui atteint bois, forêts, landes, garrigues, maquis et reboisements dont la surface, d’un seul tenant, est supérieure à 1 hectare. GÉNÉRALITÉS Qu’est-ce qu’un feu de forêt ? Comment se manifeste-t-il ? LES MODES DE PROPAGATION Lorsqu’un feu éclate, il n’est pas nécessairement dangereux, car son impact va dépendre de son intensité et de sa surface d’extension. La propagation de l’incendie va être le plus souvent déterminée par des facteurs naturels (vent, sécheresse, végétation), mais des facteurs anthropiques peuvent également intervenir. Le feu utilise les herbes sèches pour se propager aux arbustes et buissons, puis aux branches basses des arbres qui elles-mêmes, propagent le feu aux arbres. Le feu ne pourra se maintenir en cime que s’il est alimenté par la combustion des strates herbacées et arbustives. • Les feux de sol brûlent la matière organique contenue dans la litière, l’humus ou les tourbières. Alimentés par incandescence avec combustion, leur vitesse de propagation est faible. Bien que peu virulents, ils peuvent être très destructeurs en s’attaquant aux systèmes racinaires souterrains des végétaux. Ils peuvent également couver en profondeur ce qui rend plus difficile leur extinction complète. • Les feux de surface brûlent les strates basses de la végétation, c’est-à-dire la partie supérieure de la litière, la strate herbacée et les ligneux bas. Ils se propagent en général par rayonnement et affectent la garrigue, le maquis, les landes ou les peuplements forestiers clairsemés. Leur propagation peut être rapide lorsqu’ils se développent librement et que les conditions de vent ou de relief et de sécheresse y sont favorables. • Les feux de cimes (ou feu total) brûlent jusqu’à la partie supérieure des arbres (ligneux hauts) et forment une couronne de feu. Ils libèrent en général de grandes quantités d’énergie et leur vitesse de propagation peut être très élevée. Ils sont d’autant plus intenses et difficiles à contrôler que le vent est fort et la végétation sèche. © Laurent Mignaux / Terra Les feux de sol Les feux de surface Les feux de cimes Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 115 Trois éléments se combinent pour qu’un incendie puisse se développer. • Un combustible (végétation arbustive ou zone boisée). Le risque est également lié à l’état de la forêt (sécheresse, entretien) et à la nature des essences végétales (les pins figurant parmi les essences forestières les plus sensibles). • Un comburant : l’oxygène de l’air. Le vent active la combustion, accélère la propagation en desséchant les végétaux à l’avant des flammes. Une faible teneur en humidité de l’air constitue un facteur aggravant dans l’éclosion et la propagation de l’incendie. • Une source de chaleur : flamme, étincelle, objet incandescent… FACTEURS PRÉDISPOSANTS OU AGGRAVANTS • Naturels Des vents forts (Tramontane, Mistral…) à grand pouvoir desséchant et de propagation, la sécheresse estivale (risque restant cependant non négligeable à d’autres périodes notamment en hiver et début de printemps), une végétation fortement inflammable et combustible favorisant des sautes de feu. • Topographiques Un relief prononcé associé à des massifs forestiers souvent non isolés les uns des autres facilitent la propagation du feu. • D’origine humaine Une urbanisation dynamique au détriment des espaces naturels, agricoles et forestiers, des zones habitées de plus en plus nombreuses au contact direct de l’espace naturel, le débroussaillement réglementaire insuffisamment mis en œuvre malgré une politique volontariste de l’État sur le sujet, l’enfrichement de parcelles anciennement cultivées consécutif à la déprise agricole créant des continuités végétales entre les massifs, l’évolution des pratiques culturales - passage de vignes en céréales. Ces facteurs accroissent la surface de contact entre les espaces naturels combustibles et les habitations, et augmentent simultanément les risques d’incendie. Les zones agricoles autrefois peu ou pas combustibles participent aujourd’hui pour partie à la propagation d’incendies sur de grandes surfaces y compris au sein des zones agricoles. Les feux de végétation hors zone forestière prennent de plus en plus d’ampleur. • L’augmentation de la population en période estivale avec une intensification du transit est aussi un facteur aggravant. Ainsi en 2019, on enregistre dans le département de l’Hérault 203 feux de forêt (1217 hectares parcourus dont 237 hectares sur l’incendie de Loupian le 8 septembre 2019) et 1 086 feux de l’espace rural et péri-urbain (ou feux de végétation) (source Prométhée). DANS L’HÉRAULT, EN 2019, ON ENREGISTRE 203 FEUX DE FORÊT ET 1086 FEUX EN ZONE PÉRI-URBAINE 116 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Le site du ministère de la Transition écologique : www.ecologique-solidaire.gouv.fr/ adaptation-france-au-changement-climatique#e2 Pour en savoir L’IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LES INCENDIES DE FORÊT Hausse des températures, périodes de canicule plus fréquentes, sécheresses plus sévères sont attendues d’ici la fin du XXIe siècle. Les rapports d’expertise publiés après les épisodes tempétueux de 1999 et 2009, ceux produits après l’épisode de sécheresse de 2003, le rapport interministériel sur l’extension des risques d’incendie publié en 2010... illustrent bien les impacts de ces perturbations dans l’avenir, notamment concernant les incendies de forêt. Ces phénomènes vont provoquer une aggravation du danger météorologique d’incendie de forêt ou de la sensibilité au feu de la végétation, et une extension des zones sensibles aux incendies. Le PNACC, conformément à la loi sur la programmation du Grenelle de l’environnement, a pour objectif de présenter des mesures concrètes, opérationnelles pour préparer, la France à faire face et à tirer parti de nouvelles conditions climatiques. Le premier PNACC établi sur la période 2011 à 2015 a donné lieu à un bilan en vue de renforcer la stratégie de la France dans la nouvelle version de ce plan (PNACC 2). Il convient également d’actualiser la politique française d’adaptation en cohérence avec l’Accord de Paris. En lançant les travaux de son deuxième PNACC, la France vise une adaptation effective dès le milieu du XXIe siècle à un climat régional en métropole et dans les outre-mer cohérent avec une hausse de température de +1,5 à 2 °C au niveau mondial par rapport au XIXe siècle. LE CHANGEMENT CLIMATIQUE VA PROVOQUER UNE AGGRAVATION DU RISQUE FEUX DE FORÊT ET UNE EXTENSION DES ZONES SENSIBLES AUX INCENDIES Zone brûlée à Loupian (2019) © DDTM 34 Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 117 Les incendies de forêt sont très coûteux en termes d’impacts humain, économique, matériel et environnemental. Ils peuvent faire des victimes parmi les sapeurs-pompiers (en 2016 sur le feu de Roquessels) et les civils. La disparition de la couverture végétale aggrave les phénomènes d’érosion et le ruissellement des eaux superficielles. Le passage répété des feux contribue également à la destruction des sols forestiers et de la biodiversité forestière et à la disparition durable de puits de carbone. La destruction des paysages suite au passage des flammes a une grande répercussion au sein de la population locale. Les incendies répétitifs détruisent de façon quasiment irréversible le patrimoine forestier (incendies répétitifs sur le causse d’Aumelas, sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel et de Guzargues… conduisant à un stade de garrigue basse à chêne kermès avec phénomène d’évolution régressive de la dynamique de végétation – sols squelettiques). Dans les départements méditerranéens littoraux de Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie les plus gravement exposés, la prévention des incendies de forêt constitue un enjeu majeur pour l’aménagement du territoire. En France, 5 966 communes sont exposées à un risque de feux de forêts, soit une commune sur six. Les trois quarts d’entre elles sont situées dans la moitié Sud de la France. L’année 2003, en France, restera dans les mémoires comme l’une des plus dramatiques sur le plan des incendies de forêt. Le bilan humain est très lourd : 10 morts, dont 4 pompiers, plusieurs centaines de pompiers blessés, de nombreuses constructions et installations détruites. Plus de 73 000 ha de formations forestières et sub-forestières ont été parcourues par le feu en France métropolitaine, dont près de 62 000 ha pour la seule zone méditerra-néenne. Ce bilan national est voisin de celui des années les plus difficiles (1976, 1989 et 1990). Pour la zone méditerranéenne c’est le plus important enregistré depuis 1973, date depuis laquelle les statistiques feux de forêt sont enregistrées dans la base de données « Prométhée ». Depuis 2004, on dénombre en moyenne chaque année en zone méditerranéenne une surface parcourue de 7 656 ha et 1 750 incendies. Même si la surface moyenne parcourue a tendance à diminuer depuis le début des années 1990, la probabilité de grands feux voire de très grands feux catastrophiques augmente notamment en raison de l’augmentation des surfaces combustibles, d’un accroissement important de la biomasse combustible et d’une sécheresse plus prononcée. Malgré l’efficacité des dispositifs de prévention et de lutte mis en œuvre, notamment la rapidité d’intervention sur feu naissant, les bilans en termes de surface se réalisent seulement sur quelques journées. Les consé-quences sur les personnes et les biens DONNÉES SUR LES INCENDIES DE FORÊT SUR LA PÉRIODE 2000-2018 DANS LES DÉPARTEMENTS MÉDITTERRANÉENS DE LA RÉGION OCCITANIE (issues de la base de données Prométhée) Département Nombre d’incendies de forêt Nombre moyen d’incendies de forêt par an Surface totale parcourue (en ha) Surface annuelle moyenne parcourue (en ha) Aude 2 426 128 10 999 579 Gard 1 185 62 3 997 210 Hérault 3 172 167 15 284 804 Lozère 1 186 62 5 925 312 Pyrénées-Orientales 1 727 91 10 956 577 Total Région ex-LR 9 696 510 47 163 2 482 Le contexte en zone méditerranéenne 118 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs LE RISQUE FEU DE FORÊT DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT Les feux de forêt L’Hérault est un département présentant un taux de boisement élevé (47,7 % de la superficie du département). La surface forestière a doublé depuis 1974 (22,2 % de boisement), elle représente sur le département environ 297 000 ha (source BD Forêt V2 de l’IGN, 2017). Les espaces naturels combustibles (forêts et landes) exposés aux incendies de forêt représentent une surface de 350 086 ha, soit 56,2 % de la superficie du département. Le code forestier classe les massifs forestiers particulièrement exposés aux incendies. Toutes les communes du département sont concernées par ce risque. Le Plan Départemental de Protection des Forêts contre les Incendies (PDPFCI) de l’Hérault, document établi en 2013 pour une durée de 10 ans (2013-2022) et approuvé par le préfet, fixe la politique départementale de la DFCI et notamment les actions à mettre en œuvre par l’ensemble des partenaires impliqués dans la prévention des incendies (Préfecture, DDTM, SDIS, Conseil départemental, office national des forêts (ONF), ADCCFF…)). Dans l’Hérault, 95 % des départs d’incendies sont d’origine anthropique et 5 % ont une cause naturelle (la foudre). C’est en cela que le risque incendie de forêt se différencie des autres risques « naturels ». Les causes involontaires (entre 40 et 60 % des causes connues selon les années) sont à l’origine de nombreux départs d’incendie. Ces départs sont souvent dus aux imprudences liées à l’emploi du feu (brûlage, barbecue, mégots de cigarettes), aux travaux, aux installations… Il est important de noter que 40 à 45 % des incendies sont d’origine volontaire (conflits, malveillance, pyromanie...), incendies sur lesquels la politique de prévention est inopérante. Un travail important sur la recherche des causes et des circonstances des incendies de forêt et de végétation a été initié dans le département de l’Hérault depuis 2009. Ce travail permet de disposer depuis 2010 d’un taux de connaissance de 90 % des causes des incendies de forêt. Il permet d’apporter des informations intéressantes à la justice sur les incendies d’origine malveillante et de permettre ainsi à un plus grand nombre d’enquêtes d’aboutir. *Outre les surfaces forestières, les surfaces exposées aux incendies de forêt comprennent les surfaces en landes. EVOLUTION DES SURFACES FORESTIÈRE ET DE LANDES DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT SUR LA PÉRIODE 1878 – 2017 (données IFN puis IGN) Surface du département (en ha) 622 500 Année / Période Surface forêt Taux couvert forêt Surface exposée aux incendies de forêt (IF) Taux couvert surf exp. IF Enquête 1878 85 967 13 % Enquête Daubrée 1904-1908 84 714 13 % Cadastre 1938 100 527 16 % Cadastre 1948 117 307 18 % 1974 (1er passage IFN) 138 484 22 % 316 388 50 % 1983 (2nd passage IFN) 162 284 26 % 329 203 52 % 1996 (3e passage IFN) 203 202 32 % 321 493 51 % Période 2009-2013 (IGN) 264 000 42 % 330 000 53 % 2017 (IGN) 296 945 47 % 350 086 56 % Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 119 0 1 000 1974197519761977197819791980198119821983198419851986198719881989199019911992199319941995199619971998199920002001200220032004200520062007200820092010201120122013201420152016201720182019 2 000 3 000 4 000 0 400 Nombre de feux Superficie brulée (hectares) Évolution des surfaces brûlées et du nombre de feux de 1974 à 2019 350 300 250 200 150 100 50 5 000 6 000 7 000 0 1 000 19731975197719791981198319851987198919911993199519971999200120032005200720092011201320152017 2 000 3 000 4 000 0 400 Nombre de feux Superficie brulée (hectares) Évolution des surfaces brulées et du nombre de feux de 1973 à 2018 350 300 250 200 150 100 50 5 000 6 000 7 000 8 000 9 000 10 000 Des incendies de forêt se déclarent chaque année. De 1973 à 2019, les superficies brûlées s’élèvent à plus de 44 669 ha au total pour 6 903 départs de feu. PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DANS L’HÉRAULT ENTRE 1973 ET 2000 Date Superficies brulées Commune 3 août 1973 1 000 ha Cournonsec 7 août 1973 1 000 ha Montbazin 14 août 1973 720 ha Minerve 12 septembre 1973 1 200 ha Aumelas 28 juillet 1984 700 ha Montpeyroux 27 juillet 1989 1 835 ha Saint-Bauzille de Montmel DONNÉES MOYENNES SUR LES INCENDIES DE FORÊT SUR LA PÉRIODE 2000-2018 ET ANNÉE 2019 (source : Prométhée) Période de référence Nombre annuel moyen d’incendie de forêt Surface annuelle moyenne parcourue (en ha) 2000-2018 167 804 2019 203 1 217 PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS DANS L’HÉRAULT DEPUIS 2000 Date Superficies brulées Commune 8 septembre 2001 192 ha Oupia 24 juillet 2002 147 ha Villeveyrac 3 juillet 2003 149 ha Aumelas 8 juillet 2003 177 ha Causses et Veyran 9 juillet 2003 145 ha Florensac 1er août 2006 430 ha Vendémian 5 août 2006 159 ha Nissan les Ensérune 2 octobre 2009 1 190 ha Vendémian 30 août 2010 407 ha 2 544 ha Villeveyrac Fontanès 22 juillet 2012 185 ha Nissan les Ensérune 10 août 2016 196 ha Roquessels 9 août 2017 197 ha Saint-Pons de Mauchiens 6 septembre 2017 157 ha Combaillaux 15 juillet 2019 168 ha Galargues 14 août 2019 171 ha Quarante 6 septembre 2019 140 ha Saint-Jean de la Blaquière 8 septembre 2019 237 ha Loupian À titre comparatif : 1 ha correspond à la surface de deux terrains de football. L’historique des principaux feux de forêts 120 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs CARACTÉRISTIQUES DE DEUX FEUX MAJEURS Le 30 août 2010, le département de l’Hérault, a connu des incendies de forêts exceptionnels de par leur développement : • 2 544 ha parcourus par l’incendie de Fontanès ; • 407 ha parcourus par l’incendie de Villeveyrac ; • de nombreuses constructions touchées ou menacées ; • 2 500 personnes évacuées. L’incendie de Fontanès a touché 8 communes et plus particulièrement les communes de Saint-Bauzille-de-Montmel et de Guzargues dont les populations ont été en partie évacuées. Il s’agit du plus grand feu de forêt enregistré dans le département de l’Hérault depuis la création en 1973 de la base de données Prométhée, certainement le plus important depuis plus de 50 ans. Le bilan 2010 des incendies de forêt de l’Hérault peut être donc qualifié d’exceptionnel, il représente 50 % du bilan en terme de surface brûlée en région méditerranéenne française pour cette année. En comparaison, le 27 juillet 1989, le grand incendie de Guzargues avait parcouru 1 835 ha sur quasiment les mêmes territoires. Le risque de très grand feu existe bel et bien dans le département de l’Hérault. Le 10 août 2016, dans l’Hérault, plusieurs incendies dont 2 majeurs, attisés par des vents violents, ont parcouru 196 ha à Roquessels-Gabian et 29 ha à Saint-Pons-de-Mauchiens. L’incendie de Roquessels a mobilisé 234 véhicules et 563 sapeurs-pompiers. On déplore 1 décès et 3 sapeurs-pompiers grièvement brûlés lors de cette intervention. QUELS SONT LES ENJEUX EXPOSÉS ? Le risque est fort à très fort dans les zones na-turelles boisées accueillant des bâtiments et des habitations sous forme d’urbanisation dif-fuse (mitage), ainsi que dans les zones urbaines situées à proximité des massifs forestiers. L’interface habitat-forêt est la zone de contact entre l’espace naturel exposé aux incendies de forêt et la zone urbanisée. La densité des constructions influence fortement la surface d’interface exposée au risque majeur d’incendie de forêt, l’habitat groupé étant moins vulnérable au feu. En matière d’intervention, l’habitat diffus ou isolé sera un gros consommateur de moyens de protection au détriment de la lutte contre l’incendie de forêt lui-même. La protection des personnes et des biens (les enjeux humains) est en effet l’objectif premier des services d’incendie et de secours. Plusieurs bassins de risque ont été réperto-riés et déterminés. • Le principal bassin de risque se situe au nord de Montpellier et correspond à un couloir de feu déjà identifié et fortement urbanisé. Actuellement, chaque commune de ce bassin de risque n° 1 dispose d’un plan de prévention des risques d’incendies de forêt (PPRIF), approuvé par arrêté préfectoral le 21 mars 2005. Il s’agit des communes d’Assas, Clapiers, Montferrier-sur-Lez, Prades-le-Lez, Saint-Mathieu-de-Tréviers, Saint-Vincent-de-Barbeyrargues et le Triadou. Deux autres bassins de risque ont ensuite été identifiés et les communes concernées ont fait l’objet d’un PPRIF approuvé en 2008 : • le bassin de risque n° 2 regroupe les communes de Combaillaux, Grabels, Les Matelles, Saint-Clément-de-Rivière et de Saint-Gély-du-Fesc ; • le bassin de risque n° 3 regroupe les communes de Juvignac, Montpellier, Murviel-lès-Montpellier, Pignan et Saint-Georges-d’Orques. LE FEU DU 30 AOÛT 2010 QUI A TOUCHÉ 8 COMMUNES ET PARCOURU 2500 HECTARES EST LE FEU DE FORÊT LE PLUS IMPORTANT QU’AIT CONNU L’HÉRAULT CES 50 DERNIÈRES ANNÉES Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 121 Le site des services de l’État dans le département de l’Hérault : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/ Prevention-des-forets-contre-les-incendies/Signature-de-la-convention-relative-a-la-creation-de-la-cellule-technique-departementale-de-recherche-des-causes-des-incendies-de-forets-CTRC34 Pour en savoir LA CONNAISSANCE DES PHÉNOMÈNES Afin d’améliorer les connaissances sur les incendies, plusieurs dispositions sont mises en œuvre, notamment : • la cartographie systématique de tous les points d’éclosion et des contours des incendies de forêt ; • la cellule technique départementale de recherche des causes des incendies de forêt de l’Hérault (CTRCA 34) créée en 2009 qui a un double objectif : améliorer le niveau de connaissance des causes des incendies de forêt, dans un but de prévention des feux, et rechercher des preuves matérielles sur les causes des départs de feux en vue d’éventuelles poursuites judiciaires des auteurs ; • la réalisation de retours d’expérience sur les grands incendies pour mieux connaître leur développement et leur impact sur les biens ; • l’amélioration des connaissances des aléas dans le cadre du PDPFCI. La carte d’aléas départementale est en cours d’actualisation : elle fera l’objet d’un porter à connaissance, associé à des mesures de prévention traduisant les principes nationaux de maîtrise de l’urbanisation en zone d’aléa feu de forêt (note du ministère de l’écologie et du ministère du logement du 29 juillet 2015). Afin d’améliorer la connaissance des phénomènes la base de données Prométhée, spécifique aux incendies de forêts dans la zone méditerranéenne française, est alimentée régulièrement et de façon exhaustive concernant le département de l’Hérault. Dans chaque département, elle est alimentée par les services qui concourent à la prévention et la lutte (SDIS, DDTM, ONF, gendarmerie, police). L’objectif est de disposer d’un outil statis-tique fiable permettant des comparaisons spatiales, temporelles et une meilleure connaissance des causes. La préfecture de la zone Sud – délégation à la protection de la forêt méditerranéenne (DPFM) en assure le pilotage en liaison étroite avec le ministère l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. L’objectif de la stratégie de l’État est de diminuer les départs de feu et de limiter les surfaces brûlées, stratégie identifiée et décrite dans le PDPFCI. Toutefois, le PDPFCI est principalement centré sur la protection des forêts contre les incendies. La prévention du risque pour les biens et les personnes relève notamment des politiques d’aménagement et d’urbanisme, mises en œuvre à travers plusieurs dispositifs tels que les décisions et documents d’urbanisme, les plans de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF). Les actions préventives Ouvrier sylvicole lors de son travail de débroussaillage © Arnaud Bouissou / Terra LA BASE PROMÉTHÉE PERMET LE RECENSEMENT DE TOUS LES INCENDIES DE FORÊTS DE LA ZONE MÉDITERRANÉENNE 122 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs LES TRAVAUX DE PRÉVENTION Parmi les mesures prises ou à prendre pour réduire l’aléa feu de forêt ou la vulnérabilité des enjeux on peut citer les suivantes. Les mesures collectives Le Plan départemental de protection des forêts contre les incendies (PDPFCI) : Le code forestier (article L.133-2) prévoit l’établissement d’un PDPFCI dans les départements particulière-ment exposés au risque d’incendie de forêt. Son objectif est de réduire le nombre de départs de feux et les superficies brûlées et de prévenir leurs conséquences sur les personnes, les biens, les activités et les milieux naturels. Ce plan, arrêté par le préfet pour une durée maximale de 10 ans, inclut un affichage du risque (carte des aléas, analyse statistique des incendies, zones prioritaires pour les Plans de prévention des risques incendies de forêts). Il est complété par un découpage du territoire par massifs forestiers avec une analyse stratégique par massif, notamment des équipements de défense des forêts contre les incendies – DFCI – (pistes, points d’eau, tour de guet). Il intègre également des mesures de prévention telles que le brûlage dirigé ou le débroussaillement le long des voies ouvertes à la circulation publique. Le plan départemental actuel a été approuvé en juin 2013 et court jusqu’en 2022 suite à sa prorogation de 3 ans par arrêté du 25 mars 2019. Le renouvellement du PDPFCI est prévu en 2022. L’aménagement des zones forestières : La DDTM est chargée de mettre en œuvre les actions de prévention contre les incendies de forêt. Elle le fait en concertation permanente avec l’ensemble des partenaires concernés : collec-tivités (Conseil départemental, Communautés de communes, Métropole de Montpellier), État, établissements publics forestiers (ONF et centre national de la propriété forestière) et le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), ainsi qu’avec les représentants des comités communaux « feux de forêt » et de la chambre d’agriculture. Cette réflexion collective permet de mettre en place dans le département une politique cohérente et concertée de prévention des incendies de forêt. Ces différents partenaires se retrouvent dans différents groupes de travail thématiques, des réunions de programmation des crédits DFCI et des sous-commissions de sécurité feu de forêt. Équipements DFCI dans l’Hérault : Les aménagements ont vocation à améliorer la protection des massifs forestiers contre les incendies. On dénombre en 2020 environ 2 200 km de voiries DFCI (pistes et voies publiques) 2 500 ha débroussaillés de part et d’autre de ces voiries, 350 citernes réparties dans les massifs forestiers. La maîtrise d’ouvrage de ces aménagements est assurée par le Conseil départemental et l’ONF. LA SURVEILLANCE ET LA PRÉVISION DES PHÉNOMÈNES En période estivale où le risque d’incendie est maximal, les massifs forestiers les plus sensibles de la partie basse du département sont constamment surveillés : Conseil départemental, DDTM, ONF, SDIS, office français de la biodiversité (OFB), CCFF (comités communaux feux de forêt). La surveillance est assurée par un réseau de tours de guet (équipées progressivement de caméras de levé de doute et de patrouilles de surveillance, d’alerte et de première intervention armées pour attaquer les départs de feux (forestiers sapeurs du CD, agents de protection de la forêt méditerranéenne (APFM) de l’ONF et pompiers du SDIS). Le Conseil départemental est fortement impliqué en matière de surveillance. Pendant la même période, Météo-France établit deux fois par jour pour chacune des 8 zones météo du département une prévision du danger météorologique qui intègre à la fois les prévisions météo et l’état de sécheresse de la végétation et des sols. Ces prévisions sont diffusées aux services de prévention et de lutte contre les incendies de forêt. Les dispositifs de surveillance et de lutte sont adaptés au jour le jour en fonction de cette prévision. 800 bénévoles sont aussi présents au travers des 37 CCFF dont certains sont constitués en réserves communales de sécurité civile (RCSC). Ils assurent, sous l’autorité des maires, diverses missions relevant de la prévention et de la sensibilisation aux dangers des incendies de forêt, notamment la surveillance des massifs par des missions de patrouilles, de guidage des pompiers et d’assistance logistique à la gestion de crise sur le territoire communal. Citerne d’eau contre les incendies © Laurent Mignaux / Terra Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 123 LES TRAVAUX DE PRÉVENTION (SUITE) Les mesures individuelles Elles sont précisées par les deux arrêtés préfectoraux ci-dessous et s’appliquent dans les zones exposées aux incendies de forêt et à moins de 200 mètres de celles-ci (soit sur plus de 56 % de la superficie du département) : • débroussaillement légal autour des habitations ; • emploi du feu dans les massifs forestiers. Un arrêté préfectoral devrait réglementer prochainement les travaux susceptibles de générer des départs de feu l’été en fonction du niveau de vigilance incendie de forêt. Les obligations légales de débroussaillement (OLD) : L’arrêté préfectoral du 11 mars 2013 fixe et précise les règles concernant le débroussaillement obligatoire qui incombe au propriétaire ou ayant droit et s’applique notamment : • aux abords de constructions, chantiers, travaux ou installations sur une largeur de 50 mètres (selon un principe du droit des assurances, tout propriétaire est tenu d’assurer la protection de ses biens), et de 5 mètres de part et d’autre des voies privées y donnant accès ; • sur les terrains, bâtis ou non, situés en zone urbaine délimitée par un PLU approuvé ; • dans les ZAC, les secteurs de lotissement ou d’association foncière urbaine ; • dans les campings et les caravanings ; • dans les terrains situés dans les zones soumises aux prescriptions d’un Plan de Protection des Risques Naturels incendies de forêt. La distance de débroussaillement peut être portée par le maire à 100 mètres autour des constructions dans les zones les plus exposées. Plusieurs communes (Vacquières, Saint-Bauzille-de-Montmel, Saint-Gély-du-Fesc…) ont pris des arrêtés municipaux sur les parties de leur territoire communal à risque très élevé pour améliorer la protection passive des constructions en cas d’incendie de forêt. Il convient de se renseigner auprès de sa mairie pour connaître ses obligations. L’emploi du feu (arrêté préfectoral du 25 avril 2002) : Il est interdit d’apporter du feu, de fumer et de jeter des mégots de cigarette dans les espaces sensibles et sur les voies qui les traversent sous peine de sanctions. Les contrevenants encourent les sanctions prévues au Code forestier (135 € d’amende forfaitaire dans la majorité des cas). Les auteurs d’incendie sont passibles de peines d’emprisonnement et d’amendes prévues par le Code forestier et le Code pénal. Il en va de même en cas de non-respect des dispositions contenues dans l’arrêté relatif au débroussaillement. Zone brûlée à Loupian (2019) © DDTM 34 124 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Le site des services de l’État dans le département de l’Hérault : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/ Prevention-des-forets-contre-les-incendies/Plan-departemental-de-protection-des-forets-contre-les-incendies-2013-2019 Pour en savoir + Au niveau réglementaire, un arrêté préfec-toral fixe, pour l’Hérault, une période rouge (interdiction absolue de brûler) du 16 juin au 30 septembre ainsi que toute l’année lorsque le vent en rafales est supérieur à 40 km/h, et deux périodes soumises à déclaration (15 avril au 15 juin et 1er octobre au 15 octobre). En cas de conditions météorologiques exceptionnelles, des interdictions de brûler peuvent être édictées au-delà de la période rouge du 15 juin au 30 septembre. La période verte couvre le reste de l’année, où seuls sont tolérés les usages du feu admis par dérogation au principe d’interdiction générale précisée par l’article 84 du règlement sanitaire départemental (RSD). Les travaux susceptibles de générer des départs de feux : Afin de limiter les départs de feux accidentels dus à des travaux, une réflexion est en cours pour réglementer l’été en fonction du niveau de vigilance incendie de forêt l’usage de tout appareil ou matériel pouvant être à l’origine d’un départ de feu par échauffement, flamme nue ou production d’étincelles. Seront notamment concernés les travaux mécaniques agricoles, les travaux mécaniques de terrassement, les travaux mécaniques forestiers et les travaux d’entretien des espaces verts, espaces naturels et bords de voirie, les travaux en extérieur nécessitant l’usage de matériels de découpe, de soudure et d’abrasion. L’accès aux massifs : Contrairement aux départements côtiers méditerranéens de PACA, l’accès aux massifs forestiers n’est pas réglementé dans l’Hérault à l’exception des massifs forestiers situés au nord de la commune de Montpellier (bois de Montmaur et parc zoologique du Lunaret). Il est toutefois recommandé de ne pas s’aventurer en forêt à partir du niveau de risque météorologique sévère à très sévère. Depuis 2020, une communication sur le sujet est réalisée sur le site internet des services de l’État avec la mise en ligne du niveau de danger météorologique et des recommandations associées notamment en terme de fréquentation des massifs forestiers. En parallèle, une réflexion sera engagée dès la fin de la saison estivale 2020 pour réglementer à compter de l’été 2021 l’accès aux massifs forestiers les plus à risque du département en fonction du niveau de vigilance incendie de forêt. Brûlage Hérault (2019) © DDTM 34 Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 125 LA PRISE EN COMPTE DU RISQUE DANS L’AMÉNAGEMENT Afin de limiter les éventuels dommages, il est nécessaire de maîtriser l’aménagement du territoire, en évitant d’augmenter les risques dans les zones sensibles et en diminuant la vulnérabilité des zones déjà urbanisées : proscrire les constructions isolées et les zones d’urbanisation diffuse en forêt (mitage) ; aménager des accès aux moyens de lutte et d’évacuation des personnes : chemin d’accès débroussaillé d’une largeur suffisante, zones de croisement, aire(s) de retournement, poteaux ou citernes incendie. L’urbanisation peut être réglementée par trois documents. Le schéma de cohérence territoriale (SCOT) L’article L101-2 du code de l’urbanisme impose aux SCOT de prendre en compte la prévention des risques dans leur élaboration. C’est à l’échelle élargie du massif forestier et du bassin de vie (échelle intercommunale) qu’il est pertinent d’avoir une analyse globale pour conjuguer le projet de territoire et la prévention du risque feu de forêt. Le SCOT doit ainsi identifier et définir les zones à risque incendie de forêt et proscrire les aménagements futurs dans les zones les plus exposées. Le plan de prévention des risques incendie de forêt Le PPRIF, établi par l’État en concertation avec les collectivités locales, a pour objet la maîtrise de l’urbanisation dans les zones exposées à l’aléa. Il définit des zones d’interdiction et des zones de prescription (constructibles sous conditions). Il peut imposer d’agir sur le bâti existant pour réduire la vulnérabilité des biens. Le PPRIF délimite les zones concernées par l’aléa et y prescrit des mesures de prévention visant à ne pas augmenter les enjeux dans les zones les plus exposées et à réduire la vulnérabilité des personnes, des biens et des activités déjà implantés en zone de risque. C’est le document de référence pour la prise en compte de ce risque naturel dans l’aménagement du territoire. Le PPRIF approuvé vaut servitude d’utilité publique et doit être annexé au PLU. Le PPRIF comprend un rapport de présen-tation qui précise l’analyse des risques, le zonage réglementaire (croisement des aléas et enjeux) et le règlement appli-cable à chacune des zones (autorisation ou interdiction d’aménagement, prescriptions particulières pour certaines constructions, point d’eau, voiries, mesures constructives…). 17 communes du département, correspon-dant aux bassins de risques les plus expo-sés (voir précédemment) et subissant une forte pression d’urbanisation en périphé-rie de l’agglomération de Montpellier, sont concernées par un PPRIF approuvé depuis 2005 et 2008. Les documents d’urbanisme communaux Le code de l’urbanisme impose la prise en compte des risques dans les documents d’urbanisme. Ainsi, les PLU doivent réglementer les zones exposées afin de refuser les projets d’aménagement nouveaux et les constructions vulnérables dans les zones les plus exposées, ou les accepter sous certaines conditions. Pour les communes non couvertes par un PPRIF, un porter à connaissance (PAC) est réalisé par les services de l’État, qui apporte des éléments de connaissance sur l’exposition de la commune à l’aléa et les principes de prévention à mettre en œuvre. On rappelle que la carte d’aléas départementale, en cours d’actualisation, fera l’objet d’un porter à connaissance, associé à des mesures de prévention traduisant les principes nationaux de maîtrise de l’urbanisation en zone d’aléa feu de forêt (note du ministère de l’écologie et du ministère du logement du 29 juillet 2015). 17 COMMUNES DE L’HÉRAULT SONT COUVERTES PAR UN PPRIF Piste DFCI à Saint-Gély-du-Fesc © DDTM34 126 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs L’INFORMATION ET L’ÉDUCATION SUR LES RISQUES L’objectif recherché est la sensibilisation de la population sur les causes accidentelles de départs de feux : travaux, imprudences, jeux d’enfants, véhicules… Elle est réalisée via des campagnes d’information : « Sachez vous protéger des feux de forêt », vidéos sous forme tutorielle, dépliants, sensibilisation des scolaires, communiqués de presse, intervention auprès des médias, formation des élus et des policiers municipaux, réunions publiques, mise en place d’une vigilance incendie de forêt… Pour exemple, des communiqués de presse sont diffusés tout au long de l’année et notamment en début de période estivale : • pour informer la population, des risques d’incendies de végétation et de forêt auxquels elle est soumise ; • pour lui rappeler la conduite à tenir afin d’éviter toute mise en danger des personnes et des biens ; • pour la renseigner sur la réglementation en vigueur relative à la prévention des incendies de forêt ; • pour la réalisation des OLD. L’information préventive En complément du DDRM, pour les communes concernées par l’application du décret 90-918 du 11 octobre 1990 relatif à l’exercice du droit à l’information sur les risques majeurs, le préfet transmet au maire les éléments d’information concernant les risques de sa commune, précisant la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d’État mises en place. Dans le cadre de la mise en œuvre du PDPFCI, certaines actions d’information et de sensibilisation du grand public sont menées dans les zones sensibles et pendant les périodes sèches. Elles s’appuient sur les patrouilles estivales dont l’une des missions est précisément l’information, et qui sont en contact direct avec le public. Les supports d’information, régulièrement renouvelés, sont variés : • plaquettes d’information ; • signalétique sur le terrain ; • mise en ligne sur internet. Le maire élabore le DICRIM. Celui-ci synthétise les informations transmises par le préfet, complétées des mesures de prévention et de protection dont le maire a connaissance. Le maire définit les modalités d’affichage du risque feu de forêt et des consignes individuelles de sécurité. Il organise des actions de communication au moins tous les deux ans en cas de PPR naturel prescrit ou approuvé. Le préfet et le maire portent ainsi conjointe-ment la mission d’information préventive du citoyen, des scolaires et des professionnels. Les bénévoles des 37 CCFF participent à des actions de sensibilisation et d’information du public par la distribution de plaquettes d’informations auprès des touristes, promeneurs et des interventions auprès des scolaires. Le conseil départemental intervient également avec ses forestiers-sapeurs auprès des collégiens. L’information des acquéreurs ou locataires (IAL) L’information lors des transactions immo-bilières fait l’objet d’une double obligation à la charge des vendeurs ou bailleurs : • établissement d’un état des risques naturels et technologiques pour les biens situés dans un périmètre de PPRIF ; • déclaration d’une éventuelle indemnisation après sinistre. L’éducation et la formation sur les risques Elle concerne : • La sensibilisation et la formation des professionnels du bâtiment, de l’immobilier, des notaires, géomètres, des maires, des policiers municipaux. Cette action fait partie des mesures programmées dans le PDPFCI de l’Hérault. Elle comprend l’information et la formation en direction de publics spécifiques, tels que les maires par l’inter-médiaire de différents moyens tels que : - la participation à des manifestations générales (interventions à des congrès…) ; - l’organisation d’une formation spécifique avec l’appui du centre de formation des maires et des élus locaux (CFMEL) ; - la formation du personnel territorial par l’intermédiaire du centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Par ailleurs une information générale sur les journées de danger météorologique d’incendie, est assurée par l’intermé-diaire de Météo-France à l’attention des services en charge de la protection des forêts contre les incendies. • Les actions en liaison avec l’éducation nationale : l’éducation à la prévention des risques majeurs est une obligation dans le cadre de l’éducation à l’environnement pour un développement durable et de l’éducation à la sécurité civile. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 127 COUPURE DE COMBUSTIBLE LE RETOUR D’EXPÉRIENCE Les feux importants font l’objet de rapports de retour d’expérience dont les services de l’État et les élus locaux tirent les leçons. Le risque de feu évolue au fur à mesure de l’entretien des espaces naturels et forestiers, de la déprise agricole, et de l’urbanisation. Pour exemple : • le rapport relatif à la protection contre les incendies de forêt après les feux de l’été 2003 ; • le dossier de presse élaboré par la DDTM de l’Hérault (DDTM 34) suite aux grands incendies du 30 août 2010 qui ont touché 11 communes de l’Hérault. Après un diagnostic de cet événement, un plan d’actions a été signé entre l’État et les 11 communes concernées programmant des mesures immédiates et curatives ainsi que des actions préventives et réglementaires ; • la réalisation de retours d’expériences sur les conséquences des incendies de forêt de Combaillaux et de Saint-Gély-du-Fesc des 6 et 10 septembre 2017 et de l’incendie de Loupian du 8 septembre 2019 qui ont endommagé et détruit plusieurs constructions. LES TRAVAUX DE PROTECTION Pour maîtriser les facteurs naturels favorisant la propagation des incendies, la mise en place d’une politique globale d’aménagement et d’entretien de l’espace rural et forestier s’avère la solution la mieux adaptée. L’aménagement de la forêt consiste, entre autres, en mesures de prévention du risque de propagation du feu. Elles se traduisent par : • la réduction de la biomasse combustible, notamment par l’agriculture ; • la création de coupures de combustible, qui permettent de cloisonner les massifs. Ces dispositions permettent également de limiter la propagation des feux de forêt vers les zones urbanisées. Une coupure de combustible est une discontinuité dans le couvert forestier, permettant de diminuer la vulnérabilité de la forêt envers le feu et de faciliter l’intervention des moyens de lutte. Ces zones, généralement cultivées, sont dépourvues au maximum d’essences inflammables. Elles sont encore appelées coupure, zone tampon, zone coupe-feu. Brûlage Hérault (2019) © DDTM 34 128 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs L’organisation des secours Au niveau départemental Les moyens de protection sont prévus dans le cadre du PDPFCI de l’Hérault, et mis en œuvre annuellement dans le cadre de « l’ordre d’opération départemental feux de forêt » approuvé par arrêté préfectoral. Au niveau départemental, dès qu’un incendie concerne plusieurs communes, c’est le préfet qui est le directeur des opérations de secours. En cas de nécessité, il peut faire appel à des moyens zonaux ou nationaux. Les secours ont pour mission la protection de la forêt, des zones habitées ou aménagées et des personnes menacées par un incendie de forêt. Pour s’attaquer au feu, les sapeurs-pompiers disposent de moyens terrestres (véhicules d’intervention) qui peuvent être complétés par des moyens aériens (avions ou hélicoptères bombardiers d’eau), en cas de grands incendies. L’équipement des massifs qui consiste notamment à assurer aux sapeurs-pompiers et aux véhicules forestiers de première intervention des pistes d’accès et à implanter des citernes dans les zones forestières, permet d’améliorer la rapidité d’intervention.En effet, la rapidité d’intervention des secours conditionne fortement l’étendue potentielle d’un incendie. Aujourd’hui, la lutte contre les feux de forêts repose sur la mobilisation préventive des moyens d’intervention et sur une évaluation quotidienne et précise du risque. L’efficacité du dispositif de lutte dépend, en grande partie de la détection précoce des incendies et de l’engagement rapide des moyens d’intervention sur les feux. La mobilisation préventive des moyens est donc d’une extrême importance pour réduire le plus possible les délais d’action. En période estivale, la surveillance des massifs comprend une surveillance terrestre et une surveillance aérienne, coordonnée par le préfet de zone. La stratégie de maîtrise des feux naissants : Développée depuis 1987 dans le midi médi-terranéen, elle repose sur des mesures de prévention opérationnelle : • attaque rapide et massive de tout feu naissant ; • quadrillage préventif du terrain, en fonction du niveau de risque météorologique, par des moyens forestiers et pompiers de surveillance, d’alerte et de première intervention ainsi que par le pré-positionnement sur des lieux stratégiques du territoire de groupes de véhicules de lutte contre les incendies de forêt ; • cellule aérienne départementale. Le département de l’Hérault est le seul département de la zone de défense Sud à mettre en œuvre depuis plus de 10 ans une cellule aérienne composée de 3 avions bombardiers d’eau type Air tractor d’une capacité de 3 000 l permettant une attaque rapide des feux naissants, guet Aérien Armé par les bombardiers d’eau de la sécurité civile, permettant d’intervenir sur tout départ de feu dans les 10 premières minutes. Cette stratégie montre son efficacité, puisqu’elle a permis, de traiter très rapide-ment la quasi-totalité des départs d’incendie (70 à 80 % des incendies font moins de 1 ha, 5 % des incendies sont à l’origine de 80 à 90% des surfaces brûlées). Fire Boss en plein vol lors d’un lâcher d’eau © Laurent Mignaux / Terra Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 129 Le site des services de l’État dans le département de l’Hérault : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Securite-et-protection-de-la-population/Protection-civile/ Prevention-des-risques/Plan-communal-de-sauvegarde/Plan-communal-de-sauvegarde Le site du ministère de l’Intérieur : www.interieur.gouv.fr/Media/Securite-civile/Files/PPMS Pour en savoir + Le site du ministère de l’Intérieur : www.interieur.gouv.fr/Media/Securite-civile/Files/je-me-protege-en-famille Pour en savoir + Au niveau communal Le maire est directeur des opérations dès lors qu’un incendie se déroule sur le territoire de sa commune. C’est le maire, détenteur des pouvoirs de police, qui a la charge d’assurer la sécurité de la population dans les conditions fixées par le code général des collectivités territoriales. À cette fin, il prend les dispositions lui permettant de gérer la crise. Pour cela le maire élabore sur sa commune un PCS qui est obligatoire si un PPRIF est approuvé ou si la commune est comprise dans le champ d’un PPI. Il est important que les communes à risques, identifiées dans le DDRM comme celles concernées par un PPR ou un PPI, disposent d’un PCS, voire d’un PCS élaboré à l’échelle intercommunale. Ce document intègre tous les risques, et notamment le risque feu de forêt. Pour être réellement opérationnel, il doit être régulièrement testé. Pour les établissements recevant du public, le gestionnaire doit veiller à la sécurité des personnes en attendant l’arrivée des secours. Il a été demandé aux directeurs d’école et aux chefs d’établissements scolaires d’élaborer un PPMS afin d’assurer la sûreté des enfants et du personnel. Au niveau individuel Lorsque la commune est couverte par un plan de prévention des risques incendie de forêt (PPRIF) le règlement comprend des prescriptions (mesures de mitigation) ou des recommandations visant à réduire la vulnérabilité des habitations situées en zone bleue et rouge. Nota : Les règles de construction, données à titre indicatif dans les PPRIF, peuvent être utilisées pour les habitations situées en zone sensible, lors de travaux de réfection d’un bâti existant, afin de réduire la vulnérabilité de la construction au risque de feux de forêt. En l’absence de PPRIF, il est possible de faire effectuer des travaux ou d’entreprendre des aménagements (mesures d’autoprotection telles que des occultants d’ouvertures résistants au feu, des moyens de prévention individuels comme des pompes…) afin de réduire la vulnérabilité des personnes et des biens. L’objectif est de mettre les personnes à l’abri, de retarder les effets du feu, et de limiter les dommages. L’élaboration d’un Plan familial de mise en sûreté (PFMS) : La préparation à la gestion de crise est une responsabilité partagée. Elle incombe aux pouvoirs publics mais également à chaque citoyen. Le guide « Je me protège en famille » aide le particulier à organiser son autonomie durant cette phase critique, en élaborant son « Plan familial de mise en sûreté ». 130 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Les consignes individuelles de sécurité APRÈS : CONFORTER SA SÉCURITÉ • Éteindre les foyers résiduels. • Surveiller les éventuelles reprises de feu. AVANT : PRÉVOIR • Repérer les chemins d’évacuation, les abris. • Prévoir des moyens de lutte (eau, matériels...). • Débroussailler autour de la maison (50 mètres ou plus). • Ne pas accoler à la maison des réserves de combustibles. • S’il existe une piscine, la rendre accessible et prévoir une motopompe thermique stockée dans un endroit protégé. PENDANT : AGIR Si vous êtes témoin d’un départ de feu • Informer les services d’intervention (sapeurs-pompiers : 18 ou 112 portable) le plus vite et le plus précisément possible. • Si possible attaquer le feu. • Rechercher un abri en fuyant. • Respirer à travers un linge humide. • Ne pas circuler en voiture. Dans un bâtiment • Ouvrir le portail du terrain. • Fermer les bouteilles de gaz. • Fermer et arroser volets, portes et fenêtres. • Occulter les aérations avec des linges humides. • Mettre les tuyaux d’arrosage à l’abri. QUE DOIT FAIRE LA POPULATION ? RESPECTER LES CONSIGNES ÉCOUTER LA RADIO (STATIONS LOCALES) SE METTRE À L’ABRI Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 131 Le site du ministère de la Transition écologique www.ecologique-solidaire.gouv.fr/ prevention-des-feux-foret www.georisques.gouv.fr/risques/feux-de-foret Le site du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation www.agriculture.gouv.fr/prevenir-et-lutter-contre-les-incendies-de-foret Le site des services de l’État dans le département de l’Hérault www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/ Agriculture-foret-et-developpement-durable/Foret/Prevention-des-forets-contre-les-incendies www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/ Environnement-risques-naturels-et-technologiques/Risques-naturels-et-technologiques Le site Prométhée : banque de données sur les incendies de forêt en région méditerranéenne www.promethee.com LE RISQUE FEU DE FORÊT Pour en savoir plus Contacts Service Adresse Téléphone SDIS 150, rue Supernova 34570 Vailhauquès 04 67 10 34 18 04 67 10 35 18 DDTM de l’Hérault 181, place Ernest Granier, CS 60556 34064 Montpellier cedex 2 04 34 46 60 00 ONF - Direction territoriale Midi-Méditerranée (Régions Occitanie et Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur) 505, rue Croix Verte 34094 Montpellier Cedex 04 67 04 66 99 Conseil départemental de l’Hérault Hôtel du département, Mas d'Alco 1977, avenue des moulins 34087 Montpellier Cedex 4 04 67 67 67 67 Association départementale des CCFF et des RCSC de l’Hérault 8, ZA les Baronnes 34730 Prades-le-Lez 04 67 59 77 17 Mairie Coordonnées disponibles sur le site : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Elections-et-citoyennete/Les-elus/Les-maires Préfecture de l’Hérault 34, place Martyrs de la Résistance 34000 Montpellier 04 67 61 61 61 132 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Communes soumises au risque feu de forêt Risque fort Risque moyen Risque faible ou nul DDTM34 Direction Départementale des Territoires et de la Mer Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 133 © Laurent Mignaux / Terra
GÉNÉRALITÉS
Un feu de forêt est un incendie qui touche des zones boisées, telles que forêts, landes et maquis, avec une surface supérieure à un hectare. La France, avec plus de quinze millions d’hectares de zones boisées, est particulièrement vulnérable aux incendies, surtout en région méditerranéenne. L'État a mis en place une politique de prévention qui inclut la surveillance, la gestion des forêts, la connaissance des causes d'incendie et l'information du public. Le risque d'incendie de forêt est déterminé par l'interaction entre l'aléa feu et l'enjeu humain, qui comprend les personnes et les biens.
LE RISQUE FEU DE FORÊT DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
La propagation d'un feu dépend de son intensité et de divers facteurs naturels et anthropiques. Les modes de propagation incluent les feux de sol, qui brûlent la matière organique en profondeur, les feux de surface, qui affectent la végétation basse, et les feux de cimes, qui atteignent le sommet des arbres et se propagent rapidement. Chacun de ces types de feu présente des caractéristiques distinctes en termes de vitesse de propagation et d'impact sur l'écosystème.
Le document aborde les conditions nécessaires au développement des incendies, qui reposent sur la présence d'un combustible, d'un comburant et d'une source de chaleur. Il souligne les facteurs naturels, topographiques et d'origine humaine qui prédisposent ou aggravent le risque d'incendie, tels que les vents desséchants, la sécheresse, l'urbanisation croissante et l'enfrichement des terres agricoles. En 2019, le département de l'Hérault a enregistré 203 feux de forêt et 1 086 feux en zone péri-urbaine, illustrant l'ampleur du problème.
Impact du Changement Climatique
Le document met également en lumière l'impact du changement climatique sur les incendies de forêt, avec une prévision d'augmentation des températures, de canicules et de sécheresses d'ici la fin du XXIe siècle. Les rapports d'expertise indiquent que ces phénomènes vont intensifier le danger d'incendie et élargir les zones sensibles, rendant la situation encore plus préoccupante pour l'avenir.
Le PNACC, en accord avec la loi sur la programmation du Grenelle de l’environnement, vise à préparer la France aux nouvelles conditions climatiques en présentant des mesures concrètes. Le premier PNACC (2011-2015) a été évalué pour renforcer la stratégie nationale, et le PNACC 2 a pour objectif d'assurer une adaptation efficace au climat d'ici le milieu du XXIe siècle, en tenant compte d'une hausse de température mondiale de +1,5 à 2 °C.
Les incendies de forêt, exacerbés par le changement climatique, représentent un risque accru, notamment dans les départements méditerranéens. En France, près de 6 000 communes sont menacées, avec des conséquences humaines, économiques et environnementales significatives. L'année 2003 a été particulièrement marquante avec 10 morts et plus de 73 000 hectares brûlés. Bien que la surface moyenne brûlée ait diminué depuis les années 1990, la probabilité de grands feux catastrophiques augmente en raison de la biomasse combustible accrue et des conditions de sécheresse.
Le document présente des données sur les incendies de forêt dans les départements méditerranéens de la région Occitanie entre 2000 et 2018, en mettant l'accent sur l'Hérault. Ce département, avec un taux de boisement de 47,7 %, a vu sa surface forestière doubler depuis 1974, atteignant environ 297 000 ha. Les espaces naturels combustibles représentent 56,2 % de la superficie du département. La majorité des incendies (95 %) sont d'origine anthropique, avec des causes variées allant de l'imprudence à la malveillance.
Évolution des surfaces forestières
Le document retrace également l'évolution des surfaces forestières et de landes dans l'Hérault de 1878 à 2017. La surface totale du département est de 622 500 ha, et le taux de couverture forestière a augmenté au fil des ans, passant de 13 % en 1878 à 42 % entre 2009 et 2013. Les surfaces exposées aux incendies de forêt ont également été suivies, montrant une tendance stable malgré l'augmentation des surfaces boisées.
Entre 1973 et 2019, l'Hérault a enregistré plus de 44 669 hectares brûlés à la suite de 6 903 départs de feu, avec des événements marquants tels que des incendies en 1973 et 1989 ayant ravagé jusqu'à 1 835 hectares. Les données montrent une tendance à la hausse des incendies, avec une moyenne annuelle de 167 incendies et 804 hectares brûlés entre 2000 et 2018, et une augmentation notable en 2019 avec 203 incendies et 1 217 hectares.
Événements récents
Depuis 2000, plusieurs incendies significatifs ont eu lieu, notamment en 2010 où 2 544 hectares ont été touchés. Les événements récents incluent des incendies en 2016, 2017 et 2019, avec des superficies brûlées variant de 140 à 237 hectares. Ces statistiques soulignent l'importance de la gestion des risques liés aux incendies de forêt dans la région.
L'incendie de Fontanès a ravagé 2 544 hectares, touchant 8 communes, dont Saint-Bauzille-de-Montmel et Guzargues, entraînant l'évacuation de 2 500 personnes. Cet événement est le plus important enregistré dans l'Hérault depuis 50 ans, représentant 50 % de la surface brûlée en région méditerranéenne française en 2010. En comparaison, un incendie majeur en 1989 avait parcouru 1 835 hectares. D'autres incendies, comme ceux de Roquessels-Gabian et Saint-Pons-de-Mauchiens, ont également eu lieu en 2016, causant des pertes humaines et mobilisant d'importants moyens de secours.
Enjeux et Risques
Le risque d'incendie est élevé dans les zones boisées proches des habitations, particulièrement dans les zones d'urbanisation diffuse. L'interface habitat-forêt, où se rencontrent espaces naturels et zones urbanisées, est particulièrement vulnérable. Des plans de prévention des risques d'incendies de forêt (PPRIF) ont été établis pour plusieurs bassins de risque autour de Montpellier, afin de protéger les personnes et les biens. Les communes concernées ont mis en place des mesures pour mieux gérer et prévenir les incendies, en tenant compte de la densité des constructions et des enjeux humains.
Le document présente les initiatives mises en place pour la prévention des incendies de forêt dans le département de l'Hérault, notamment la création de la cellule technique départementale de recherche des causes des incendies (CTRCA 34) en 2009, qui vise à améliorer la connaissance des causes des feux et à faciliter d'éventuelles poursuites judiciaires. Il souligne également l'importance de la base de données Prométhée, qui recense les incendies de forêts en zone méditerranéenne, et le rôle de la préfecture et des différents services dans la collecte d'informations pour mieux comprendre et prévenir ces événements.
Les travaux de prévention
Le Plan départemental de protection des forêts contre les incendies (PDPFCI) est un élément central de la stratégie de l'État pour réduire les départs de feu et les surfaces brûlées. Ce plan, qui doit être mis à jour tous les dix ans, inclut des mesures de prévention comme le débroussaillement et le brûlage dirigé, ainsi qu'une analyse des massifs forestiers pour optimiser les équipements de défense contre les incendies. Des actions collectives sont également mises en œuvre pour sensibiliser et protéger les personnes, les biens et les milieux naturels face aux risques d'incendie.
Le plan départemental de prévention des incendies de forêt (PDPFCI) a été approuvé en juin 2013 et est prolongé jusqu'en 2022. La Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) coordonne les actions de prévention en collaboration avec divers partenaires, tels que le Conseil départemental, l'ONF et le SDIS. En 2020, environ 2 200 km de voiries DFCI et 350 citernes ont été mises en place pour protéger les massifs forestiers. La surveillance des massifs, particulièrement en été, est assurée par un réseau de tours de guet et des patrouilles, avec des prévisions météorologiques fournies par Météo-France.
Travaux de Prévention
Des mesures individuelles de prévention, telles que le débroussaillement autour des habitations, sont imposées dans les zones à risque, représentant plus de 56 % du département. Un arrêté préfectoral régule également les travaux pouvant provoquer des départs de feu. Les obligations légales de débroussaillement, définies par un arrêté de 2013, incombent aux propriétaires et s'appliquent aux abords des constructions et installations.
Le document traite des obligations de débroussaillement et de prévention des incendies de forêt dans le département de l'Hérault. Il stipule que les propriétaires doivent assurer une distance de débroussaillement de 50 mètres autour de leurs biens, pouvant être portée à 100 mètres dans les zones à risque élevé. Des arrêtés municipaux ont été pris pour renforcer la protection des constructions, et il est conseillé de se renseigner auprès de la mairie pour connaître les obligations spécifiques. L'emploi du feu est strictement réglementé, avec des amendes et des peines de prison pour les contrevenants.
Réglementation sur l'accès aux massifs
Le document mentionne également la réglementation concernant l'accès aux massifs forestiers, qui n'est pas strictement encadrée dans l'Hérault, sauf pour certaines zones. Il est recommandé d'éviter les forêts en cas de risque météorologique sévère. Des efforts de communication sont en cours pour informer le public sur le niveau de danger et les recommandations associées, avec une réflexion pour réglementer l'accès aux massifs les plus à risque à partir de l'été 2021.
LA PRISE EN COMPTE DU RISQUE DANS L’AMÉNAGEMENT
Pour limiter les dommages liés aux incendies de forêt, il est essentiel de maîtriser l’aménagement du territoire en évitant d'augmenter les risques dans les zones sensibles et en réduisant la vulnérabilité des zones urbanisées. Cela inclut la proscription des constructions isolées en forêt et l'aménagement d'accès pour les moyens de lutte contre les incendies. Trois documents réglementaires encadrent cette urbanisation : le schéma de cohérence territoriale (SCOT), le plan de prévention des risques incendie de forêt (PPRIF) et les documents d’urbanisme communaux. Le SCOT doit identifier les zones à risque et interdire les aménagements dans les zones les plus exposées, tandis que le PPRIF définit des zones d'interdiction et de prescription pour maîtriser l'urbanisation dans les zones à risque.
L’INFORMATION ET L’ÉDUCATION SUR LES RISQUES
La sensibilisation de la population aux causes des départs de feux est primordiale et se fait à travers diverses campagnes d'information, vidéos, dépliants, et interventions dans les écoles. Des efforts sont également déployés pour former les élus et les policiers municipaux, organiser des réunions publiques et mettre en place une vigilance incendie de forêt. Ces initiatives visent à informer le public sur les comportements à risque et à promouvoir des mesures de prévention efficaces.
Le document traite des actions de communication et d'information mises en place pour sensibiliser la population aux risques d'incendies de végétation et de forêt, notamment à travers des communiqués de presse, des plaquettes d'information, et des patrouilles estivales. Le préfet transmet des informations aux maires concernant les risques spécifiques à chaque commune, qui élaborent ensuite le DICRIM pour synthétiser ces données et définir les modalités d'affichage des risques. Les bénévoles des CCFF et le conseil départemental participent également à ces actions de sensibilisation.
Information des acquéreurs et formation
Le document souligne l'importance de l'information lors des transactions immobilières, imposant aux vendeurs et bailleurs de fournir un état des risques naturels et technologiques. De plus, il aborde la nécessité de former et sensibiliser divers professionnels, tels que les maires et les agents de la fonction publique, sur les risques d'incendie. L'éducation à la prévention des risques majeurs est intégrée dans le cadre de l'éducation à l'environnement et à la sécurité civile, avec des actions coordonnées avec l'éducation nationale.
LE RETOUR D’EXPÉRIENCE
Les rapports de retour d'expérience sur les feux importants permettent aux services de l'État et aux élus locaux d'apprendre des événements passés, tels que les incendies de forêt de l'été 2003 et ceux de l'Hérault en 2010. Ces rapports incluent des diagnostics et des plans d'actions signés entre l'État et les communes touchées, visant à mettre en place des mesures curatives et préventives. Des retours d'expérience ont également été réalisés suite aux incendies de Combaillaux, Saint-Gély-du-Fesc et Loupian, qui ont causé des dommages significatifs.
LES TRAVAUX DE PROTECTION
Pour limiter la propagation des incendies, une politique d'aménagement et d'entretien des espaces ruraux et forestiers est essentielle. Cela inclut la réduction de la biomasse combustible et la création de coupures de combustible pour cloisonner les massifs forestiers. Au niveau départemental, le préfet dirige les opérations de secours en cas d'incendie touchant plusieurs communes, mobilisant des moyens terrestres et aériens pour protéger les forêts et les zones habitées. L'efficacité de la lutte contre les feux de forêt repose sur la détection précoce des incendies et une intervention rapide, avec une surveillance renforcée durant l'été.
La stratégie de maîtrise des feux naissants, mise en place depuis 1987 dans le midi méditerranéen, repose sur des mesures de prévention opérationnelle telles que l'attaque rapide des feux, le quadrillage préventif du terrain et l'utilisation d'une cellule aérienne dans le département de l'Hérault. Cette cellule, composée de trois avions bombardiers d'eau, permet une intervention rapide sur les départs de feu, montrant une efficacité notable en traitant 70 à 80 % des incendies avant qu'ils ne s'étendent.
Au niveau communal, le maire est responsable de la sécurité de la population en cas d'incendie et doit élaborer un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) si la commune est à risque. Les établissements recevant du public doivent également mettre en place des mesures de sécurité. À l'échelle individuelle, des prescriptions dans le cadre des Plans de Prévention des Risques Incendie de Forêt (PPRIF) visent à réduire la vulnérabilité des habitations. En l'absence de PPRIF, des travaux d'autoprotection peuvent être entrepris pour protéger les personnes et les biens.
Le document aborde la responsabilité partagée en matière de sécurité face aux risques de feux de forêt, soulignant l'importance d'un engagement à la fois des pouvoirs publics et des citoyens. Il présente le guide « Je me protège en famille », qui aide les particuliers à élaborer un « Plan familial de mise en sûreté » pour organiser leur autonomie durant cette période critique. Les consignes de sécurité sont divisées en trois phases : avant, pendant et après un incendie, incluant des actions préventives comme le débroussaillage et la préparation d'abris, ainsi que des mesures à prendre en cas de départ de feu.
Consignes de sécurité
Les consignes de sécurité incluent des actions à réaliser avant un incendie, comme repérer les chemins d'évacuation et préparer des moyens de lutte, ainsi que des actions à entreprendre pendant un incendie, telles que l'alerte des services d'intervention et la recherche d'abri. Le document insiste également sur l'importance de respecter les consignes, d'écouter les stations de radio locales et de se mettre à l'abri. Des ressources supplémentaires et des contacts pour les services d'urgence sont fournis pour aider la population à mieux se préparer et réagir face aux risques d'incendie.
Ce document présente des informations sur l'Association départementale des CCFF et des RCSC de l’Hérault, ainsi que des coordonnées pour contacter la mairie et la préfecture de l'Hérault. Il mentionne également un dossier départemental sur les risques majeurs, en particulier le risque de feu de forêt, en classifiant les communes selon leur niveau de risque (fort, moyen, faible ou nul).
Images
Le document inclut une image de Laurent Mignaux / Terra, qui est probablement liée à la thématique des risques majeurs.
Risque : Feu de forêt
Consignes de sécurité :
Avant :
- Repérer les chemins d’évacuation et les abris.
- Prévoir des moyens de lutte (eau, matériels).
- Débroussailler autour de la maison (50 mètres ou plus).
- Ne pas stocker de combustibles près de la maison.
- Rendre la piscine accessible et prévoir une motopompe.
Pendant :
- Informer les sapeurs-pompiers (18 ou 112) en cas de départ de feu.
- Si possible, attaquer le feu.
- Rechercher un abri en fuyant.
- Respirer à travers un linge humide.
- Ne pas circuler en voiture.
Après :
- Éteindre les foyers résiduels.
- Surveiller les reprises de feu.
À respecter :
- Écouter la radio locale.
- Se mettre à l’abri.
Médias 12
Génération IA
Génère une description du risque à partir des données ingérées via l'IA.
Génère les gestes de prévention adaptés au risque via l'IA.