Inondation - DDRM d'Ille-et-Vilaine (35)
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24 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 L’ampleur d’une inondation dépend de multi-ples facteurs, dont les principaux sont : • l’intensité et la durée des précipitations, • la surface et les pentes du bassin versant* concerné, • les effets de confluence résultant de l’organisa-tion des cours d’eau, • la présence d’obstacles à la circulation et/ou à l’étalement des eaux (dont la suppression des champs d’expansion de crue), • la couverture végétale et les capacités d’absorp-tion du sol, • l’imperméabilisation des sols en milieu urbain. Grâce à l’analyse des crues historiques, une classi-fication des crues peut être réalisée : une crue dite centennale est une crue qui a 1 probabilité sur 100 d’être atteinte ou dépassée chaque année ; une crue décennale est une crue qui a une probabilité sur 10 d’être atteinte ou dépassée chaque année. La vulnérabilité des personnes résulte de leur présence en zone inondable. Leur mise en dan-ger survient surtout lorsque les délais d’alerte et d’évacuation sont trop courts ou inexistants pour des phénomènes rapides. Dans toute zone urbanisée, le danger est d’être emporté ou noyé, mais aussi d’être isolé sur des îlots coupés de tout accès. L’interruption des communications peut avoir de graves conséquences lorsqu’elle empêche l’intervention des secours. Si les dommages aux biens touchent essen-tiellement les biens mobiliers, les biens immo-biliers et le patrimoine, les dommages indirects (perte d’activité, chômage technique, réseaux, etc.) sont tout aussi importants que les dom-mages directs. L’inondation peut provoquer la destruction de cultures et mettre en danger le bétail. 1.1.2 Quelles sont les conséquences sur les personnes et les biens ? Des dégâts au milieu naturel peuvent résul-ter de l’érosion, de dépôts de matériaux ou de pollutions induites, du déplacement du lit or-dinaire… Lorsque des zones industrielles sont situées en zone inondable, un accident techno-logique peut se surajouter à l’inondation. 6 types d’inondation Les inondations revêtent des réalités diverses, pouvant se cumuler. Plusieurs types d’inonda-tion sont susceptibles de se produire : • Les inondations de plaine : la rivière sort len-tement de son lit mineur et inonde la plaine pendant une période pouvant être relative-ment longue. La rivière occupe son lit moyen et éventuellement son lit majeur. • Les remontées de nappe : lorsque le sol est saturé d’eau, il arrive que la nappe affleure et qu’une inondation spontanée se produise. Ce phénomène se produit plutôt en terrain bas ou mal drainé et peut perdurer. • Les crues torrentielles : elles sont dues à des précipitations violentes qui tombent sur un bassin versant. Les eaux ruissellent et se concentrent rapidement dans le cours d’eau, provoquant des crues brutales et violentes. • Les crues rapides des bassins périurbains (ruissellement urbain) : elles sont dues à l’imperméabilisation du sol (constructions, parkings, voieries...) qui limite l’infiltration des pluies et accentue le ruissellement, occasion-nant la saturation et le refoulement du réseau d’assainissement des eaux pluviales. Il en ré-sulte des écoulements plus ou moins impor-tants et souvent rapides dans les rues. Inondation de février 2014 : la Vilaine sort du lit mineur et la RN24 est coupée à hauteur de Mordelles • La submersion de terrains : elle résulte d’une rupture (ou brèche) d’un ouvrage de protection, tel qu’un barrage ou une digue (Cf. partie 3.1.). • La submersion marine : qui résulte d’un fort coefficient de marées associé à des vents vio-lents ou/et d’une rupture (ou brèche) d’un ou-vrage de protection (Cf. partie 2.1.). DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 25 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.2 Le risque d’inondation en Ille-et-Vilaine 1.2.1 Le contexte hydrologique et climatique Le département d’Ille-et-Vilaine est irrigué par près de 6 550 km de cours d’eau. Il est traversé du nord au sud par une liaison fluviale qui relie la Manche à l’océan Atlantique via la Rance, le canal d’Ille-et-Rance et la Vilaine. 6550 km de cours d’eau La Vilaine prend sa source en Mayenne, à la Fon-taine-Vilaine. Sa longueur totale est de 225 km dont 180 km en Ille-et-Vilaine. Le fleuve a de nombreux affluents dont les principaux sont: l’Ille, l’Oust, le Meu, la Seiche et le Semnon. Le Couesnon se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel. Réseau hydrographique DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 26 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 La Bretagne est sous l’influence dominante du flux océanique, avec un gradient pluvio-métrique qui diminue d’ouest en est, des côtes atlantiques vers la côte d’Émeraude: les cumuls annuels sur les Monts d’Arrée sont le double de la pluviométrie du bassin rennais. Les hivers sont humides et doux, alors que les étés sont relativement secs mais des situations ex-trêmes peuvent être liées à des épisodes orageux. L’Ille-et-Vilaineprésente unclimat océanique offrant des contrastes significatifs. Ainsi, la plu-viométrie moyenne sur le bassin de la Vilaine en aval de Cesson-Sévigné est de l’ordre de 1000mm/an sur l’ouest (haut bassin de l’Oust) mais seulement environ 700 mm/an (670 mm en 2017, 667 mm en 2018, 765 mm en 2019) sur le bassin rennais. Compte tenu de ces disparités pluviométriques et du concours des affluents sur la Vilaine, une même crue peut s’avérer exceptionnelle sur un tronçon tout en restant quasi normale sur un autre, pour la saison hivernale. L’occurrence d’épisodes pluvieux durables fa-vorise les phénomènes de crue. D’autre part, la nature peu perméable du sous-sol induit des écoulements souterrains plus lents que ceux de surface (ruissellement). Il en résulte une forte corrélation entre la pluviométrie et le débit des rivières en Ille-et-Vilaine. Pluviométrie moyenne annuelle en Bretagne 1.2.2 Les inondations en Ille-et-Vilaine Le département d’Ille-et-Vilaine est principale-ment concerné par les inondations de plaine : la plupart des crues de grande ampleur sont des phénomènes lents qui se produisent en hi-ver lorsque les sols sont saturés d’eau et que les pluies se prolongent à un rythme régulier, même si elles ne sont pas intenses. L’eau monte alors de quelques centimètres par heure et les crues les plus importantes durent plusieurs jours. Ce schéma est fréquemment observé dans le bassin versant de la Vilaine. L’artificialisation des sols (zones urbaines, lotisse-ments, zones commerciales, zones d’activités…), le sous-dimensionnement des réseaux de col-lecte des eaux pluviales, l’absence de noues et fossés, la disparition de certaines zones humides et la réduction du bocage sont autant de fac-teurs aggravant l’impact des épisodes pluvieux intenses. Inondation à Guichen en 2013 Les inondations sur le bassin versant de la Vilaine DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 27 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.2.3 L’historique et les événements récents Principales crues sur le bassin de la Vilaine : • décembre 2019 • juin 2018: débordement cale de la Barbotière et quai Saint Cyr, 20 maisons touchées à Gui-pry, 102 habitations et 63 bâtiments touchés à Redon (crue de 5,37 m) • février 2014: une succession de perturbations très actives s’accompagne de forts cumuls de précipitations et de vents violents, provoquant des inondations surtout sur l’aval de Rennes. • mars 2013: surtout sur l’amont de Rennes • mars 2001 • décembre 2000 et janvier 2001: inondations importantes avec notamment 275 maisons inondées à Guipry (crue de 3,85 m), 171 habi-tations et 46 bâtiments touchés au Boël • novembre 2000: surtout sur l’Ille et l’Illet • décembre 1999: surtout sur l’aval de Rennes • janvier 1995: après un automne et un début d’hiver très humides en 1994, une succession de vagues pluvieuses défilent à un rythme quasi quotidien (Ex: 5,62 m de crue à Redon) • février 1977: surtout sur l’amont Vitré • novembre 1974: surtout sur l’amont Rennes • octobre 1966: surtout sur l’amont Rennes • janvier 1936: surtout sur l’aval Redon • décembre 1910 • janvier 1881 : la plus grande inondation du XIXe siècle depuis 1846 (Ex: 5 m de crue enregistrés à Guichen) • 1820, 1846, 1853, 1879 à 1883 au XIXe siècle Châteaubourg le 12 juin 2018 © SDIS (Source: PAPI bassin de la Vilaine) «L’événement de juin 2018 a été très marquant sur l’est du bassin versant. Au total entre le 1er juin et le 13 juin par exemple, un cumul de 181,2 mm a été enre-gistré sur Châteaubriant dont 100 mm sont tombés en 8 h. Il a entraîné des dégâts importants sur les bassins versants (…) de la Vilaine amont.» Arrêtés CATNAT Inondation La carte des arrêtés CATNAT Inondation met en lumière la récurrence des événements im-portants, ayant motivé la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 28 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 Inondation de juin 2018 Vilaine Le Boël écluse - mars 2013 Quai de la Prevalaye, Rennes Route coupée par une inondation en juin 2018 Guichen - mars 2013 Photographies d’Inondation en Ille-et-Vilaine DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 29 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.2.4 Les enjeux exposés L’Établissement public territorial de bassin Vilaine (EPTB Vilaine) a constitué dès 2009 une base de données des enjeux inondables, sur le bassin de la Vilaine, portant sur les bâtiments exposés directement aux inondations. Les zones inondables prises en compte sont les crues centennales des PPRI et les atlas des zones inondables (élargi sur une bande indicative de 100 m, sauf relief marqué). En 2015, la base de données a été complétée avec les enjeux compris entre les crues centennales et millénales (en application de la Directive Inondation) sur un échantillon de 12 communes parmi les 46 communes du Territoire à Risque Important d’inondation (TRI). 180 communes sont aujourd’hui couvertes par la base de données (90 % des enjeux inondables du bassin de la Vilaine ayant été recensés). En 2020, la base de données enjeux contient plus de 18 000 bâtiments dont 84 % portent sur l’habitat et 17 % sur les activités (source: PAPI bassin de la Vilaine 2020-2025). Le TRI Vilaine de Rennes à Redon estime les enjeux à plus de 34 000 habitants et 41 000 emplois exposés sur 46 communes (source: Mag Inondation Bretagne environnement 2016). Inondation de la zone industrielle à Redon en 2014 180 communes couvertes par la base de données des enjeux inon-dables 1.3 La prévention et les mesures prises dans le département 1.3.1 La connaissance des risques La connaissance du risque s’appuie sur: • des études hydrauliques et des analyses hydro-géomorphologiques, • l’identification des enjeux, • le repérage des zones inondables, réalisé dans le cadre des atlas des zones inondables (AZI) et des plans de prévention des risques inondation (PPRI), • les modèles de prévision des crues du service de prévention des crues (SPC). En 2019, une importante étude hydraulique a été lancée dans le cadre de la révision des PPRi, intégrant un diagnostic, une étude hydrologique, une modélisation des crues et une cartographie de l’aléa. Elle est toujours en cours. De même, un modèle «MIKE HYDRO River» a été réalisé pour l’EPTB Vilaine, à partir de multiples modèles existant sur la Vilaine amont et ses affluents, puis calé sur 3 crues historiques récentes (janvier 2001, mars 2001 et janvier 2018). À noter que la connaissance d’un «risque important pour la sécurité publique» permet l’application de l’article R 111-2 du code de l’urbanisme pour toutes les zones identifiées (même non couvertes par un PPRi ou un PAPI) et peut ainsi conduire les autorités compétentes à refuser la délivrance d’un permis de construire. Ces éléments de connaissance doivent faire l’objet d’une communication claire aux collectivités concernées. DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 30 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.3.2 La réglementation La gestion du risque d’inondation s’inscrit dans le cadre de la directive européenne 2007/60/CE, dite « directive inondation », transcrite en droit français par la loi du 12 juillet 2010 et par le décret n°2011-227 du 2 mars 2011, relatif à l’évaluation et à la gestion des risques d’inondation. L’objec-tif de cette directive est de fournir un cadre aux États membres pour réduire les conséquences négatives des inondations sur la santé humaine, l’activité économique, l’environnement et le patri-moine culturel. Sa mise en œuvre s’est traduite parde multiples actions: • Élaboration d’une Stratégie Nationale de Gestion des Risques d’Inondation (SNGRI) destinée à augmenter la sécurité des populations exposées aux risques d’inondation, stabiliser à court terme et réduire à moyen terme le coût des dommages liés aux inondations, et raccourcir le délai de retour à la normale des territoires sinistrés. L’atteinte de ces objectifs relève des principes de solidarité face aux risques, de subsidiarité, de synergie des politiques publiques, de priorisation et d’amélioration continue. • Déclinaison en un Plan de Gestion des Risques Inondation (PGRI) déterminant la politique de gestion des inondations à suivreà l’échelle de chaque district hydrographique (en l’occur-rence le bassin Loire-Bretagne). • Évaluation Préliminaire des Risques d’Inondations (EPRI)qui, menée tous les 6 ans, conduit au recensement d’événements historiques marquants et à la production d’indicateurs caractérisant les enjeux à l’échelle du bassin, notamment sur la population et les emplois exposés. • Identification de Territoires à Risque d’inondation Important (TRI) à partir de l’EPRI, sur la base de critères arrêtés par le ministère. Il en résulte l’élaboration des cartes de surfaces inondables et des cartes des risques d’inondation du TRI pour 3 niveaux d’inondation (événement fréquent, moyen et extrême). Ces cartes précisent le type et l’étendue de l’inondation, les hauteurs d’eau, voire la vitesse du courant ou le débit de crue ainsi que les cartes des risques d’inondation montrant les conséquences négatives potentielles (sur les habitations, les activités économiques, les installations SEVESO, polluantes, les ERP…). La qualification d’un territoire en TRI implique une nécessaire réduction de son exposition au risque d’inondation et engage l’ensemble des pouvoirs publics présents dans la recherche de cet objectif. 46 communes sont couvertes par le TRI Vilaine de Rennes à Redon (arrêté le 26 novembre 2012 par le préfet coordinateur du bassin Loire-Bretagne). • Élaboration d’une Stratégie Locale de Gestion du Risque d’Inondation (SLGRI), mise en œuvre à cette fin de réduction de la vulnérabilité des habitants du territoire. La SLGRI du bassin de la Vilaine a été arrêtée le 12 mai 2017. Cette stratégie a été étendue à la totalité du périmètre du PAPI. Sur ce bassin versant, le SAGE, le PAPI et la SLGRI bénéficiant d’un périmètre commun, il est possible d’assurer une gestion cohérente des inondations sur ce vaste territoire. DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 31 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 L’Ille-et-Vilaine compte 6 plans de préven-tion du risque inondations (PPRI), approuvés entre 2002 et 2008 : bassin de la Vilaine aval en 2002, bassin Moyenne Vilaine en 2005, bassin du Meu, du Garun et de la Vaunoise en 2005, bassin Vilaine amont en 2007, Bassin de la Vi-laine en région rennaise en 2007, bassin de la Seiche et de l’Ise en 2008. Cf. Carte page sui-vante. Depuis leur élaboration, de nouveaux événe-ments importants se sont produits avec notam-ment les crues de 2001 sur le PPRI Vilaine aval, les crues de l’hiver 2013-2014, les crues de 2018. D’autre part, les méthodes et les outils pour déterminer les aléas inondation ont évolué et de nouvelles données topographiques de type Lidar sont désormais disponibles, permettant d’améliorer la connaissance sur l’aléa. Une révision des PPRI est en cours sur la base de nouveaux diagnostics. Elle permettra également de prendre en compte l’évolution des enjeux ainsi que certains facteurs aggravants (artificialisation des sols, impacts du changement climatique…) et d’intégrer le nouveau décret PPR et la révision du PGRI Loire-Bretagne. 6 PPRI approuvés Page dédiée pour suivre l’évolution de la révision Pour consulter les PPRI en vigueur • L’Atlas des zones inondables (AZI) : la consti-tution d’AZI s’inscrit dans le cadre de la loi du 22 juillet 1987 qui précise que les citoyens ont un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis. La connaissance des zones inondables est en effet indispensable pour renforcer la sécurité des biens et des per-sonnes, notamment en éclairant les prises de décision en matière d’aménagement, d’urba-nisme et de gestion du risque. Cet outil permet de contribuer à une bonne prise en compte du risque d’inondations dans l’application du droit des sols (application du R111-2 du code de l’urbanisme) entre autres. Ce constat a amené l’État à programmer la réalisation d’un atlas des zones inondables des principales rivières (circulaire interminis-térielle du 24 janvier 1994, relative à la pré-vention des inondations et à la gestion des zones inondables). 2 campagnes d’envergure ont été réalisées, en 1995 et en 2008. Les cartes de zones inondables, réalisées à l’échelle 1/25000, s’appuient sur : • une analyse générale de la vallée : géologie, occupation des sols, ouvrages hydrauliques ; • une phase d’enquête auprès des organismes et riverains ; • une recherche d’archives sur les crues passées ; • une analyse hydro-géomorphologique de la vallée (analyse stéréoscopique des photogra-phies aériennes, reconnaissance de terrain). 1.3.3 La prise en compte dans l’aménagement Plusieurs outils permettent de prendre en compte le risque inondation dans l’aménage-ment du territoire. • Le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE): ces instruments de planification fixent pour chaque bassin ou unité hydrographique les orientations d’une gestion équilibrée de la ressource en eau dans l’intérêt général et dans le respect des principes de la Directive Cadre sur l’Eau et de la Loi sur l’eau. Le règlement du SAGE s’impose aux porteurs de projets, quels qu’ils soient. • Le Plan de Prévention des Risques Inonda-tions (PPRI) : établi par l’État sur la base de la crue des plus hautes eaux connues (PHEC) ou la crue centennale (si cette dernière est plus importante), il définit des zones réglemen-taires interdisant la construction ou l’autori-sant sous conditions appelées prescriptions. Ces prescriptions ont une valeur réglemen-taire, valent servitude d’utilité publique et sont annexées aux documents d’urbanisme, tel que le Plan Local d’Urbanisme (PLU). DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 32 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 Les PPRI d’Ille-et-Vilaine PPRi du bassin de la Vilaine amont Date d’approbation: 23/07/2007 • 8 communes couvertes • 2 EPCI: CC Pays de Chateaugiron, CA Vitré Communauté • 2 500 personnes exposées • Croissance démographique: +1,4%/an PPRi du bassin de la Vilaine en région rennaise Date d’approbation: 10/12/2007 • 36 communes couvertes • 5 EPCI • 50000 personnes exposées • Croissance démographique: +1,1%/an PPRi du bassin Meu, Garun et Vaunoise • 18 communes couvertes • 3 EPCI • 4300 personnes exposées • Croissance démographique: +1,7%/an PPRi du bassin Seiche et Ise • 21 communes • 2500 personnes exposées • 5 EPCI • Croissance démographique: +1,1 %/an PPRi du bassin Moyenne Vilaine • 8 communes • 3 EPCI • 3500 personnes exposées • Croissance démographique: +1,1 %/an PPRi du bassin de Vilaine aval • 29 communes dont 7 en Ille-et-Vilaine • 3 départements DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 33 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.3.4 Les travaux de réduction des risques Les Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) sont des outils à disposition des collectivités locales, notamment des établis-sements publics de coopération intercommunale (EPCI) en charge de la compétence « gestion des milieux aquatiques et prévention des inonda-tions » (GEMAPI). Élaborés à travers une approche globale du risque sur un bassin versant, autour des acteurs concernés (services de l’État et acteurs locaux), ils intègrent un ensemble d’actions et me-sures complémentaires. Le PAPI bassin de la Vilaine est porté par l’EPTB Vi-laine, sur un périmètre identique à celui de la Straté-gie Locale de Gestion du Risque Inondation du bas-sin. Créé en 2003, le PAPI bassin de la Vilaine compte 3 versions successives, avec le 3ème PAPI couvrant la période 2020-2025. Fixée par l’arrêté interpréfectoral du 3 juillet 1995, la liste des communes concernées regroupe 515 communes, soit la totalité du bas-sin versant de la Vilaine et de ses affluents, dont le grand bassin versant de l’Oust, ainsi que les bassins versants côtiers. Ce périmètre dépasse les limites ad-ministratives : il est à cheval sur 2 régions (Bretagne et Pays de la Loire) et 6 départements dont l’Ille-et-Vilaine qui compte pour 42 % du périmètre du PAPI. Le PAPI bassin de la Vilaine • 7 axes: Amélioration de la connaissance et de la conscience du risque - Prévision des crues -Alerte et gestion de crise - Prise en compte du risque d’inondation dans l’urbanisme - Réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens - Ra-lentissement des écoulements - Gestion des ou-vrages de protection hydraulique • 64 actions • Plus de 8 millions d’investissements Exemple d’action visant à réduire la vulnérabilité des personnes et des biens: requalification de la zone industrielle portuaire de Redon, intégrant notamment le déménagement de certaines entreprises. Exemples d’actions pour ralentir les écoule-ments : aménagement de zones de ralentisse-ment des crues sur le bassin de la Flume, requa-lification des prairies de Saint Martin à Rennes (stockage des eaux). Les PAPI en Ille-et-Vilaine DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 34 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 L’article L 563-3 du code de l’environne-ment stipule : « dans les zones exposées au risque d’inondation, le maire, avec l’assistan-ce des services de l’État compétents, procède à l’inventaire des repères de crues existant sur le territoire communal et établit les repères cor-respondant aux crues historiques, aux nouvelles crues exceptionnelles ou aux submersions ma-rines. La commune ou le groupement de col-lectivités territoriales compétent matérialisent, entretiennent et protègent ces repères ». En Ille-et-Vilaine, l’EPTB assure la mise en place des repères de crues sur les principales zones à enjeux. L’EPTB bassin de la Vilaine fait état de 308 repères de crue en janvier 2021. Base de données nationale des repères de crues (BDRC) Les repères de crues: garder la mémoire du risque Ces marques matérialisent les crues historiques d’un cours d’eau en étant réparties sur l’ensemble du territoire des communes exposées aux crues, de façon visible depuis la voie publique. Indiquant le niveau atteint par les plus hautes eaux connues, ils permettent de faire vivre la mémoire des inondations que le temps ou les traumatismes peuvent parfois occulter. Ces repères contribuent donc à l’information préventive de la population et au développement d’une culture du risque inondation, en fournissant une information fiable et facile à comprendre par tous. Repères de crues entre 1995 et 2001 sur La Vilaine Repères de crues datant de 1891 sur La Vilaine DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 35 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 Il existe différentes mesures appliquées dans le département, visant à réduire le risque d’inon-dation ou leurs conséquences : Les mesures collectives • L’absence de constructions en zone inon-dable (Cf. carte des zones inondables). • La préservation et l’optimisation des zones humides. • La création de bassins de rétention, l’amélioration de la collecte des eaux pluviales, la préservation d’espaces perméables ou d’expansion des crues. • Les travaux pour réduire le transport solide en provenance du lit de la rivière et du bassin versant. Les mesures individuelles • L’entretien des cours d’eau pour empêcher la création d’obstacles qui perturbent l’écou-lement normal des eaux (curage, entretien des rives, etc.): chaque propriétaire riverain a l’obligation d’entretenir son cours d’eau (sauf pour les cours d’eau domaniaux pour lesquels c’est l’État). • La prévision de dispositifs temporaires pour occulter les bouches d’aération, portes, ba-tardeaux… • Le choix d’équipements et techniques de construction adaptés au risque d’inondation (matériaux imputrescibles). • La mise en sécurité des équipements: amarrage des cuves, mise hors d’eau du tableau électrique, création de niveau refuge, etc. Si l’ensemble de ces mesures ne réduisent pas le risque d’inondation, elles en réduisent l’impact et, par conséquent, le coût et la durée du retour à la normale. Carte des repères de crue DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 36 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 1.3.5 La surveillance et la prévision des phénomènes La vigilance météorologique La carte de « vigilance météorologique » est élaborée 2 fois par jour à 10h00 et 16h00 (site vigilance.meteofrance.fr). Elle attire l’attention sur la possibilité d’occurrence d’un phénomène météorologique dangereux dans les 24 h qui suivent son émission. Elle s’est concrétisée de manière opérationnelle par la mise en œuvre depuis 2006 de la vigilance «crues». Cette procédure qualifie le risque hydrologique dans les 24 heures à venir. En fonction des niveaux prévus sur chaque tron-çon, la vigilance s’échelonne de vert à rouge sui-vant l’importance des conséquences redoutées sur le territoire : Niveau vert : situation normale, pas de vigi-lance particulière requise ; Niveau jaune : risque de crue ou de montée rapide des eaux n’entraînant pas de dommages significatifs mais nécessitant une vigilance parti-culière dans le cas d’activités saisonnières et/ou exposées ; Niveau orange : risque de crue génératrice de débordements importants susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et sur la sécurité des biens et des personnes ; Niveau rouge : risque de crue majeure; me-nace directe et généralisée de la sécurité des personnes et des biens. La prévision des crues La prévision permet de mieux réagir aux phé-nomènes de crue et d’inondation. La loi du 30 juillet 2003 relative à la prévention des risques technologiques et naturels et à la réparation des dommages a confié à l’État l’organisation de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues. Cette réforme s’est traduite par : • la réorganisation territoriale du dispositif d’annonce des crues de l’État pour passer de l’annonce à la prévision des crues, grâce à la mise en place de services de prévision des crues (SPC), aux compétences renforcées ; • la création d’un Service central d’hydro-météorologie et d’appui à la prévision des inondations (Schapi), qui assure la coordina-tion de la prévision des crues au niveau natio-nal et fournit un appui technique aux services de prévision des crues. Carte de « vigilance météorologique » 2 fois par jour, actualisation des cartes Bulletin de vigilance national vigilance DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 37 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 Pour l’Ille-et-Vilaine, le déploiement de la vigilance « crues » est organisé par : • un Schéma Directeur de Prévision des Crues (SDPC) à l’échelle du bassin Loire-Bretagne (arrêté par le Préfet coordonnateur de bassin le 21 décembre 2012) ; • un Règlement de surveillance, de prévision et de transmission de l’Information sur les Crues (RIC) à l’échelle du SPC « Vilaine et Côtiers bre-tons », en date de novembre 2019. Le contenu de ces documents est défini par le décret n°2005-28 du 12 janvier 2005 relatif à l’organisation de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues, pris en application des articles L.564-1, L.564-2, L.564-3 du code de l’environnement et par l’arrêté du 15 février 2005 La procédure de vigilance précise les niveaux de vigilance retenus pour chaque cours d’eau d’Ille-et-Vilaine faisant l’objet d’une surveillance. Ceux-ci permettent de connaître le contexte météorologique, la situation et son évolution prévue à partir des données observées et prévues des côtes et débits des cours d’eau aux différentes stations d’observation ainsi que les conséquences possibles avec des conseils de comportement en fonction du niveau de vigilance. Ces informations sont transmises aux maires des communes concernées afin qu’ils préviennent les populations exposées et qu’ils prennent les mesures qui s’imposent. SPC Vilaine Côtiers bretons 1.3.6 L’alerte et l’organisation des secours Les dispositions spécifiques au risque inondation du plan ORSEC « Inondation » peuvent être mises en œuvre si plusieurs communes sont impactées. Au niveau communal, le maire peut déclencher le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) si ce-lui-ci est élaboré dans la commune. Pour plus de précisions, voir « La protection civile et l’organisation des secours » au chapitre Généralités. Intervention lors des inondations de février 2014 : centre commercial Saint-Nicolas-de-Redon © SDIS relatif aux SDPC, aux RIC, et à la transmission de l’information correspondante. DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 38 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 AVANT PENDANT APRÈS S’organiser et anticiper : • S’informer des risques, des modes d’alerte et des consignes en mairie • S’organiser et élaborer les dispositions nécessaires à la mise en sûreté • Mettre hors d’eau les meubles et objets précieux, les matières et les produits dangereux ou polluants • Arrimer les cuves • Identifier le disjoncteur électrique et le robinet d’ar-rêt du gaz, conduite d’eau usée • Colmater les entrées possibles d’eau : portes, soupiraux, évents • Garer les véhicules hors zone inondable • Prévoir les équipements indispensables : radio à piles, réserve d’eau potable et de produits alimentaires, médicaments urgents, vête-ments de rechange, couver-tures... • Mettre en sécurité les pa-piers personnels importants Mettre en place les mesures conservatoires : • S’informer de la montée des eaux par radio (France Bleu Armorique FM 103.1) ou auprès de la mairie, pour suivre les consignes à suivre • Se réfugier en un point haut préalablement identifié • Ne pas tenter de re-joindre ses proches ou d’al-ler chercher ses enfants à l’école • Couper le courant élec-trique (ne le rétablir que si l’installation est sèche) • N’entreprendre une éva-cuation que si vous en re-cevez l’ordre des autorités ou si vous y êtes forcé par la crue • Ne pas s’engager sur une route inondée (à pied ou en voiture) • Ne pas téléphoner, sauf en cas de danger vital Revenir à la normale • Respecter les consignes • Informer les autorités de tout danger • Apporter une première aide aux voisins (penser aux personnes âgées et handica-pées) • Aérer • Désinfecter à l’eau de javel • Chauffer dès que possible • Faire sa déclaration de sinistre auprès de son assu-reur et informer également le maire de la commune qui pourra demander la recon-naissance CATNAT auprès de l’État • Ne rien jeter avant le pas-sage de l’expert CONSIGNES INDIVIDUELLES EN CAS D’INONDATION Se mettre à l’abri Écouter la radio Respecter les consignes DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS 39 Préfecture d’Ille-et-Vilaine - édition 2021 2. LES RISQUES LITTORAUX 2.1 Généralités 2.1.1 Que sont les risques littoraux ? Les risques littoraux concernent principalement deux types d’aléas : La submersion marine est une inondation tem-poraire de la zone côtière par la mer dans des conditions météorologiques et/ou marégra-phiques défavorables (forte dépression, vent de mer, tempêtes d’équinoxe, coefficient de marée élevé) provoquant des ondes de tempête. Les submersions marines peuvent aussi se produire lors de rupture d’ouvrages ou en cas de séisme provoquant un tsunami. Le recul du trait de côte par érosion correspond au déplacement vers l’intérieur des terres de la limite entre le domaine marin et le domaine continental. Il concerne une grande partie des côtes basses meubles et certaines côtes à fa-laises. L’érosion du littoral relève de plusieurs facteurs : • Les facteurs naturels : vents et tempêtes, courants littoraux, variations du niveau de la mer, énergie des vagues, mouvements de ter-rain, pluie. • Les facteurs liés à l’action de l’homme, en particulier sur les côtes sableuses : travaux d’irrigation, assèchement de bassins côtiers, défrichement de terrains côtiers, arasement des dunes bordières, piétinement, surfré-quentation, aménagements de front de mer, extractions de matériaux par dragages. Submersion marine Érosion côtière Submersion marine, Saint-Malo DOSSIER DÉPARTEMENTAL SUR LES RISQUES MAJEURS - LES RISQUES NATURELS
L'inondation est un phénomène complexe influencé par divers facteurs tels que l'intensité des précipitations, la topographie du bassin versant, et l'imperméabilisation des sols urbains. Les crues peuvent être classées selon leur probabilité d'occurrence, avec des impacts significatifs sur les personnes et les biens, notamment en cas de délais d'alerte insuffisants. Les dommages peuvent être directs, comme la destruction de biens, ou indirects, affectant l'économie locale et l'agriculture.
Types d'inondation
Il existe plusieurs types d'inondations, notamment les inondations de plaine, les remontées de nappe, les crues torrentielles, et les crues rapides dues à l'imperméabilisation des sols. Le département d'Ille-et-Vilaine, traversé par un réseau de cours d'eau, est particulièrement vulnérable aux inondations en raison de son climat océanique et de ses conditions hydrologiques. Les hivers y sont humides, tandis que les étés peuvent connaître des épisodes orageux extrêmes.
Le document traite des inondations en Ille-et-Vilaine, mettant en évidence les disparités pluviométriques entre l'ouest et le bassin rennais, avec des précipitations annuelles variant de 1000 mm à 700 mm. Les crues, souvent lentes et survenant en hiver lorsque les sols sont saturés, sont exacerbées par l'artificialisation des sols et le sous-dimensionnement des réseaux de collecte des eaux pluviales. La corrélation entre la pluviométrie et le débit des rivières est forte, et les événements pluvieux durables favorisent les inondations.
Historique des inondations
Le document énumère plusieurs crues marquantes sur le bassin de la Vilaine, notamment celles de décembre 2019, juin 2018, et février 2014, qui ont causé des dégâts significatifs. L'événement de juin 2018, avec un cumul de 181,2 mm de pluie en 13 jours, a particulièrement impacté l'est du bassin versant. L'Établissement public territorial de bassin Vilaine a mis en place une base de données sur les enjeux inondables, soulignant l'importance de la gestion des risques liés aux inondations.
Le document présente une analyse des risques d'inondation dans le bassin de la Vilaine, en mettant en avant la base de données qui recense 180 communes et plus de 18 000 bâtiments exposés, dont 84 % sont des habitations. En 2020, le Territoire à Risque Important d’inondation (TRI) de Rennes à Redon a estimé que plus de 34 000 habitants et 41 000 emplois étaient concernés. La connaissance des risques repose sur des études hydrauliques, des analyses hydro-géomorphologiques et des modèles de prévision des crues, avec une étude hydraulique en cours pour réviser les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI).
Réglementation
La gestion des risques d'inondation est encadrée par la directive européenne 2007/60/CE, transcrite en droit français par la loi de 2010. Cette directive vise à réduire les impacts des inondations sur la santé, l'économie et l'environnement. Les actions mises en place incluent l'élaboration d'une Stratégie Nationale de Gestion des Risques d’Inondation (SNGRI) et un Plan de Gestion des Risques Inondation (PGRI) pour chaque district hydrographique. Des évaluations préliminaires des risques sont réalisées tous les six ans pour recenser les événements marquants et les enjeux liés à la population et à l'emploi.
Le document traite de la gestion des risques d'inondation dans le bassin de la Vilaine, en Ille-et-Vilaine, à travers l'élaboration de cartes de surfaces inondables et de risques d'inondation, ainsi que la mise en place d'une Stratégie Locale de Gestion du Risque d'Inondation (SLGRI). Cette stratégie, adoptée en mai 2017, vise à réduire la vulnérabilité des habitants face aux inondations, en impliquant les pouvoirs publics dans la gestion des 46 communes concernées. Des plans de prévention du risque inondation (PPRI) ont également été approuvés entre 2002 et 2008, mais nécessitent une révision en raison de nouveaux événements et de l'évolution des méthodes d'analyse.
Outils et Aménagement
Le document souligne l'importance de l'Atlas des zones inondables (AZI) pour informer les citoyens sur les risques d'inondation, facilitant ainsi la prise de décisions en matière d'aménagement et de gestion du risque. Des campagnes d'analyse ont été menées pour établir des cartes de zones inondables, basées sur des études géologiques et des enquêtes. De plus, des outils comme le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) et le Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) sont mentionnés pour assurer une gestion équilibrée des ressources en eau.
Le règlement du SAGE impose des obligations aux porteurs de projets, notamment à travers le Plan de Prévention des Risques Inondations (PPRI), qui définit des zones réglementaires interdisant ou conditionnant la construction en fonction des risques d'inondation. En Ille-et-Vilaine, plusieurs PPRI couvrent différents bassins, exposant des milliers de personnes à des risques, avec des croissances démographiques variées. Ces PPRI sont annexés aux documents d'urbanisme comme le Plan Local d'Urbanisme (PLU).
Les travaux de réduction des risques
Les Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI) sont des outils pour les collectivités locales, intégrant des actions pour gérer le risque d'inondation sur un bassin versant. Le PAPI du bassin de la Vilaine, en vigueur depuis 2003, couvre 515 communes et inclut des axes tels que l'amélioration de la connaissance du risque et la réduction de la vulnérabilité. Des investissements significatifs sont prévus pour des actions concrètes, comme la requalification de zones industrielles et l'aménagement de zones de ralentissement des crues.
Le document présente les mesures prises par la préfecture d'Ille-et-Vilaine pour gérer le risque d'inondation, conformément à l'article L 563-3 du code de l'environnement. Il souligne l'importance des repères de crues, qui matérialisent les niveaux atteints par les eaux lors des inondations historiques, et qui sont essentiels pour sensibiliser la population au risque d'inondation. En janvier 2021, 308 repères de crue étaient recensés dans le département, gérés par l'EPTB bassin de la Vilaine.
Des mesures collectives et individuelles sont mises en œuvre pour réduire les risques d'inondation, telles que l'absence de constructions en zones inondables, la préservation des zones humides, et l'entretien des cours d'eau par les propriétaires riverains. Le document aborde également la vigilance météorologique, qui informe sur les risques d'inondation à travers un système de niveaux de vigilance, allant de vert à rouge, afin de préparer la population et les autorités à réagir efficacement face aux crues.
Le document traite de la réforme de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues en Ille-et-Vilaine. Cette réforme inclut la réorganisation du dispositif d’annonce des crues, avec la création de services de prévision des crues (SPC) et d’un Service central d’hydro-météorologie et d’appui à la prévision des inondations (Schapi). Un Schéma Directeur de Prévision des Crues (SDPC) et un Règlement de surveillance, de prévision et de transmission de l’information sur les crues (RIC) ont été établis pour structurer la vigilance « crues » à l’échelle du bassin Loire-Bretagne.
Le document souligne également l’importance de l’alerte et de l’organisation des secours en cas d’inondation, avec des mesures spécifiques pouvant être mises en œuvre au niveau communal. Les maires sont responsables de la transmission des informations aux populations exposées et de la mise en place de Plans Communaux de Sauvegarde (PCS). Des conseils pratiques sont fournis pour anticiper et réagir face aux inondations, tels que la sécurisation des biens et la préparation d'équipements indispensables.
CONSIGNES INDIVIDUELLES EN CAS D’INONDATION
En cas d'inondation, il est crucial de suivre des consignes spécifiques pour assurer sa sécurité. Il est recommandé de se réfugier dans un point haut identifié, de ne pas tenter de rejoindre ses proches ou d'aller chercher des enfants à l'école, et de couper le courant électrique. L'évacuation ne doit être entreprise que sur ordre des autorités ou si la crue l'exige. Il est également conseillé de ne pas s'engager sur des routes inondées et de limiter les appels téléphoniques, sauf en cas de danger vital.
LES RISQUES LITTORAUX
Les risques littoraux incluent principalement la submersion marine et le recul du trait de côte par érosion. La submersion marine est une inondation temporaire de la zone côtière causée par des conditions météorologiques défavorables, tandis que l'érosion côtière est le déplacement de la limite entre le domaine marin et continental, influencée par des facteurs naturels et humains. Les actions humaines, telles que les aménagements côtiers et l'extraction de matériaux, exacerbent ces risques.
Risque : Inondation
Consignes de sécurité :
- Organiser la mise en sûreté et protéger les biens (meubles, objets précieux, produits dangereux).
- Arrimer les cuves et identifier les disjoncteurs et robinets d'arrêt.
- Colmater les entrées d'eau et garer les véhicules hors zone inondable.
- Prévoir des équipements essentiels (radio, eau potable, nourriture, médicaments, vêtements, couvertures).
- Mettre en sécurité les documents importants.
Mesures conservatoires :
- Suivre l'information sur la montée des eaux par radio ou mairie.
- Se réfugier en hauteur, ne pas chercher à rejoindre ses proches.
- Couper le courant électrique et évacuer uniquement sur ordre des autorités.
- Éviter les routes inondées et limiter les appels téléphoniques.
Retour à la normale :
- Respecter les consignes, informer les autorités des dangers, aider les voisins.
- Aérer, désinfecter, chauffer, déclarer les sinistres à l'assureur et au maire.
- Ne rien jeter avant l'expertise.
Médias 25
Génération IA
Génère une description du risque à partir des données ingérées via l'IA.
Génère les gestes de prévention adaptés au risque via l'IA.