Risques industriels - DDRM de l'Hérault (34)
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LE RISQUE INDUSTRIEL GÉNÉRALITÉS Qu’est-ce que le risque industriel ?............................................................p.228 Comment se manifeste t-il ?.......................................................................p.230 Les conséquences sur les personnes et les biens.....................................p.231 Le contexte régionnal...................................................................................p.232 LE RISQUE INDUSTRIEL DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT Le risque industriel......................................................................................p.235 Historique du risque industriel....................................................................p.237 Les actions préventives................................................................................p.238 L’organisation des secours..........................................................................p.241 Pour en savoir plus............................................................................... p.242 Annexe cartographique des communes à risque.................................. p.243 Un risque industriel majeur est un événement accidentel se produisant sur un site industriel et entraînant des conséquences immédiates graves pour le personnel, les populations avoisinantes et/ ou l’environnement. Les générateurs de risques sont regroupés en deux familles : • les industries chimiques fabriquent des produits chimiques de base, des produits destinés à l’agroalimentaire (notamment les engrais), les produits pharmaceutiques et de consommation courante (eau de javel, etc.) ; • les industries pétrochimiques produisent l’ensemble des produits dérivés du pétrole (essences, goudrons, gaz de pétrole liquéfié). Par ailleurs, il existe d’autres activités génératrices de risques : les activités de stockage (entrepôts de produits combustibles, toxiques, inflammables; silos de stockage de céréales ; dépôts d’hydrocarbures ou de GPL…). Tous ces établissements sont des établissements fixes qui produisent, utilisent ou stockent des produits répertoriés dans une nomenclature spécifique établie par décret: nomenclature des ICPE. La législation française des installations classées pour la protection de l’environnement soumet les activités industrielles à «déclaration» ou à «autorisation» suivant les risques qu’elles peuvent générer. L’inspection des installations classées a pour mission de contrôler les exploitations industrielles ou agricoles susceptibles de créer des risques ou de provoquer des pollutions ou des nuisances. Chaque année près de 1 200 inspecteurs assurent la police de l’environnement pour les 500 000 installations classées présentes sur le territoire national. GÉNÉRALITÉS Qu’est-ce que le risque industriel ? LES SITES SEVESO Les établissements présentant les dangers les plus graves pour la population ou l’environnement relèvent de la directive SEVESO. Ainsi, sont classés SEVESO les établissements qui stockent, utilisent ou produisent des substances ou mélanges ou catégories de substances ou mélanges dont les quantités maximales présentes ou susceptibles d’être présentes à tout moment sur le site sont supérieures à un certain seuil. Le classement SEVESO est défini par la nomenclature des ICPE, avec deux catégories d’installations en fonction de la quantité de substances dangereuses présentes. • Les entreprises mettant en œuvre les plus grandes quantités de substances dangereuses dites « SEVESO seuils hauts », font l’objet d’une attention particulière de l’État. Elles sont soumises à autorisation avec servitudes (possibilité d’instituer une servitude d’utilité publique concernant l’utilisation du sol ainsi que l’exécution de travaux soumis à permis de construire). • Les entreprises dites « SEVESO seuils bas » ont des contraintes moindres mais doivent élaborer une politique de prévention des accidents majeurs. Elles sont soumises à autorisation. LA POLLUTION DES SOLS D’ORIGINE INDUSTRIELLE Au risque lié aux installations aujourd’hui en activité, s’ajoute un risque hérité du passé industriel de certains sites : la pollution des sols d’origine industrielle. Afin d’en prévenir les effets, plusieurs dispositifs sont mis en œuvre depuis le début des années 1990. Les démarches de gestion mises en place s’appuient sur les principes suivants: prévenir les pollutions futures ; mettre en sécurité les sites nouvellement découverts; connaître, surveiller et maîtriser les impacts; traiter et réhabiliter en fonction de l’usage puis pérenniser cet usage ; garder la mémoire ; impliquer l’ensemble des acteurs. Les préoccupations liées à l’état des sols se sont renforcées ces dernières années, pour plusieurs raisons. • Les importantes mutations de l’industrie entraînent de nombreux arrêts d’exploitations, mais aussi parfois leur remplacement par de nouvelles activités industrielles. Ces changements sont souvent l’occasion de faire un état des lieux, notamment en lien avec l’obligation de remise en état qui incombe à l’ancien exploitant. • La pression démographique et la concentration des populations dans les zones urbanisées créent également une demande foncière forte : des terrains laissés sans usage depuis de nombreuses années sont alors redécouverts, parfois pour y implanter de nouvelles activités industrielles mais également pour y construire de l’habitat. • La découverte de pollutions oubliées à cette occasion appelle une réponse adaptée à ces enjeux qui sont au croisement des préoccupations de santé publique, de protection de l’environnement et d’utilisation durable de l’espace. Biocarburant, usine de production d’éthanol © Laurent Mignaux / Terra Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 229 Le site de l’institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) : www.ineris.fr/fr/risques/comment-evaluer-risque/evaluer-risque-accidentel/ phenomenes-dangereux-accidentels Pour en savoir © Laurent Mignaux / Terra Pour les sites en activité, les principales manifestations du risque industriel sont regroupées sous trois typologies d’effets qui peuvent se combiner. • Les effets thermiques sont générés par le rayonnement thermique d’un incendie ou d’une explosion. • Les effets mécaniques sont liés à une surpression, résultant d’une onde de choc (déflagration ou détonation), provoquée par une explosion. Celle-ci peut être issue d’un explosif, d’une réaction chimique violente, d’une combustion violente (combustion d’un gaz), d’une décompression brutale d’un gaz sous pression (explosion d’une bouteille d’air comprimé par exemple) ou de l’inflammation d’un nuage de poussières combustibles. Les effets d’une surpression sont principalement indirects, dus à la projection de débris ou à l’effondrement de structures dans les zones d’intensité les plus élevées. Dans ces mêmes zones, les effets peuvent également être directs et provoquer des lésions aux tympans et aux poumons. • Les effets toxiques résultent de l’inhalation d’une substance chimique toxique (chlore, ammoniac, phosgène, etc.), suite à une fuite sur une installation ou à une réaction chimique (combustion, décomposition, mélanges) de produits dégageant des fumées toxiques. Les effets découlant de cette inhalation peuvent être, par exemple, un œdème du poumon ou une atteinte au système nerveux. S’agissant du risque spécifique de pollution des sols par les anciennes activités industrielles, il est susceptible de générer des effets toxiques pour les personnes amenées à fréquenter le site pollué de manière prolongée, mais également pour les milieux naturels et agricoles voisins. Comment se manifeste-il? 230 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Les conséquences humaines : il s’agit des personnes physiques directement ou indirectement exposées aux conséquences de l’accident. Elles peuvent se trouver dans un lieu public, chez elles, sur leur lieu de travail, etc. Le risque peut aller de la blessure légère au décès. Le type d’accident influe sur le type des blessures. Les conséquences économiques : un accident industriel majeur peut altérer l’outil économique d’une zone. Les entreprises, le patrimoine, les réseaux d’eau, téléphonique et électrique, les routes ou les voies de chemin de fer voisines du lieu de l’accident peuvent être détruites ou gravement endommagées. Dans ce cas, les conséquences économiques peuvent être désastreuses. Les conséquences environnementales : un accident industriel majeur peut avoir des répercussions importantes sur les écosystèmes. On peut assister à une destruction de la faune et de la flore, mais les conséquences d’un accident peuvent également avoir un impact sanitaire (pollution d’une nappe phréatique par exemple). Les conséquences sur les personnes et les biens DATE LOCALISATION TYPE D’ACCIDENT VICTIMES ET DÉGÂTS 1966 Feyzin - France Incendie d’une industrie pétrochimique 18 morts ; 84 blessés 1974 Flixborough - Grande Bretagne Explosion sur un site industriel (industrie chimique) 28 morts ; 89 blessés 1976 Seveso - Italie Fuite de dioxine d’une usine chimique Pas de mort dans l’immédiat mais 37 000 personnes touchées ; catastrophe écologique 1984 Mexico - Mexique Explosion d’un terminal de gaz de pétrole liquéfié Plus de 574 morts ; 7 000 blessés 1984 Bhopal - Inde Fuite d’un gaz toxique (usine de pesticides) Environ 2;500 morts ; 250.000 blessés 2001 Toulouse - France Explosion d’un site industriel (usine chimique : fabrication d’engrais) 30 morts ; plus de 2 500 blessés 2005 Buncefield - Grande Bretagne Explosion dans un dépôt de carburant 43 blessés ; incendie phénoménal 2015 Tianjin - Chine Explosions dans un entrepôt de matières dangereuses 173 morts, 720 blessés et 70 disparus (principalement des pompiers) Un certain nombre d’accidents industriels majeurs sont survenus dans le monde et ont été marquants par leur ampleur, leur violence et leurs conséquences. (Source Géorisques : dossier d’information sur le risque industriel) Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 231 Le contexte régional En France, l’année 2018, avec 1 112 accidents et incidents recensés dans les installations classées, tend à montrer une évolution crois-sante de l’accidentologie par rapport aux années 2017 et 2016 avec respectivement 978 et 827 événements. L’accidentologie des établissements SEVESO contribue significativement à cette évolution (25 % en 2018, 22 % en 2017, 15 % en 2016). Les effets des accidents restent pour une grande part confinés à l’intérieur des sites. Les blessés parmi le public, au nombre de 25 en 2018, 43 en 2017 et 37 en 2016, ont été incommodés par les fumées d’incendie ou par des émanations de produits toxiques. Au sein du ministère de la Transition écologique, le bureau d’analyse des risques et pollutions industriels (BARPI) est chargé de rassembler, d’analyser et de diffuser les informations et le retour d’expérience en matière d’accidents industriels et technologiques. La base de données ARIA (analyse, recherche et information sur les accidents) répertorie les incidents, accidents ou presque accidents qui ont porté, ou auraient pu porter atteinte à la santé ou la sécurité publique ou à l’environnement. Les pollutions induites par les anciennes activités industrielles sont susceptibles de générer un risque sanitaire pour les popula-tions amenées à fréquenter le site pollué, mais également un risque de contami-nation des milieux naturels et des productions agricoles. Ces pollutions sont donc princi-palement associées à des conséquences humaines et environnementales. LES SITES SEVESO En Occitanie, 83 établissements industriels (1 312 en France en 2018) relèvent de la directive SEVESO (hydrocarbures, chimie, engrais, explosifs…), 47 établissements correspondent au seuil haut de cette directive et 36 établissements au seuil bas (données Occitanie à fin 2019). Suite à la catastrophe d’AZF, la loi du 30 juillet 2003 a complété le dispositif législatif de la prévention des risques technologiques en mettant la priorité sur la réduction du risque à la source. Cette même loi a introduit dans l’arsenal réglementaire de nouvelles dispositions telles : • la mise en œuvre de plans de prévention des risques technologiques (PPRT) visant à limiter l’exposition des populations aux risques par la maîtrise de l’urbanisation autour des sites à haut risque ; • la création de lieux d’échange et de débats sur la prévention des risques industriels : les commissions de suivi de site (CSS), créées par la loi dite « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010, se substituent aux comités locaux d’information et de concertation (CLIC) autour des industriels, et à la commission locale d’information et de surveillance (CLIS) présentes autour des installations de traitement de déchets. Un élément essentiel de la prévention du risque industriel est la réalisation par l’exploitant d’une EDD relative à son établissement. Exigée par les articles L181-14, L181-25 et, pour les SEVESO seuil haut, L515-39 et R515-98 du code de l’environnement, elle doit justifier que le site permet d’atteindre, dans des conditions économiquement et techniquement acceptables, un niveau de risque aussi bas que possible, compte tenu de l’état des connaissances et des pratiques et de la vulnérabilité de l’environnement de l’installation. Cette EDD précise les risques auxquels l’installation peut exposer directement ou indirectement l’environnement humain et naturel en cas d’accident. L’EDD comporte généralement une analyse de risques pour tous les accidents identifiés susceptibles de se produire sur l’installation, ces accidents étant caractérisés par leur probabilité d’occurrence, leur cinétique et leur gravité. L’EDD définit les mesures propres à réduire la probabilité et les effets des accidents. Pour les établissements à plus hauts risques dits SEVESO-seuil haut, cette EDD est réexaminée tous les 5 ans. La grille à double entrée “gravité et probabilité” dans laquelle sont positionnés les accidents majeurs susceptibles d’être générés par l’établissement fournit une appréciation de la maîtrise des risques de la part de l’exploitant – appelée approche MMR - et indique de fait le niveau d’acceptabilité de l’établissement vis-à-vis de son environnement. Les principes généraux de cette nouvelle approche sont bien sûr mis en œuvre pour l’élaboration de la carte d’aléa technologique préalable à l’élaboration des 35 PPRT qui concernent la région Occitanie. Enfin, l’une des priorités majeures de la loi risques de 2003 est de développer une culture du risque chez l’ensemble des acteurs. Elle s’est traduite en Occitanie par la création de 36 CSS. 232 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Usine de production de PVC : arrosage de la sphère de stockage après dépotage en cas d’incendie © Laurent Mignaux / Terra Les inspections : action complémentaire et fondamentale de l’instruction des études de dangers Pilier essentiel de la prévention des risques, chaque établissement SEVESO fait l’objet d’au moins une inspection annuelle au cours de laquelle les procédures du système de gestion de la sécurité sont examinées. Avec la nouvelle orientation des études des dangers mettant en avant le rôle clé des Mesures de maîtrise des risques (MMR) pour réduire la probabilité d’occurrence ou l’intensité des phénomènes dangereux, l’inspection sur site des critères de performance, de cinétique, de maintenance et de testabilité de ces MMR s’intègre désormais pleinement dans la séquence d’examen et d’analyse des études de dangers. Les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) La loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages prévoit l’élaboration de PPRT autour des établissements SEVESO-seuil haut mis en service avant le 31/07/2003. Ces PPRT permettent : • de maîtriser l’urbanisation autour des sites à risques ; • de traiter des situations difficiles héritées du passé par : - des mesures foncières (expropriation ou délaissement d’habitations exposées à des niveaux d’aléa fort), - la réalisation de travaux visant à diminuer la vulnérabilité du bâti des habitations soumises à un aléa moins élevé. Sous l’autorité du préfet, le service de l’inspection des installations classées (DREAL) et le service départemental de l’écologie (DDTM) sont les principaux services de l’État impliqués dans l’élaboration du PPRT. Les chiffres associés aux PPRT (août 2019) : • 388 PPRT à élaborer dont environ 381 sont approuvés ; • plus de 800 communes concernées ; • environ 1 000 biens (logements et activités) fortement exposés et potentiellement concernés par des mesures foncières (expropriation ou délaissement) ; • 20 000 à 30 000 logements concernés par des prescriptions de travaux. En région Occitanie, cela concerne 40 éta-blissements, pour un total de 35 PPRT. L’ordonnance du 22 octobre 2015 permet aux préfets de prescrire aux propriétaires, dans les secteurs de mesures foncières et pour les biens autres que les logements, la mise en œuvre de mesures alternatives apportant une amélioration substantielle de la protection des personnes Les Plans particulier d’intervention (PPI) Les PPI sont établis par le préfet pour faire face aux situations de crise liées à l’existence ou au fonctionnement d’ouvrages ou d’installations dont l’emprise est localisée et fixe. Sont, par exemple, soumis à l’élaboration obligatoire d’un PPI les installations classées SEVESO-seuil haut. Depuis le décret du 13 septembre 2005, peuvent également faire l’objet d’un PPI les installations classées qui ne rentrent pas dans la catégorie définie ci-dessus mais qui présentent des risques susceptibles de porter atteinte à l’intégrité des personnes. Ces PPI se substituent aux PSS qui existait précédemment pour ces installations. Chaque PPI comporte l’indication des risques pour lesquels il est établi. Il est déclenché par le préfet et s’articule avec le POI de l’exploitant qui a été préalablement mis en œuvre. En liaison avec l’exploitant qui en assure le financement, le préfet fait établir des brochures comportant les consignes destinées aux populations demeurant dans la zone d’application du plan. Ces brochures, placées dans les lieux publics où le plan peut être consulté, sont remises aux personnes qui en font la demande. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 233 LA POLLUTION DES SOLS D’ORIGINE INDUSTRIELLE La politique de gestion des sites et sols pollués s’est d’abord fondée sur un important travail de recensement qui a abouti au début des années 1990 à la création de la première base de données des sites potentiellement pollués BASIAS. Cette dernière a notamment été essentielle à l’identification des établissements scolaires retenus dans le cadre de la démarche dite des « établissements sensibles », de diagnostics des sols dans les lieux accueillant les enfants et les adolescents. Suivant les avancées des autres pays dans ce domaine, la politique de réhabilitation et de traitement des sites s’est infléchie à la fin des années 1990 vers une politique de gestion des risques en fonction de l’usage. Elle s’est traduite en 2007 par l’élaboration de la méthodologie nationale de gestion des sites et sols pollués actualisée en 2017. S’appuyant sur l’examen et la gestion du risque sanitaire envers les populations plus que sur des niveaux prédéfinis de pollution des sols, cette politique a conduit les pouvoirs publics à communiquer sur les actions de réhabilitations entreprises (BASOL), mais aussi à fixer des usages des sols compatibles avec les pollutions résiduelles après traitement du site ou, si nécessaire, à établir des interdictions ou des restrictions d’usage en cas d’incompatibilité. S’agissant des activités existantes la politique de gestion des risques en fonction de l’usage ne signifie toutefois pas un droit de polluer. Le principe de prévention des pollutions et de surveillance de l’environnement autour des installations classées fait bien entendu partie intégrante de la politique de gestion des sites et sols pollués. En cas d’apparition de pollution des sols en cours d’exploitation, le principe de réparation est également retenu dans un objectif de rétablissement de l’état des sols suivant la situation antérieure. Par ailleurs les installations relevant de la directive 2010/75/UE relative aux émissions industrielles, dite directive IED, ont l’obligation d’élaborer un rapport de base qui décrit un état initial des sols. Pour chaque installation concernée il définit les conditions de remise en état lors de la cessation d’activité. S’agissant des installations implantées sur des sites nouveaux ces conditions sont précisées dans les arrêtés préfectoraux d’autorisation ou d’enregistrement confor-mément à l’article L. 512-6-1 du code de l’environnement et selon les dispositions de la loi n° 2003-699 du 30 juillet 2003. La loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages et l’article R. 512-74 du code de l’environnement ont permis des avancées notables en modifiant les conditions de cessation d’activité des installations classées industrielles. Ces textes clarifient les responsabilités lorsque les conditions de remise en état du site ne sont pas prévues dans l’arrêté préfectoral d’autorisation ou d’enregistrement : • principe de la réhabilitation des sites en fonction de leur usage, utilisé dans d’autres pays européens, inscrit dans la loi ; • principe d’une concertation sur les mesures de remise en état d’un site en cessation d’activité et de changement d’usage entre l’exploitant, le maire et le propriétaire du terrain. La loi ALUR du 26 mars 2014 est venue améliorer les dispositifs de connaissance de la pollution des sols en mettant en place les secteurs d’information sur les sols (SIS) définis à l’article L. 125-6 du code de l’environnement. Ils signalent les terrains sur lesquels une pollution est avérée. En cas de projets d’aménagement sur ces terrains, la vérification de la compatibilité de la pollution résiduelle avec le nouvel usage doit être attestée (article L. 556-2 du code de l’environnement). 234 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Le risque industriel LES SITES SEVESO Dans le département de l’Hérault, 9 établissements relèvent de la Directive européenne 96/82/CE dite Directive SEVESO 2 : 4 d’entre eux sont classés « seuil bas » et 5 « seuil haut ». Cette seconde catégorie a donné lieu à l’élaboration de 3 PPRT sur les communes de Béziers, Villeneuve-lès-Béziers et Frontignan. En effet, les deux établissements voisins de Gazechim et SBM Formulation à Béziers ont donné lieu à un PPRT unique, et l’établissement SCORI à Frontignan, classé « seuil haut » après le 31/07/2003, ne fait pas l’objet d’un PPRT. LES INSTALLATIONS CLASSÉES À RISQUE DANS L’HÉRAULT SELON LA DIRECTIVE SEVESO Activité Classement Risques générés (toxiques, thermiques et de surpression) Société Commune Stockage et conditionnement de gaz toxiques Seuil Haut Toxiques Gazechim Béziers Fabrication de produits phytosanitaires Seuil Haut Toxiques et thermiques SBM formulation Plateforme logistique Seuil Bas Thermiques U logistique Clermont l’Hérault Dépôt pétrolier Seuil Haut Thermiques et de surpression GDH Frontignan Pré-traitement de déchets dangereux Seuil Haut Toxiques, thermiqueset de surpression SCORI Stockage et distribution GPL Seuil Bas Thermiques et desurpression National Calsat Gigean Extraction d’huile végétale et production de biocarburant Seuil Bas Toxiques, thermiques et de surpression Saipol Sète Plateforme logistique Seuil Bas Thermiques U logistique Vendargues Stockage produits chimiques Seuil Haut Toxiques et thermiques Entrepôts Consorts Minguez Villeneuve-lès-Béziers LE RISQUE INDUSTRIEL DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 235 Consulter l’annexe : « Carte des communes exposées au risque industriel des installations SEVESO dans l’Hérault » « Carte des communes concernés par un Secteur d’information sur les sols (SIS) dans l’Hérault » Pour en savoir + LA POLLUTION DES SOLS D’ORIGINE INDUSTRIELLE Le département de l’Hérault a été le premier département de la région Occitanie à engager la procédure de création des Secteurs d’information sur les sols (SIS). 26 secteurs ont fait l’objet d’une consultation publique fin 2017, et ont été arrêtés par le préfet de l’Hérault le 9 aoüt 2018. Ils concernent les 13 communes de : Agde, Avène, Balaruc-les-Bains, Bédarieux, Frontignan, Graissessac, Lodève, Lunel, Montpellier, Pézenas, Roqueronde, Saint-Brès et Sète. N° IDENTIFIANT COMMUNE PRINCIPALE NOM(S) USUEL(S) 34SIS01175 MONTPELLIER Ancien pressing S.A.R.L Arceaux17 34SIS01176 BALARUC-LES-BAINS Sud Fertilisants / CEDEST Engrais 34SIS02407 BALARUC-LES-BAINS Raffinerie du midi 34SIS04040 FRONTIGNAN Ancien étang de Frontignan 34SIS04042 FRONTIGNAN Essences et carburants de France 34SIS04043 BÉDARIEUX Ancienne usine à gaz de Bédarieux 34SIS04044 LUNEL Agence EDF / GDF 34SIS04045 PÉZENAS Agence EDF / GDF Services 34SIS04047 MONTPELLIER Agence d’Exploitation d’EDF GDF 34SIS04048 LODÈVE Ancienne usine à gaz 34SIS04049 FRONTIGNAN Agence EDF GDF Services de Frontignan-Sète la Peyrade 34SIS04051 LODÈVE Moulin du Capitoul 34SIS04053 FRONTIGNAN Canal de La Peyrade / pipeline GDH 34SIS04056 ROQUEREDONDE Gare de Ceilhes Roqueredonde 34SIS04057 AVÈNE Cocon de la RD8 34SIS04058 AGDE La méditerrannéene 34SIS04059 SAINT-BRÈS Sotraital II 34SIS04060 FRONTIGNAN Raffinerie Mobil de Frontignan 34SIS04061 MONTPELLIER Shell avenue de Maurin 34SIS04062 SÈTE Total 34SIS04063 SÈTE Spinelli 34SIS04064 PÉZENAS Ancienne station service Total - Pézenas - avenue de Verdun 34SIS05353 GRAISSESSAC Fonderies de la Haute Seine 34SIS05354 SÈTE Flexys 34SIS05355 BALARUC-LES-BAINS Raffineries du midi Zone sud 34SIS06029 MONTPELLIER Parc industriel de la Pompignane 236 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Étude de l’incendie sur le site de la Société SBM Formulation à Béziers en 2005 : www.occitanie.developpement-durable. gouv.fr/IMG/pdf/CRCapiscol191005_ cle172fa3.pdf Pour en savoir + LES SITES SEVESO Aucun accident majeur lié à un site SEVESO n’est à déplorer dans le département de l’Hérault. Un événement sérieux est recensé en 2005 : l’incendie sur le site de la Société SBM Formulation à Béziers. Plusieurs jours durant, les fumées ont incommodé les populations avoisinantes et provoqué des gènes sanitaires sur les personnes les plus sensibles (pas d’effets aigus graves mais des effets réversibles ont été observés chez les populations sensibles). Le territoire susceptible d’être impacté par un accident survenant sur les installations exploitées par Gazechim, SBM Formulation et Entrepôts Consorts Minguez est essentiellement la zone d’activité du Capiscol de façon plus ou moins partielle. Concernant les effets toxiques inhérents potentiellement à Gazechim, ceux-ci peuvent être étendus à la zone péri-urbaine autour du Capiscol. Concernant le territoire impacté par un accident majeur sur le dépôt de GDH à Frontignan, celui-ci impacterait principalement les bâtiments à proximité par des effets de bris de vitre possibles. LA POLLUTION DES SOLS D’ORIGINE INDUSTRIELLE En ce qui concerne les incidents et les accidents susceptibles de porter atteinte aux milieux, l’exploitant d’une installation classée en activité est tenu par l’article R. 512-69 du code de l’environnement de déclarer « dans les meilleurs délais » à l’inspection des installations classées, les accidents ou incidents survenus du fait du fonctionnement de cette installation qui sont de nature à porter atteinte notamment à la sécurité et la santé des riverains. Usine de production de PVC : inspection de la zone de dépotage © Laurent Mignaux / Terra Historique du risque industriel Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 237 LA CONCERTATION Les sites SEVESO • Création de 2 CSS à Béziers et Frontignan autour des établissements SEVESO AS (seuil haut), respectivement Gazechim, SBM Formulation et Entrepôts Consorts Minguez pour la première et GDH pour la seconde, afin de permettre au public d’être mieux informé et d’émettre des observations. Ils se substituent aux CLIC en 2012. • Renforcement des pouvoirs des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). • Formation des salariés pour leur permettre de participer plus activement à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique de prévention des risques de l’établissement. • Réunion publique obligatoire, si le maire en fait la demande, lors de l’enquête publique portant sur l’autorisation d’installation d’établissement SEVESO AS. Les sols pollués Préalablement au réaménagement d’un ancien site industriel, l’article L 512-6-1 du code de l’environnement prévoit une concertation entre le porteur de projet, le dernier exploitant, le maire ou le président de l’EPCI compétent en matière d’urbanisme, ainsi que le propriétaire du terrain s’il ne s’agit pas de l’exploitant. Les actions préventives ÉTUDE D’IMPACT, ÉTUDE DE DANGER Une étude d’impact est imposée à l’industriel afin de réduire au maximum les nuisances causées par le fonctionnement normal de son installation. Les sites SEVESO Dans cette étude révisée a minima tous les cinq ans où à l’occasion de projets de modifications apportées aux installations, l’industriel identifie de façon précise tous les accidents pouvant survenir dans son établissement et leurs conséquences lorsque celles-ci dépassent des limites de l’établissement. Cette étude conduit l’industriel à prendre des mesures de prévention nécessaires et à identifier les risques résiduels. S’agissant des sites SEVESO, la réglementation française (la loi sur les installations classées du 19 juillet 1976, les directives européennes SEVESO de 1990 et 1996 reprises en particulier par l’arrêté du 10 mai 2000 et la loi du 30 juillet 2003) impose aux établissements industriels dangereux la mise en œuvre de mesures de prévention décrites ci-après. En matière de sols pollués d’origine industrielle, la loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages et la loi ALUR du 26 mars 2014 encadrent les conditions de cessation d’activité des installations classées industrielles et l’information sur l’état des sols (SIS). LA RÉGLEMENTATION FRANÇAISE IMPOSE AUX ÉTABLISSEMENTS INDUSTRIELS DANGEREUX LA MISE EN ŒUVRE DE MESURES DE PRÉVENTION 238 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs LA PRISE EN COMPTE DANS L’AMÉNAGEMENT Les sites SEVESO Autour des établissements SEVESO AS mis en service avant le 31 juillet 2003, la loi impose l’élaboration et la mise en œuvre de plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Ces plans délimitent un périmètre d’exposition aux risques dans lequel : • toute nouvelle construction est interdite ou subordonnée au respect de certaines prescriptions ; • des mesures de réduction de la vulnérabilité sont prescrites ou recommandées pour le bâti existant ; • les communes peuvent instaurer le droit de préemption urbain ou un droit de délaissement des bâtiments ; • l’État peut déclarer d’utilité publique l’expropriation d’immeubles en raison de leur exposition à des risques importants à cinétique rapide présentant un danger très grave pour la vie humaine. Les PPRT sont annexés aux PLU et ces derniers sont rendus compatibles avec les PPRT pour une bonne prise en compte des risques dans l’urbanisation. La mise en œuvre des PPRT a pris du retard notamment en raison de la difficulté à obtenir les conventions tripartites des financements des mesures financières entre l’État, la collectivité et l’industriel. Afin d’y remédier, la loi de finances 2012 a introduit une modification du Code l’Environnement qui prévoit dorénavant un financement par défaut de 33 % de chaque partie en cas de désaccord. Actuellement, 3 PPRT ont été approuvés dans le département de l’Hérault : • Villeneuve-lès-Béziers : PPRT autour des Entrepôts Consorts Minguez approuvé le 6 mars 2013 ; • Béziers et Villeneuv-lès-Béziers : PPRT autour des établissements Gazechim et SBM Formulation approuvé le 3 août 2015 ; • Frontignan : PPRT autour de GDH approuvé le 14 octobre 2014. Les sols pollués La loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages et l’article R512-6-1 du code de l’environnement modifient les conditions de cessation d’activité des installations classées industrielles : réhabilitation des sites en fonction de leur usage, concertation sur les mesures de remise en état d’un site en cessation d’activité et de changement d’usage entre l’exploitant, le maire et le propriétaire du terrain. La loi ALUR du 26 mars 2014 met en place les SIS définis à l’article L 125-6 du code de l’environnement. Ils signalent les terrains sur lesquels une pollution est avérée. En cas de projets d’aménagement sur ces terrains, la vérification de la compatibilité de la pollution résiduelle avec le nouvel usage doit être attestée. Le maître d’ouvrage fournit une attestation dans le dossier de demande de permis de construire ou d’aménager, réalisée par un bureau d’étude certifié dans le domaine des sites et sols pollués ou équivalent. Cette attestation garantit la réalisation d’une étude des sols et sa prise en compte dans la conception du projet de construction ou de lotissement (cf. L.556-2 du code de l’environnement). Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 239 Le site internet des services de l’État dans le département de l’Hérault : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-risques-naturels-et-technologiques/ Risques-naturels-et-technologiques/L-information-des-Acquereurs-et-des-Locataires-I.A.L Pour en savoir + L’INFORMATION ET L’ÉDUCATION SUR LES RISQUES L’information de la population En complément du DDRM, pour les communes concernées par l’application du décret 90-918 du 11 octobre 1990 codifié, le préfet transmet au maire les éléments d’information concernant les risques de sa commune et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d’État mises en place. Le maire élabore le DICRIM. Celui-ci synthétise les informations transmises par le préfet complétées des mesures de prévention et de protection dont le maire a connaissance. Le maire définit les modalités d’affichage du risque industriel et des consignes individuelles de sécurité. Par ailleurs, les populations riveraines des sites classés SEVESO AS doivent recevoir tous les cinq ans une information spécifique financée par les exploitants, sous contrôle du préfet. Cette campagne, généralement appelée campagne PPI, doit notamment porter sur la nature du risque, les moyens de prévention mis en place, ainsi que sur les consignes à adopter. Pour tout bassin industriel comprenant un ou plusieurs établissements SEVESO AS, une commission de suivi de site (CSS) est créée. Elle est tenue d’informer de tout incident ou accident touchant à la sécurité des installations. L’information des acquéreurs ou locataires (IAL) L’information lors des transactions immobilières fait l’objet d’une double obligation à la charge des vendeurs ou bailleurs : • établissement d’un état des risques technologiques pour la zone inscrite à l’intérieur des périmètres d’étude puis d’exposition aux risques déterminés par le PPRT dans sa phase d’élaboration puis après son approbation ; • déclaration d’une éventuelle indemnisation après sinistre. L’état des risques mentionne si le terrain est inscrit dans un SIS. L’éducation et la formation sur les risques • L’information-formation des profes-sionnels du bâtiment, de l’immobilier, des notaires, géomètres, des maires... • L’éducation à la prévention des risques majeurs est une obligation dans le cadre de l’éducation à l’environnement pour un développement durable et de l’éducation à la sécurité civile. LE RETOUR D’EXPÉRIENCE Le BARPI collecte, analyse et intègre dans la base de données Aria toutes les informations relatives aux accidents technologiques et industriels. Le site du BARPI inventorie les accidents français ou étrangers recensés et fournit également des fiches d’analyse détaillées d’accidents industriels, ainsi que des articles et des recommandations techniques. La large diffusion de ces informations notamment les synthèses de retour d’expérience constitue un élément essentiel pour le développement du dispositif de prévention des risques technologiques. LE CONTRÔLE Un contrôle régulier est effectué par le service d’inspection des installations classées de la DREAL Occitanie, DRIEE, DEAL. En 2001, à la suite de l’accident survenu à Toulouse, l’Assemblée nationale a créé une commission d’enquête sur la sûreté des installations industrielles et des centres de recherche et sur la protection des personnes et de l’environnement en cas d’accident industriel majeur. Cette commission, qui a visité 17 sites de production, a présenté 90 propositions pour réduire les risques industriels. 240 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Le site du ministère de l’Intérieur : www.interieur.gouv.fr/Alerte/Alerte-ORSEC/Qu-est-ce-que-le-SAIP Pour en savoir L’organisation des secours • Au niveau départemental En cas de développement du sinistre, le PPI est mis en place par le préfet pour faire face à un sinistre sortant des limites de l’établissement. La finalité de ce plan départemental de secours est de protéger les populations des effets du sinistre. Par ailleurs des plans généraux et spécifiques d’organisation des secours existent au niveau du département. Ils seront déclenchés si besoin. • Au niveau communal C’est le maire, détenteur des pouvoirs de police, qui a la charge d’assurer la sécurité de la population dans les conditions fixées par le code général des collectivités territoriales. À cette fin, il prend les dispositions lui permettant de gérer la crise. Pour cela le maire élabore sur sa commune un PCS qui est obligatoire si un PPR est approuvé ou si la commune est comprise dans le champ d’un PPI. S’il n’arrive pas à faire face par ses propres moyens à la situation il peut, si nécessaire, faire appel au préfet représentant de l’État dans le département. Pour les établissements recevant du public, le gestionnaire doit veiller à la sécurité des personnes en attendant l’arrivée des secours. Il a été demandé aux directeurs d’école et aux chefs d’établissements scolaires d’élaborer un PPMS afin d’assurer la sûreté des enfants et du personnel. L’ALERTE En cas d’événement majeur, la population est avertie au moyen du signal national d’alerte, diffusé par les sirènes présentes sur les sites industriels classés SEVESO AS. • Au niveau individuel Afin d’éviter la panique lors d’un accident industriel un plan familial de mise en sûreté, préparé et testé en famille, permet de mieux faire face en attendant les secours. Ceci comprend la préparation d’un kit, composé d’une radio avec ses piles de rechange, de rouleaux de papier collant, d’une lampe de poche, d’eau potable, des médicaments urgents, des papiers importants, de vête-ments de rechange et de couvertures. Une réflexion préalable sur les lieux de mise à l’abri (confinement) complétera ce dispositif. • Au niveau industriel Concernant les sites classés SEVESO AS ou sur décision du préfet pour d’autres sites non SEVESO AS : pour tout incident ou accident circonscrit à l’établissement et ne menaçant pas les populations avoisinantes, l’industriel dispose d’un POI. Sa finalité est de limiter l’évolution du sinistre et de remettre l’installation en état de fonctionnement. Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 241 LES SITES SEVESO Le site du ministère de la Transition écologique www.ecologique-solidaire.gouv.fr/ politiques/installations-classees-lenvironnement www.georisques.gouv.fr/risques/ installations La base de données ARIA (Analyse, recherche et information sur les accidents) www.aria.developpement-durable. gouv.fr/synthese/syntheses/ inventaire-des-accidents-technologiques Le site de la DREAL Occitanie www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/risques-accidentels-r7927.html Pour en savoir plus LE RISQUE INDUSTRIEL Service Adresse Téléphone DDTM de l'Hérault 181, place Ernest Granier, CS 60556 34064 Montpellier cedex 2 04 34 46 60 00 DREAL Occitanie 520, allée Henri-II-de-Montmorency CS 69007 34064 Montpellier Cedex 2 04 34 46 64 00 Mairie Coordonnées disponibles sur le site : www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/Elections-et-citoyennete/ Les-elus/Les-maires Préfecture de l’Hérault 34, place Martyrs de la Résistance 34000 Montpellier 04 67 61 61 61 SDIS 150, rue Supernova 34570 Vailhauquès 04 67 10 34 18 04 67 10 35 18 Le site de la DDTM de l’Hérault www.herault.gouv.fr/Politiques-publiques/ Environnement-risques-naturels-et-technologiques/Risques-naturels-et-technologiques/Les-Plans-de-Prevention-des-Risques-approuves LA POLLUTION DES SOLS D’ORIGINE INDUSTRIELLE Le site du ministère de la Transition écologique www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites-et-sols-pollues Dossier sur la pollution des sols www.georisques.gouv.fr/risques/ pollutions-sols-sis-anciens-sites-industriels BASIAS Inventaire historique de sites industriels et activités de service www.georisques.gouv.fr/articles-risques/ basias BASOL Base de données sur les sites et sols pollués (ou potentiellement pollués) appelant une action des pouvoirs publics, à titre préventif ou curatif www.georisques.gouv.fr/articles-risques/ basol Le site InfoTerre du BRGM www.ssp-infoterre.brgm.fr/page/politique-gestion-sites-sols-pollues Le site de la DREAL Occitanie www.occitanie.developpement-durable.gouv.fr/sites-et-sols-pollues-r552.html Contacts 242 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Site Seveso de Frontignan (34) © DDTM34 Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 243 Communes soumises au risque industriel des installations SEVESO Niveau de risque SEVESO SEVESO bas SEVESO haut Communes soumises au risque industriel DDTM34 Direction Départementale des Territoires et de la Mer 244 | Dossier Départemental sur les Risques Majeurs Communes concernées par un secteur d’information sur les sols (SIS) Communes concernées par un SIS Sites SIS DDTM34 Direction Départementale des Territoires et de la Mer Dossier Départemental sur les Risques Majeurs | 245 © Laurent Mignaux / Terra
LE RISQUE INDUSTRIEL - GÉNÉRALITÉS
Le risque industriel se définit comme un événement accidentel sur un site industriel, entraînant des conséquences graves pour le personnel, les populations environnantes et l'environnement. Les principales sources de risques proviennent des industries chimiques et pétrochimiques, ainsi que des activités de stockage de produits dangereux. La législation française impose des régulations strictes pour ces installations, classées selon leur potentiel de risque, et l'inspection des installations classées veille à leur conformité pour prévenir les pollutions et nuisances.
LE RISQUE INDUSTRIEL DANS LE DÉPARTEMENT DE L’HÉRAULT
Dans le département de l'Hérault, le risque industriel est encadré par des actions préventives et une organisation des secours. Les établissements à risque, notamment ceux classés SEVESO, sont soumis à des réglementations spécifiques selon la quantité de substances dangereuses qu'ils manipulent. En outre, la pollution des sols d'origine industrielle représente un risque hérité, pour lequel des dispositifs de gestion ont été mis en place depuis les années 1990 afin de limiter ses impacts.
Le document aborde les enjeux liés à la pollution des sols, en soulignant l'importance de prévenir les pollutions futures, de sécuriser les sites découverts, et de surveiller les impacts environnementaux. Les mutations industrielles, la pression démographique et la redécouverte de terrains laissés à l'abandon sont des facteurs qui exacerbent ces préoccupations. La nécessité d'une réponse adaptée se fait sentir, notamment en matière de santé publique et de protection de l'environnement.
Les risques industriels sont classés en trois catégories : les effets thermiques, mécaniques et toxiques. Les effets thermiques proviennent d'incendies ou d'explosions, tandis que les effets mécaniques résultent de surpressions dues à des explosions. Les effets toxiques, quant à eux, sont liés à l'inhalation de substances chimiques dangereuses. La pollution des sols par d'anciennes activités industrielles peut avoir des conséquences graves sur la santé des personnes et sur les écosystèmes environnants.
Un accident industriel majeur peut avoir des conséquences économiques, environnementales et humaines désastreuses. Les infrastructures telles que les entreprises, les réseaux d'eau et les routes peuvent être gravement endommagées, entraînant des pertes économiques significatives. De plus, les accidents peuvent causer des destructions écologiques, affectant la faune et la flore, ainsi que des impacts sanitaires, comme la pollution des nappes phréatiques. Des exemples marquants d'accidents incluent ceux de Bhopal en Inde et de Tianjin en Chine, qui ont causé des milliers de morts et de blessés.
En France, l'accidentologie a montré une augmentation des incidents dans les installations classées, avec 1 112 accidents recensés en 2018. Les établissements SEVESO, qui regroupent des sites à risque, contribuent à cette tendance. Le bureau d'analyse des risques et pollutions industriels (BARPI) est chargé de collecter et diffuser des informations sur ces accidents, tandis que la base de données ARIA répertorie les incidents ayant un impact potentiel sur la santé publique et l'environnement. Les anciennes activités industrielles posent également un risque sanitaire pour les populations et l'environnement, soulignant l'importance de la prévention des risques technologiques.
Le document présente les nouvelles dispositions relatives à la prévention des risques technologiques, notamment la mise en œuvre de plans de prévention des risques technologiques (PPRT) et la création de commissions de suivi de site (CSS) pour favoriser les échanges sur la prévention des risques industriels. L'évaluation des dangers (EDD) est un élément clé, exigée par le code de l'environnement, qui permet d'analyser les risques potentiels d'accidents et de définir des mesures pour les réduire. Pour les établissements à haut risque, cette EDD est révisée tous les cinq ans, et une carte d'aléa technologique est élaborée pour la région Occitanie.
Inspections et PPRT
Les inspections annuelles des établissements SEVESO sont essentielles pour examiner les procédures de gestion de la sécurité et intégrer les mesures de maîtrise des risques (MMR) dans l'analyse des études de dangers. La loi de 2003 impose l'élaboration de PPRT autour des établissements SEVESO-seuil haut, permettant de maîtriser l'urbanisation et de traiter des situations héritées du passé, notamment par des mesures foncières.
Le document traite des Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) et des Plans Particuliers d'Intervention (PPI) en France. Sous l'autorité du préfet, la DREAL et la DDTM sont responsables de l'élaboration des PPRT, qui visent à réduire la vulnérabilité des habitations face à des aléas technologiques. En août 2019, 388 PPRT étaient à élaborer, touchant plus de 800 communes et environ 1 000 biens exposés. En région Occitanie, 40 établissements sont concernés par 35 PPRT. Les PPI, quant à eux, sont établis pour gérer les crises liées à des installations classées, avec des brochures d'information pour les populations locales.
Pollution des sols
La gestion des sites et sols pollués a évolué depuis les années 1990, avec la création de la base de données BASIAS pour recenser les sites potentiellement pollués. La politique a changé pour se concentrer sur la gestion des risques en fonction de l'usage, avec une méthodologie nationale mise à jour en 2017. Cette approche privilégie la santé des populations et fixe des usages compatibles avec les pollutions résiduelles, tout en maintenant le principe de prévention des pollutions et de surveillance des installations classées.
Le document traite des obligations de remise en état des sols pour les installations industrielles, conformément à la directive IED et à la loi du 30 juillet 2003. Il souligne l'importance d'élaborer un rapport de base décrivant l'état initial des sols et précise que les conditions de remise en état doivent être définies dans les arrêtés préfectoraux. La loi ALUR de 2014 a également introduit des secteurs d'information sur les sols (SIS) pour signaler les terrains pollués, nécessitant une vérification de la compatibilité de la pollution avec les nouveaux usages lors de projets d'aménagement.
Les sites SEVESO
Dans le département de l'Hérault, neuf établissements sont classés sous la directive SEVESO, dont quatre à seuil bas et cinq à seuil haut. Des Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) ont été élaborés pour certaines communes, notamment Béziers et Frontignan. Le document liste également les activités et les risques associés à chaque installation, mettant en évidence les dangers toxiques, thermiques et de surpression liés à ces sites industriels.
Le département de l'Hérault a été le premier de la région Occitanie à établir des Secteurs d'information sur les sols (SIS), avec 26 secteurs concernés par une consultation publique en 2017, validée par le préfet en août 2018. Ces secteurs touchent 13 communes, dont Montpellier, Agde et Sète, et incluent des sites industriels potentiellement polluants tels que des anciennes usines à gaz et des raffineries.
Concernant les sites SEVESO, aucun accident majeur n'a été signalé dans l'Hérault, bien qu'un incendie en 2005 sur le site de la Société SBM Formulation à Béziers ait causé des désagréments pour les populations environnantes. Les installations classées doivent déclarer tout incident susceptible d'affecter la sécurité et la santé des riverains, et des concertations ont été mises en place autour des établissements SEVESO à Béziers et Frontignan.
Le document traite des mesures de prévention et de réglementation concernant les établissements industriels classés SEVESO, qui sont soumis à des exigences strictes pour minimiser les risques technologiques. Il souligne l'importance de la concertation entre les différents acteurs (exploitants, autorités locales, etc.) avant le réaménagement de sites pollués, ainsi que l'obligation pour les industriels de réaliser des études d'impact et de danger afin d'identifier et de prévenir les accidents potentiels.
En outre, il aborde la mise en œuvre des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) autour des établissements SEVESO, qui incluent des restrictions sur la construction et des mesures pour réduire la vulnérabilité des bâtiments existants. Les PPRT doivent être intégrés aux plans locaux d'urbanisme (PLU), mais leur mise en œuvre a été retardée par des difficultés de financement. La loi de finances de 2012 a introduit des modifications pour faciliter ce financement, en prévoyant un partage des coûts entre l'État, les collectivités et les industriels.
Le document présente les Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) approuvés dans le département de l'Hérault, notamment à Villeneuve-lès-Béziers, Béziers et Frontignan, en lien avec des installations industrielles spécifiques. Il aborde également la législation sur la réhabilitation des sols pollués, stipulant que les projets d'aménagement sur des terrains pollués doivent inclure une attestation de compatibilité de la pollution avec le nouvel usage, réalisée par un bureau d'étude certifié.
L’information et l’éducation sur les risques
Le document souligne l'importance de l'information et de l'éducation concernant les risques pour la population, notamment à travers le DICRIM élaboré par le maire, qui synthétise les informations sur les risques et les mesures de prévention. Il mentionne également les obligations d'information lors des transactions immobilières, ainsi que la nécessité d'éduquer les professionnels et le public sur la prévention des risques majeurs.
Le document traite du développement durable et de l'éducation à la sécurité civile, en mettant l'accent sur le retour d'expérience du BARPI, qui collecte et analyse des informations sur les accidents technologiques et industriels. Le site du BARPI fournit des fiches d'analyse détaillées et des recommandations techniques, contribuant ainsi à la prévention des risques. En réponse à l'accident de Toulouse en 2001, une commission d'enquête a été créée pour proposer des mesures visant à réduire les risques industriels.
Organisation des secours et alerte
Au niveau départemental, le préfet met en place un Plan Particulier d'Intervention (PPI) pour protéger les populations en cas de sinistre majeur. Les maires sont responsables de la sécurité locale et doivent élaborer un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) si nécessaire. En cas d'événement majeur, la population est alertée par des sirènes, et des plans de mise en sûreté sont recommandés pour les familles et les établissements recevant du public. Les sites industriels classés SEVESO AS disposent d'un Plan d'Organisation Interne (POI) pour gérer les incidents sans menacer les populations environnantes.
Le document présente des ressources et des contacts relatifs aux risques industriels et à la pollution des sols d'origine industrielle en France, notamment dans la région de l'Occitanie. Il mentionne plusieurs sites web, tels que ceux du ministère de la Transition écologique et de la DREAL Occitanie, qui fournissent des informations sur les installations classées, les accidents technologiques, et les bases de données sur les sites pollués. Des coordonnées de services publics, comme la DDTM de l'Hérault et la préfecture, sont également fournies pour faciliter l'accès à l'information.
Risques SEVESO et Pollution des Sols
Le document aborde également les communes soumises au risque industriel des installations SEVESO, en distinguant les niveaux de risque bas et haut. Il inclut des références à des inventaires historiques de sites industriels et à des bases de données comme BASIAS et BASOL, qui recensent les sites et sols pollués nécessitant une action des pouvoirs publics. Des images illustratives, telles que  © DDTM34), sont intégrées pour enrichir le contenu visuel du dossier.
Risque : Pollution des sols d'origine industrielle
Consignes de sécurité :
- Informer la population sur les sites et sols pollués via des brochures disponibles dans les lieux publics.
- Suivre la méthodologie nationale de gestion des sites pollués, actualisée régulièrement.
- Établir des diagnostics des sols dans les établissements accueillant des enfants.
- Communiquer sur les actions de réhabilitation des sites pollués.
- Fixer des usages des sols compatibles avec les pollutions résiduelles et établir des restrictions si nécessaire.
- En cas de pollution, appliquer le principe de réparation pour rétablir l'état des sols.
- Les installations industrielles doivent élaborer un rapport de base sur l'état initial des sols et respecter les conditions de remise en état lors de cessation d'activité.
- En cas de projets d'aménagement sur des terrains pollués, vérifier la compatibilité de la pollution avec le nouvel usage.
- Informer les acquéreurs et locataires sur les risques liés aux sols pollués lors des transactions immobilières.
Médias 10
Génération IA
Génère une description du risque à partir des données ingérées via l'IA.
Génère les gestes de prévention adaptés au risque via l'IA.